Netanyahou à l'ONU : discours offensif contre ses détracteurs, à un mois des élections

Benjamin Netanyahou a prononcé jeudi soir son quinzième discours devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York, rejetant les accusations de génocide et prédisant la chute du régime iranien. L'intervention, marquée par une charge frontale contre le maire de New York Zohran Mamdani, survient trente-trois jours avant les élections législatives en Israël et quelques heures après de premiers contacts indirects entre Washington et Téhéran.

2 min de lecture50 vuesPar la rédaction
Iran et États-Unis renouent le dialogue indirect à New York, sans changement de position affiché
Photo : kremlin.ru · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

Devant une salle partiellement vidée par le départ de plusieurs dizaines de délégations, le Premier ministre israélien a livré une allocution d'environ quarante minutes, la quinzième de sa carrière à cette tribune. Il a ouvert son intervention en invitant les représentants hostiles à quitter les lieux immédiatement, avant de consacrer l'essentiel de son propos à la défense de l'action militaire israélienne depuis le 7 octobre 2023 et à une charge sans précédent contre plusieurs dirigeants étrangers.

Le bilan de la guerre sur sept fronts et le dossier iranien

Netanyahou a détaillé ce qu'il présente comme une guerre menée simultanément contre le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, l'Iran et des milices en Irak et en Syrie. Il a défendu la frappe contre les installations nucléaires iraniennes, affirmant que « si nous ne l'avions pas fait, nous serions tous morts aujourd'hui », malgré des informations selon lesquelles ces sites n'auraient pas été totalement détruits et feraient l'objet d'une reconstruction. Il a laissé à la présidence de l'Assemblée un terminal Starlink destiné, selon lui, à la délégation iranienne, pour permettre un jour au peuple iranien de « raconter librement son histoire ». Cette mise en scène intervient deux jours après de premiers échanges indirects depuis juillet entre le ministre iranien Abbas Araghchi et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, sous médiation qatarie, sans qu'aucune évolution de fond n'ait été annoncée sur le dossier nucléaire ou sur le détroit d'Ormuz.

Charge contre Mamdani, Erdogan et le Qatar

Le chef du gouvernement s'en est pris nommément au maire de New York Zohran Mamdani, qu'il a accusé de fréquenter des soutiens affichés du Hamas et de n'avoir jamais condamné des publications saluant le massacre du 7 octobre. L'élu new-yorkais a répliqué que Netanyahou avait « répété des mensonges destinés à blanchir son génocide des Palestiniens », rappelant qu'il reste visé par un mandat de la Cour pénale internationale. Netanyahou a également qualifié le président turc Recep Tayyip Erdogan de « tyran » et accusé le Qatar de financer depuis des décennies des universités américaines et la chaîne Al Jazeera pour, selon lui, retourner l'opinion contre Israël. Répondant à Emmanuel Macron, qui avait affirmé que le Hamas n'avait jamais agi dans les territoires de Judée et Samarie, il a cité l'assassinat du Franco-Israélien Netanel Choukroun et la blessure grave de Nerya Leiter, fils de l'ambassadeur d'Israël à Washington.

Une réception contrastée à trente-trois jours du scrutin

En Israël, l'éditorialiste Avraham Azoulay a salué dans Tribune Juive un discours « impressionnant de précision, de dignité et de maîtrise », y voyant la preuve qu'Israël « a fini de s'excuser ». Le Jerusalem Post relève à l'inverse que ce discours, contrairement aux précédents, ne s'adressait ni aux diplomates ni à l'opinion internationale mais avant tout aux électeurs israéliens, à un mois d'un scrutin dominé par la question des responsabilités du 7 octobre. Le quotidien souligne aussi l'absence de rencontre avec Donald Trump lors de ce déplacement, contrairement aux huit rencontres tenues depuis le retour du président américain à la Maison Blanche. À Manhattan, la police a procédé à plusieurs interpellations parmi les manifestants opposés à la venue du Premier ministre. Les Israéliens se rendent aux urnes dans un peu plus d'un mois, et ce discours devrait désormais être exploité par les deux camps de la campagne.

Questions fréquentes

Quand Netanyahou a-t-il prononcé son discours à l'ONU ?
Le Premier ministre israélien s'est exprimé jeudi soir devant la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, la quinzième fois qu'il s'adresse à cette tribune.
Pourquoi des délégations ont-elles quitté la salle ?
Plusieurs dizaines de représentants sont partis dès le début de l'intervention de Netanyahou, un geste qu'il a lui-même encouragé en les invitant à sortir avant qu'il ne commence à parler.
Quand se tiennent les élections en Israël ?
Selon le Jerusalem Post, le scrutin est prévu 33 jours après le discours, soit fin octobre 2026.

Dossiers Iran · Élections israéliennes 2026

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