25 ans après le 11-Septembre : cérémonies sous tension et nouveaux documents de la CIA sur les avertissements de 1998
Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont commémoré les 3 000 victimes lors de cérémonies à Ground Zero, au Pentagone et en Pennsylvanie. La CIA a profité de cet anniversaire pour déclassifier 71 documents montrant que l'administration Clinton avait été alertée dès 1998 d'un scénario d'attentat par avion piégé.

Les cérémonies du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre se sont tenues à New York, au Pentagone et sur le site du crash du vol 93 en Pennsylvanie. Donald Trump et la Première dame Melania Trump ont assisté à la cérémonie du Pentagone, où les noms des 184 victimes de l'attaque ont été lus. Le président a évoqué un pays confronté au « mal absolu » et a établi un parallèle explicit entre la lutte engagée après le 11-Septembre et la confrontation actuelle avec l'Iran, qualifié de « premier sponsor mondial du terrorisme ».
Des cérémonies marquées par la polémique politique
À Ground Zero, le vice-président JD Vance était entouré des quatre anciens présidents encore en vie : George W. Bush, Bill Clinton, Barack Obama et Joe Biden. La présence du maire de New York Zohran Mamdani, malgré une pétition signée par plus de 100 000 personnes réclamant son exclusion, a suscité une vive polémique. Des images le montrant en train de rire ou d'échanger des sourires avec l'élue Alexandria Ocasio-Cortez pendant la lecture des noms des victimes ont provoqué des réactions indignées, notamment de la part du sénateur Ted Cruz. Autre moment marquant : l'ancienne conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice a reconnu une part de responsabilité, affirmant que les autorités de l'époque « n'ont pas vu la nature du danger à temps » pour empêcher les attaques.
Vingt-cinq ans de secrets : ce que révèlent les archives de la CIA
À l'occasion de l'anniversaire, la CIA a rendu publics 71 documents liés au renseignement sur le 11-Septembre, dont 69 pour la première fois, selon son directeur John Ratcliffe, qui parle de « la plus grande publication jamais réalisée d'analyses de la CIA » sur le sujet. Parmi ces documents figure une note datée du 10 septembre 1998, intitulée « Localisation et intentions de Ben Laden », préparée pour les destinataires du President's Daily Brief. Le texte évoquait l'hypothèse qu'un groupe lié aux attentats contre les ambassades américaines en Afrique « puisse faire s'écraser un avion chargé d'explosifs sur une ville américaine ». Un autre document, daté du 4 décembre 1998, mentionnait la visite prévue aux États-Unis d'un responsable saoudien d'al-Qaïda pour discuter d'attaques « éventuellement par détournement d'avion », sans toutefois impliquer le gouvernement saoudien. Selon les documents, on ignore si Bill Clinton a personnellement lu la note de 1998 ou reçu un briefing direct sur son contenu.
Une menace qui visait aussi Israël
Les archives déclassifiées ne concernent pas uniquement le territoire américain. Une évaluation datée du 9 mars 2000 indiquait qu'une cellule d'al-Qaïda, composée de deux à trois membres, était active en Israël et planifiait des attaques contre des intérêts israéliens à l'étranger. Ce document s'appuyait sur un manifeste saisi qui proposait de viser des symboles tels que la Statue de la Liberté ou la tour Eiffel sans faire de victimes, ou, à défaut, des sites fréquentés comme des gratte-ciel, des aéroports ou des centrales nucléaires. Ces éléments confirment que la menace jihadiste identifiée dans les années 1990 dépassait le seul territoire américain et visait déjà des cibles liées à Israël.
Le dossier saoudien toujours devant la justice américaine
Parallèlement à ces révélations, la question du rôle de ressortissants saoudiens dans la préparation des attentats reste posée. Quinze des 19 pirates de l'air étaient des citoyens saoudiens. En août 2025, le juge fédéral George B. Daniels a rejeté la demande de l'Arabie saoudite visant à faire classer la plainte déposée par des familles de victimes, estimant que les preuves apportées étaient « raisonnables » quant au rôle d'Omar al-Bayoumi et de Fahad al-Thumairy, et jugeant « plus probable qu'improbable » que les rencontres d'al-Bayoumi avec les pirates n'aient pas été fortuites. Riyad a fait appel, avec une audience prévue le 7 octobre devant la cour d'appel du deuxième circuit. Lors de la cérémonie de New York, Terry Strada, dont le mari a péri dans la tour Nord, a directement interpellé le vice-président Vance, l'exhortant à transmettre à Donald Trump sa demande : « Dites aux Saoudiens d'arrêter de mentir. » Des familles de victimes et des élus des deux partis réclament désormais que Trump, qui avait déjà ordonné en janvier 2025 la déclassification des dossiers sur les assassinats de John F. Kennedy, Robert F. Kennedy et Martin Luther King, applique le même principe aux archives concernant l'Arabie saoudite.
Et maintenant ?
La publication des documents de la CIA relance un débat vieux de 25 ans : celui de savoir si l'échec à prévenir les attentats relève d'un défaut de coordination entre agences, d'un « manque d'imagination », selon les termes de la commission d'enquête de 2004, ou d'une insuffisance de volonté politique. Sur le plan judiciaire, la procédure d'appel engagée par Riyad et la pression exercée sur la Maison-Blanche pour obtenir de nouvelles déclassifications laissent penser que le dossier saoudien est loin d'être clos, un quart de siècle après les attaques.
Questions fréquentes
- Que révèlent les nouveaux documents de la CIA ?
- Ils montrent que dès septembre 1998, l'administration Clinton avait été informée qu'al-Qaïda pourrait utiliser un avion chargé d'explosifs contre une ville américaine, sans toutefois disposer d'informations précises sur la date ou la cible réelle.
- Où en est la procédure judiciaire contre l'Arabie saoudite ?
- Un juge fédéral a refusé en août 2025 de classer la plainte des familles de victimes, estimant les preuves d'implication de ressortissants saoudiens « raisonnables ». Riyad a fait appel, avec une audience prévue le 7 octobre.
- Les archives évoquent-elles une menace visant Israël ?
- Oui, un document de mars 2000 mentionne une cellule d'al-Qaïda active en Israël et planifiant des attaques contre des intérêts israéliens à l'étranger.
Sources : The Jerusalem Post, The Jerusalem Post, Israel Hayom, JNS




