Les Houthis intensifient leurs frappes sur l'Arabie saoudite, jusqu'à La Mecque
Le mouvement houthi, soutenu par l'Iran, a revendiqué lundi une attaque massive de missiles balistiques et de drones contre la base aérienne saoudienne de Khamis Mushait. Le lendemain, des sirènes d'alerte ont retenti jusqu'à La Mecque, tandis que les rebelles poursuivent leur avancée territoriale le long de la mer Rouge.

L'escalade entre Riyad et les Houthis franchit un nouveau palier. Le groupe, soutenu par Téhéran, affirme avoir tiré des dizaines de missiles balistiques et de drones sur la base aérienne de Khamis Mushait, dans le sud du royaume, visant hangars, radars, pistes et dépôts de munitions. L'ampleur réelle des dégâts n'a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Une escalade qui atteint les lieux saints
Mardi, des sirènes d'alerte ont retenti à Taïf, Djeddah et à La Mecque, ville la plus sainte de l'islam. Les autorités saoudiennes ont ensuite autorisé les habitants à quitter les zones protégées, sans préciser si des impacts ou des victimes avaient été enregistrés. Le trafic aérien vers l'aéroport international Prince Mohammad bin Abdulaziz, à Médine, a été suspendu par précaution. Cette séquence marque une aggravation nette d'un conflit qui a déjà fait des milliers de morts au Yémen.
Selon les Houthis, leur opération du week-end répondait à plus de 300 frappes aériennes saoudiennes menées en cinq jours contre le Yémen, depuis les bases de Khamis Mushait et de Taïf, avec des avions F-15 et Typhoon. Ce chiffre n'a pas été confirmé de source indépendante. Riyad avait pour sa part fait état, la semaine précédente, d'une attaque de missiles et de drones ayant blessé plus de 70 personnes et provoqué des incendies sur des installations pétrolières.
Les Houthis progressent le long de la mer Rouge
Parallèlement aux frappes, les rebelles ont annoncé la prise des îles Hanish, à environ 160 kilomètres au nord du détroit de Bab al-Mandeb, après avoir déjà saisi la ville de Moka et l'île de Mayyun, dite Perim. Les forces gouvernementales, appuyées par Riyad, ont tenté ce week-end de se réorganiser pour lancer une contre-offensive dans la région, sans résultat confirmé à ce stade. Les Houthis mènent en parallèle une offensive destinée à briser le siège de Taïz, où ils pourraient également faire reculer les forces gouvernementales.
Washington et Riyad cherchent une parade maritime
Face au blocage du détroit de Bab al-Mandeb, les États-Unis et l'Arabie saoudite prévoient d'élargir le recours à la route maritime méridionale passant par le détroit d'Ormuz, selon des sources diplomatiques dans le Golfe. Ce plan aurait été évoqué lors d'une rencontre entre le chef du Commandement central américain, l'amiral Brad Cooper, et le prince héritier Mohammed ben Salmane. La route par Ormuz ne fonctionne toutefois qu'à une fraction de sa capacité d'avant-guerre : la marine américaine y assure le passage quotidien d'une dizaine de pétroliers en moyenne, soit environ la moitié du niveau antérieur au conflit. Sous la direction du président Donald Trump, les forces américaines entendent empêcher une nouvelle flambée des prix du pétrole, y compris par un recours à la force contre les capacités de frappe iraniennes dans le détroit d'Ormuz.
Pour Israël, cette escalade confirme l'ampleur de la menace que représente l'axe soutenu par l'Iran dans la région, du Yémen à Gaza en passant par le Liban. Aucune annonce officielle de coordination militaire entre Jérusalem et Riyad n'a toutefois été rendue publique à ce stade. La suite dépendra de la réaction saoudienne aux nouvelles frappes houthies et de la capacité de la coalition américano-saoudienne à sécuriser les routes maritimes du Golfe.
Questions fréquentes
- Qui sont les Houthis ?
- Un mouvement rebelle yéménite soutenu par l'Iran, qui contrôle une large partie du Yémen et mène des attaques contre l'Arabie saoudite et le trafic maritime en mer Rouge.
- Pourquoi des sirènes ont-elles retenti à La Mecque ?
- Des tirs de missiles houthis ont déclenché le système d'alerte saoudien à Taïf, Djeddah et La Mecque, sans qu'un impact ou des victimes soient confirmés à ce stade.
- Quel est le lien avec Israël ?
- Les sources ne mentionnent pas de coordination militaire officielle entre Israël et l'Arabie saoudite ; l'escalade illustre surtout la menace régionale posée par l'axe soutenu par l'Iran.
Sources : The Jerusalem Post, Israel Hayom





