Élections en Israël : les résultats certifiés, Netanyahou et Eisenkot à égalité de blocages

La Commission électorale centrale a certifié mercredi les résultats du scrutin du 27 octobre, confirmant le Likoud de Benjamin Netanyahou en tête avec 27 sièges, devant Yashar, le nouveau parti de Gadi Eisenkot, qui en obtient 21. Aucun des deux camps ne dispose d'une majorité de 61 députés, tandis que des accusations de fraude dans le secteur arabe continuent d'opposer le pouvoir sortant à l'opposition.

3 min de lecture7 vuesPar la rédaction
Élections en Israël : les résultats certifiés, Netanyahou et Eisenkot à égalité de blocages
Photo : Illustration générée par IA

Avec une participation de 77,9 %, la plus forte depuis 1999, les Israéliens se sont rendus aux urnes en nombre inédit depuis une génération. Le président Isaac Herzog a salué ce taux comme « un motif de fierté pour la société israélienne ». Les résultats, présentés mercredi à midi à la présidence, ouvrent désormais la phase des consultations pour désigner qui tentera de former le prochain gouvernement.

Un Likoud en tête, un pays coupé en deux blocs

Le Likoud reste le premier parti du pays avec 27 sièges et 1 167 458 voix, soit 20,4 % des suffrages. Associé à ses partenaires traditionnels, Otzma Yehudit (7 sièges), le Judaïsme unifié de la Torah (7), Shas (6) et le Sionisme religieux (6), le bloc Netanyahou totalise 53 sièges, huit de moins que la majorité requise.

Face à lui, Yashar, le parti fondé par l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, a créé la surprise avec 21 sièges et 913 502 voix (16 %), pour sa première participation à une élection nationale. Ses alliés naturels, B'Yachad de Naftali Bennett et Yaïr Lapid (12 sièges), Les Démocrates de Yair Golan (8) et Israël Beiteinou d'Avigdor Liberman (7), portent l'opposition sioniste à 48 sièges, insuffisant pour gouverner seul. Les partis arabes, Liste unie (11 sièges) et Raam (8), ont obtenu un score record de 19 sièges, soit près de 840 000 voix, en hausse d'environ 64 % par rapport à 2022. Netanyahou a proposé lundi un gouvernement d'union sous sa direction, tout en excluant Raam et la Liste unie, qu'il accuse de « soutenir le terrorisme ». Eisenkot a répété qu'il refuserait de siéger sous Netanyahou, y compris dans un système de rotation.

Fraude électorale : accusations tenaces dans le secteur arabe

Le Likoud affirme avoir transmis à la police, au Shin Bet et à la Commission électorale centrale plus de 1 200 témoignages évoquant achats de voix, intimidations, doubles votes et usage de logiciels illégaux de mobilisation, notamment à Rahat et Majd al-Krum. Des coupures de courant et des scènes de tension ont été rapportées par des superviseurs de bureaux de vote. Raam dément toute irrégularité et accuse Netanyahou et le ministre Itamar Ben Gvir de chercher à décourager la participation arabe.

Parallèlement, le Shin Bet enquête, à la demande du président de la commission électorale, le juge Noam Sohlberg, sur des soupçons de financement étranger, évoquant le Qatar et la Turquie selon certains médias hébraïques. Le directeur du Shin Bet, David Zini, a accusé la procureure générale Gali Baharav-Miara de bloquer l'examen du rôle de responsables arabes comme Ahmad Tibi, Mansour Abbas et Sami Abou Shehadeh, ce qu'elle dément, invoquant l'absence de preuves suffisantes. Malgré ces soupçons, la commission électorale a certifié mercredi les résultats, estimant qu'aucune irrégularité n'avait compromis l'intégrité du scrutin après examen des protocoles de 9 069 bureaux de vote. Le député du Likoud Amit Halevy a démissionné de la commission en signe de protestation.

La course aux 61 sièges commence

Le président Herzog entame désormais ses consultations avec les partis avant de désigner, dans un délai de sept jours, le député chargé de former le gouvernement, qui disposera ensuite de 28 jours, prolongeables de deux semaines. Eisenkot pourrait réunir jusqu'à 60 recommandations sans Israël Beiteinou, mais devrait composer avec des partenaires aux lignes rouges incompatibles, notamment sur la conscription des ultra-orthodoxes et la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste. Liberman exclut tout gouvernement minoritaire appuyé par les partis arabes. Si aucune coalition n'aboutit dans les délais légaux, de nouvelles élections deviendraient inévitables, un scénario que Herzog appelle les dirigeants à éviter après cinq scrutins en moins de quatre ans.

Questions fréquentes

Combien de sièges le Likoud et Yashar ont-ils obtenus ?
Le Likoud de Benjamin Netanyahou a remporté 27 sièges avec 20,4 % des voix, tandis que Yashar, le parti de Gadi Eisenkot, en a obtenu 21 avec 16 % des suffrages.
Pourquoi les accusations de fraude électorale visent-elles le secteur arabe ?
Le Likoud affirme avoir recensé plus de 1 200 cas d'irrégularités, achats de voix, intimidations et doubles votes dans des bureaux situés en zones arabes, tandis que le Shin Bet enquête sur d'éventuels financements étrangers.
Quelle est la prochaine étape du processus politique ?
Le président Isaac Herzog consulte les partis avant de désigner, sous sept jours, le député chargé de former le gouvernement, qui disposera ensuite de 28 jours pour réunir une majorité de 61 sièges.

Dossier Élections israéliennes 2026

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