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Bab al-Mandeb : les Houthis resserrent leur étau, l'oléoduc saoudien paralysé pour des semaines

Les forces houthies ont saisi les îles Hanish, complétant leur emprise sur le détroit de Bab al-Mandeb après la prise du port de Moka et de l'île de Mayoun. Cette avancée coïncide avec la mise à l'arrêt, pour plusieurs semaines, de l'oléoduc saoudien East-West après une frappe de drones, faisant grimper les cours du pétrole. Riyad, confronté à une double pression sur Ormuz et Bab al-Mandeb, discute avec Israël d'une coopération de renseignement sous médiation américaine.

3 min de lecture165 vuesPar la rédaction
Israël fournit un appui de renseignement à l'Arabie saoudite contre les attaques houthies
Photo : وكالة الأنباء السعودية · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Les rebelles houthis ont pris le contrôle des îles Grande et Petite Hanish, à environ 160 kilomètres au nord du détroit de Bab al-Mandeb, après le retrait de centaines de soldats des forces gouvernementales yéménites soutenues par Ryad, selon des responsables cités par l'Associated Press. Cette prise complète une série d'avancées entamée la semaine précédente avec la chute du port stratégique de Moka et de l'île de Mayoun, verrouillant un peu plus l'accès à ce passage clé entre mer Rouge et océan Indien. Les forces gouvernementales tentent de se réorganiser : l'armée a revendiqué des frappes aériennes sur Moka, Dhubab et d'autres positions houthies dans la province de Taïz.

L'oléoduc saoudien à l'arrêt, un choc pour les marchés pétroliers

Parallèlement à cette avancée maritime, l'oléoduc East-West, qui relie l'est de l'Arabie saoudite au port de Yanbu sur la mer Rouge, a été mis à l'arrêt vendredi après une frappe de drones que Ryad attribue à des milices irakiennes proches de l'Iran. Des images satellite montrent une station de pompage gravement endommagée. Selon des responsables régionaux cités par l'Associated Press, les réparations pourraient prendre de trois à six semaines, avec un possible fonctionnement partiel entre-temps. Cette route acheminait jusqu'à 4 millions de barils par jour, soit environ 4 % de l'offre mondiale, selon le Guardian, et permettait à Ryad de contourner le détroit d'Ormuz, largement paralysé depuis les frappes iraniennes de fin février. Des sources industrielles évoquent des stocks disponibles pour seulement cinq à sept jours d'exportation au rythme actuel, un signal qui a fait bondir le Brent au-dessus de 109 dollars.

Un dilemme stratégique pour Ryad et les pays du Golfe

Selon des analystes cités par Reuters, la capacité de Téhéran et des Houthis à menacer simultanément Ormuz et Bab al-Mandeb vise à forcer les capitales du Golfe à choisir entre subir un coût économique croissant ou négocier directement avec l'Iran. Le refus prêté au président américain Donald Trump de frapper les positions houthies à la demande saoudienne renforce ce dilemme. Une réunion prévue à Oman entre ministres du Golfe et l'Iran sur un cadre de sécurisation du trafic à Ormuz a été reportée faute d'accord sur les termes des discussions. L'Égypte, dont le canal de Suez subit un manque à gagner croissant, a tenté d'ouvrir un canal de médiation entre Ryad et les Houthis, sans réponse formelle du royaume à ce stade. Le corridor commercial IMEC, censé relier l'Inde à l'Europe via le Golfe et Israël, voit ses perspectives ralentir dans ce contexte, tandis qu'un projet concurrent passant par la Turquie, la Jordanie et la Syrie gagne du terrain.

La coopération sécuritaire avec Israël se poursuit

C'est dans ce contexte que des discussions entre Israël et l'Arabie saoudite, sous l'égide du Commandement central américain, portent sur un appui de renseignement pour cartographier le déploiement militaire houthi. Tsahal a déjà mis en avant son expertise autour du détroit d'Ormuz au profit des forces américaines. Le Royaume-Uni a de son côté accepté d'envoyer des conseillers militaires à Ryad, sans engagement supplémentaire pour l'instant. L'establishment sécuritaire israélien reste par ailleurs attentif au dossier du programme nucléaire civil saoudien, que Washington lie à une normalisation avec Israël. Selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 500 personnes ont été tuées au Yémen en une semaine, et près de 94 000 déplacées, un bilan qui illustre l'ampleur de la reprise des combats.

La suite dépendra de la capacité de Ryad à rétablir l'oléoduc East-West et à contenir l'avancée houthie sur la côte occidentale, ainsi que de l'issue des tractations engagées à Oman entre le Golfe et l'Iran.

Questions fréquentes

Pourquoi l'oléoduc saoudien East-West est-il si important ?
Il permettait à Ryad d'acheminer jusqu'à 4 millions de barils par jour vers le port de Yanbu, en contournant le détroit d'Ormuz paralysé par les tensions avec l'Iran.
Quel lien avec Israël ?
Israël et l'Arabie saoudite discutent, sous médiation américaine, d'un appui de renseignement pour aider Ryad à contrer l'avancée houthie autour de Bab al-Mandeb.
Combien de temps l'oléoduc restera-t-il fermé ?
Selon des responsables régionaux, les réparations pourraient durer de trois à six semaines, avec un possible fonctionnement partiel entre-temps.

Dossier Houthis et mer Rouge

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