Netanyahou à l'ONU : incident sécuritaire, campagne d'affichage anti-Iran et clash avec Erdogan à New York
Benjamin Netanyahou séjourne à New York pour la 81ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies. Sa visite a été marquée par un incident de sécurité près de son hôtel, une vaste campagne d'affichage israélienne dénonçant la menace iranienne, et un vif échange entre Jérusalem et Ankara après le discours du président turc.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou est arrivé à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies, dans un contexte de tensions accrues autour de la légitimité d'Israël au sein de l'institution. Sa présence a coïncidé avec un incident de sécurité mineur près de son hôtel, une campagne massive de communication publique israélienne contre l'Iran, et une controverse diplomatique avec la Turquie.
Un incident sans gravité près de l'hôtel de Netanyahou
La police de New York enquête sur un événement survenu mercredi vers 4h35 du matin, lorsque trois individus ont été aperçus sortant d'une bouche d'égout à l'angle de Park Avenue et de la 61ᵉ rue Est, à proximité immédiate du Loews Regency, l'hôtel où réside Netanyahou durant la session onusienne. Les trois personnes ont pris la fuite à bord de deux véhicules en direction du nord de Park Avenue, sans qu'aucune arrestation n'ait été signalée. Selon les enquêteurs, le groupe serait entré dans le réseau souterrain plus tôt via un point d'accès du métro situé près de la 63ᵉ rue Est et de la 5ᵉ Avenue. La police new-yorkaise a précisé qu'aucun élément ne relie cet incident à Netanyahou ni ne constitue une menace pour sa sécurité. Le département municipal de la protection de l'environnement, chargé d'inspecter les infrastructures d'assainissement, a conclu qu'elles étaient sûres et en bon état.
Une offensive d'affichage contre l'Iran en plein Manhattan
Parallèlement, une agence gouvernementale israélienne a déployé cette semaine une campagne de diplomatie publique comptant 500 panneaux d'affichage à Manhattan, coïncidant avec la session de l'Assemblée générale. Selon la Direction nationale de la diplomatie publique du bureau du Premier ministre, des dizaines de camions équipés de panneaux mobiles sillonnent la ville, avec une signalétique massive jusqu'à Times Square. L'opération, prévue sur trois jours et pilotée par l'Agence gouvernementale de publicité, met en avant « la menace posée par le régime terroriste iranien » et le partenariat entre Israël et les Etats-Unis, en référence à l'opération conjointe lancée le 28 février contre les capacités iraniennes. La responsable de la Direction, Tsipi Hotovely, a affirmé que « des millions de personnes » seraient exposées à ces messages, destinés selon elle à dénoncer « l'hypocrisie et le cynisme » régnant dans les couloirs de l'ONU. Certains visuels, intitulés « UNsafe » et « UNacceptable », ciblent directement la délégation iranienne, accusée de violations des droits humains envers ses propres citoyens, tandis qu'un slogan appelle le public à « choisir un camp ».
Israël Katz fustige le discours d'Erdogan à l'ONU
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a accusé jeudi le président turc Recep Tayyip Erdoğan d'avoir tenu un discours « antisémite et incendiaire » devant l'Assemblée générale, l'avertissant de ne pas « s'ingérer » dans les affaires de Jérusalem. La délégation israélienne avait quitté la salle mardi lorsqu'Erdoğan avait qualifié Gaza de « camp de concentration le plus inhumain et le plus honteux de notre époque ». Sur X, Katz a reproché au dirigeant turc de soutenir le Hamas tout en restant silencieux face aux missiles iraniens visant le territoire turc et en n'aidant pas l'Arabie saoudite contre les attaques houthies malgré un pacte de défense mutuelle, le qualifiant de « sultan de papier ». Il l'a également accusé de maltraiter les Kurdes en Turquie. De son côté, l'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, a relevé les propos du président chypriote Nikos Christodoulides, qui aurait selon lui mis en évidence « l'hypocrisie » d'Erdoğan sur le respect de l'intégrité territoriale, alors que des forces turques restent stationnées dans le nord de Chypre et en Syrie. Sur un autre registre, des médias turcs ont rapporté, sans confirmation officielle israélienne ou émiratie, que Jérusalem aurait fait pression sur Abou Dhabi pour empêcher l'achat des systèmes de défense antiaérienne russes S-400 turcs, une transaction perçue comme une voie pour Ankara de contourner les sanctions américaines et de rouvrir l'accès au programme F-35.
La campagne d'affichage doit s'achever vendredi, à l'issue des trois jours prévus, tandis que l'enquête sur l'incident près de l'hôtel de Netanyahou se poursuit sans nouvel élément à ce stade.
Questions fréquentes
- Pourquoi Benjamin Netanyahou se trouve-t-il à New York ?
- Il participe à la 81ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies et séjourne à l'hôtel Loews Regency à Manhattan.
- L'incident près de son hôtel constitue-t-il une menace ?
- Non. La police de New York a indiqué n'avoir aucune preuve d'un lien avec Netanyahou ni d'une menace pour sa sécurité.
- Que reproche Israël Katz à Recep Tayyip Erdoğan ?
- Il l'accuse d'avoir tenu un discours antisémite à l'ONU, de soutenir le Hamas et de ne pas défendre ses alliés face à l'Iran et aux Houthis.



