Élections en Israël : Netanyahou en tête, la course à la coalition s'engage
Au lendemain du scrutin, le Likoud arrive en tête avec 27 sièges, mais aucun bloc ne dispose d'une majorité claire à la Knesset. Pendant que le dépouillement des doubles enveloppes se poursuit, plusieurs dirigeants étrangers ont déjà félicité Netanyahou, tandis que l'Union européenne salue avec prudence une participation record.

Le lendemain des élections à la Knesset, le paysage politique israélien reste suspendu au décompte final. Selon les chiffres communiqués mercredi matin, avec 48 % des voix comptées, le Likoud arrivait en tête avec 27 sièges, devant Yashar! (22), Ensemble (11) et Hadash-Taal (11). Le bloc de Netanyahou totalisait alors 55 sièges, contre 50 pour le bloc du changement et 15 pour les partis arabes, loin des 61 sièges nécessaires pour gouverner.
La commission centrale des élections table sur une image quasi définitive jeudi en fin de matinée, une fois intégrées les doubles enveloppes utilisées notamment par les soldats, les réservistes, les évacués et les personnes hospitalisées. Leur nombre est exceptionnel cette année : environ 650 000 bulletins de ce type, contre 450 000 lors du scrutin précédent, soit l'équivalent d'une quinzaine de sièges. Ces voix, soumises à un seuil d'éligibilité de 3,25 %, peuvent encore faire basculer le sort des listes proches de la barre fatidique.
Le calendrier vers un nouveau gouvernement
Les résultats ne deviendront officiels qu'une fois publiés au Journal officiel, au plus tard le 4 novembre, lorsque le président de la commission électorale les remettra au président Isaac Herzog. Celui-ci disposera alors de sept jours pour confier à un député le mandat de former le gouvernement, soit au plus tard le 11 novembre. La loi ne l'oblige pas à désigner le chef du parti arrivé en tête : seule compte la capacité à réunir une majorité de confiance à la Knesset, qui doit se réunir pour la première fois le 10 novembre.
Le candidat choisi disposera ensuite de 28 jours pour négocier une coalition, avec une prolongation possible de 14 jours supplémentaires accordée par le président. En cas d'échec, un deuxième candidat disposerait de 28 jours sans prolongation, puis la Knesset elle-même pourrait, sur demande écrite d'au moins 61 députés, désigner un député pour une ultime tentative de 14 jours. À défaut, de nouvelles élections seraient convoquées, un scénario qui pourrait se prolonger jusqu'en 2027.
Des félicitations venues de la droite européenne
Alors que le résultat n'est pas encore scellé, plusieurs dirigeants ont néanmoins salué la « victoire » de Netanyahou. Le Premier ministre slovène Janez Janša a été le premier à le faire, saluant « l'État d'Israël, seul pays démocratique de la région », pour un scrutin marqué par une forte participation. Son gouvernement, arrivé au pouvoir en juin 2026, avait déjà opposé son veto à une déclaration commune des Vingt-Sept critiquant le plan de construction israélien dans la zone E1, un geste que la République tchèque avait également refusé de soutenir.
L'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán a lui aussi adressé ses félicitations à Netanyahou, qu'il a qualifié d'« ami », estimant qu'il avait « de nouveau déjoué tous les pronostics ». Son nom circule par ailleurs pour la succession d'António Guterres à la tête de l'ONU, selon le Wall Street Journal, avec un éventuel soutien de l'administration Trump.
Du côté de Washington, aucun contact direct n'a encore eu lieu entre Donald Trump et Netanyahou, malgré le soutien public affiché par le président américain avant le scrutin. L'Union européenne, pour sa part, a adopté un ton plus mesuré : son porte-parole pour les Affaires étrangères, Anouar El Anouni, a salué une « démocratie vibrante » et la forte participation, tout en évoquant une « période de négociations politiques » à venir et un dialogue « franc et ouvert » avec le futur gouvernement.
Le ministère des Affaires étrangères répond à la critique internationale
Dans ce climat de scrutin sous surveillance internationale, le ministère israélien des Affaires étrangères a rappelé que les citoyens arabes d'Israël ont voté à dix reprises lors d'élections législatives depuis 2006, alors que l'Autorité palestinienne n'a organisé aucune élection nationale depuis deux décennies, la dernière présidentielle remontant à 2005. Le ministère a dénoncé l'absence de réaction internationale sur ce point, évoquant « aucun scandale, aucun gros titre, seulement le silence ».
La suite dépendra désormais du décompte des doubles enveloppes, attendu jeudi, puis de la publication des résultats officiels le 4 novembre au plus tard, qui ouvrira la phase des consultations à la résidence présidentielle de Jérusalem.
Questions fréquentes
- Quand les résultats officiels de l'élection seront-ils publiés ?
- La commission électorale dispose de huit jours après le vote pour les publier au Journal officiel, soit au plus tard le 4 novembre 2026.
- Combien de temps le futur candidat a-t-il pour former un gouvernement ?
- Le président Isaac Herzog doit confier le mandat avant le 11 novembre. Le candidat choisi dispose alors de 28 jours, prolongeables de 14 jours supplémentaires.
- Qui a félicité Netanyahou avant les résultats définitifs ?
- Le Premier ministre slovène Janez Janša et l'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán ont été les premiers à le faire, tandis que l'Union européenne et Washington sont restés plus prudents.
Dossier Élections israéliennes 2026



