Netanyahou à l'ONU : le Premier ministre accuse le maire de New York Mamdani de proximité avec le Hamas
Devant l'Assemblée générale des Nations unies, jeudi, Benyamin Netanyahou a défendu le bilan militaire d'Israël sur trois ans de guerre et qualifié le maire de New York Zohran Mamdani d'antisémite proche du Hamas. L'édile new-yorkais a dénoncé des « mensonges sans fondement », tandis que plusieurs élus démocrates juifs de la ville ont pris sa défense.

Le discours de Netanyahou à l'ONU
Devant l'Assemblée générale, Benyamin Netanyahou a dressé le bilan de trois années de guerre menée, selon lui, sur sept fronts : le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, l'Iran, des milices en Irak et en Syrie, et des terroristes palestiniens en Judée et Samarie. Il a rappelé le massacre du 7 octobre 2023, qu'il a qualifié de pire tuerie de Juifs depuis la Shoah, avec 1 200 Israéliens tués selon ses chiffres. Le Premier ministre a également revendiqué la destruction des installations nucléaires iraniennes et l'affaiblissement du Hezbollah et du Hamas, tout en rejetant les accusations de génocide portées contre Israël à Gaza, citant le colonel John Spencer, spécialiste de la guerre urbaine à l'académie militaire de West Point.
C'est dans cette partie de son intervention que Netanyahou a visé Zohran Mamdani. Il a affirmé que les Juifs de New York ne se sentaient plus en sécurité depuis son élection, le qualifiant d'antisémite proche du Hamas, selon les propos rapportés par la JTA.
Mamdani et ses soutiens répondent
Zohran Mamdani, opposant déclaré au sionisme qui avait promis pendant sa campagne de faire arrêter Netanyahou en cas de visite à New York, a répliqué dans un communiqué cité par la JTA et le Forward. Il a accusé le Premier ministre d'avoir utilisé son discours pour « des mensonges sans fondement destinés à blanchir son génocide des Palestiniens », rappelant qu'il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, mandat que les États-Unis, non partie au traité de Rome, ne sont pas tenus d'exécuter.
Plusieurs élus démocrates juifs de New York ont pris la défense du maire. Le président de l'arrondissement de Manhattan, Brad Hoylman-Sigal, a jugé « scandaleux » de suggérer que Mamdani soutient le Hamas et a qualifié le discours de Netanyahou de « manœuvre politique » liée à ses difficultés internes. La présidente du Conseil municipal, Julie Menin, a estimé que ces propos n'aidaient en rien à « faire baisser la température ». À l'inverse, Morton Klein, président de la Zionist Organization of America, a salué un discours « churchillien » et approuvé la mise en cause de Mamdani.
Selon le Forward, l'insistance de Mamdani à cibler Israël s'expliquerait aussi par des calculs de politique intérieure : sa coalition électorale, marquée par une forte mobilisation des électeurs musulmans et sud-asiatiques, trouverait dans la question israélienne l'un des rares sujets fédérateurs capables de la maintenir unie.
Le contexte électoral en Israël
Le discours de Netanyahou intervient alors que son parti, le Likoud, a fait de Mamdani une cible de sa campagne en vue des élections législatives israéliennes du 27 octobre. Plusieurs manifestations, organisées notamment par des groupes israéliens expatriés, ont eu lieu à Manhattan pendant sa visite, réclamant son départ du pouvoir. La gouverneure de l'État de New York, Kathy Hochul, avait pour sa part jugé, avant même le discours, que qualifier Mamdani de « soutien des monstres du Hamas » nuisait à la crédibilité du Premier ministre. Aucune rencontre entre les deux hommes n'est prévue à ce stade.
Questions fréquentes
- Que reproche Netanyahou à Zohran Mamdani ?
- Il l'accuse d'être antisémite et proche du Hamas, estimant que son élection a fait craindre pour la sécurité des Juifs new-yorkais.
- Comment Mamdani a-t-il répondu à Netanyahou ?
- Il a dénoncé des « mensonges sans fondement » et rappelé que Netanyahou est visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale.
- Quand se tiennent les prochaines élections en Israël ?
- Le 27 octobre, un scrutin dans lequel le Likoud a fait de Zohran Mamdani une cible de campagne.
Sources : Tribune Juive, JTA, The Forward, JTA



