Sanctions britanniques contre les implantations de Judée et Samarie : Israël réplique sur le terrain diplomatique

Le Royaume-Uni a annoncé des sanctions visant les produits issus des implantations de Judée et Samarie, invoquant un projet de construction dans la zone E1 et des violences attribuées à des résidents. Israël a répliqué en fermant des canaux diplomatiques et sécuritaires avec Londres, tandis que les réactions se sont multipliées, de Washington à Rome en passant par Ramallah.

3 min de lecture14 vuesPar la rédaction
Sanctions britanniques contre les implantations de Judée et Samarie : Israël réplique sur le terrain diplomatique
Photo : Boys in Bristol Photography / Pexels

Le gouvernement britannique a annoncé mardi des sanctions ciblant les biens produits dans les implantations de Judée et Samarie. Le lendemain, le Premier ministre Andy Burnham et son ministre des Affaires étrangères Ed Miliband ont défendu la mesure devant le Parlement, revendiquant une position morale. Israël a réagi le jour même par une série de mesures diplomatiques et sécuritaires, pendant que la décision suscitait des réactions contrastées, du soutien affiché du Hamas à la mobilisation pro-israélienne devant Downing Street.

Le contexte : un projet de construction et des accusations de violences

Londres présente ses sanctions comme une réponse à un projet israélien de construction dans la zone E1, secteur situé entre Jérusalem et Maalé Adoumim, ainsi qu'à la gestion par Israël de violences attribuées à des résidents des implantations. Devant les députés, Burnham a affirmé que la Grande-Bretagne devait se tenir du côté de l'équité contre l'injustice, là où des gens sont chassés de chez eux. Ed Miliband, de son côté, s'est dit fier de cette décision, la qualifiant de juste. Selon la commentatrice italienne Fiamma Nirenstein, le ministre a également évoqué, devant le Parlement, un « nettoyage ethnique » qu'Israël mènerait contre les Palestiniens, une accusation qui ignore, selon elle, les rejets répétés de propositions de paix par les dirigeants palestiniens.

Les mesures concrètes et la riposte israélienne

La sanction britannique porte sur l'interdiction d'importer des biens issus des implantations et sur des restrictions concernant les services associés. Ses effets commerciaux ne se feront sentir, selon les estimations rapportées, que dans six à neuf mois. Israël, lui, a répondu immédiatement sur trois terrains distincts. Le gouvernement britannique dispose désormais de trente jours pour fermer son consulat en Israël. Les représentants britanniques affectés au Centre international de soutien à Gaza, installé à Kiryat Gat sous direction américaine, ont reçu l'ordre de cesser leurs activités. L'équipe britannique chargée de former la police de l'Autorité palestinienne à Ramallah a par ailleurs été dissoute. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a par ailleurs annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem-Est.

Un soutien qui embarrasse Londres

Huit pays — Émirats arabes unis, Turquie, Égypte, Indonésie, Jordanie, Pakistan, Qatar et Arabie saoudite — ont salué la décision britannique dans une déclaration commune, exprimant l'espoir qu'elle encourage d'autres États à agir de même. Du côté palestinien, un responsable de l'Autorité palestinienne a évoqué un acquis politique significatif et une victoire pour la solution à deux États. Le Hamas, de son côté, a qualifié les sanctions britanniques d'étape importante mais insuffisante, propos que le ministère israélien des Affaires étrangères a repris sur X pour souligner ce qu'il présente comme une dérive : selon Jérusalem, qu'une organisation terroriste applaudisse une politique étrangère devrait constituer un avertissement. L'essayiste américain David Bernstein a formulé une critique voisine, estimant que Londres, en ne distinguant pas le quartier juif de Jérusalem des localités isolées de Judée et Samarie, ne cherchait pas réellement à influer sur la politique israélienne.

Réactions politiques, à Londres, Washington et Rome

À Londres, un rassemblement intitulé « Sanction Terror Not Judea and Samaria » a réuni des manifestants devant Downing Street, organisé par le groupe Stop the Hate UK. Son fondateur Itai Galmudy a dénoncé un deux poids deux mesures, comparant le traitement réservé à Israël à celui appliqué au Yémen ou au Sud-Liban. Le député Richard Tice, du parti Reform UK, a qualifié la décision de « grave erreur » nuisant aux relations avec les alliés. À Washington, l'administration Trump a adopté un profil bas : le président a indiqué vouloir d'abord s'entretenir avec Israël pour comprendre sa position, tandis que le secrétaire d'État Marco Rubio a écarté toute sanction américaine tout en mettant en garde contre une déstabilisation susceptible de compliquer le plan en vingt points pour Gaza. Un responsable de l'administration a par ailleurs désavoué les propos de l'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, qui évoquait des « mesures de rétorsion » possibles contre Londres. En Italie, des chefs de groupe du Parti démocrate, du Mouvement Cinq Étoiles et de l'Alliance verte et de gauche ont réclamé l'examen urgent d'une législation similaire, une initiative critiquée par Fiamma Nirenstein comme risquant d'attiser l'antisémitisme.

La séquence illustre un écart entre un geste commercial aux effets différés et une riposte israélienne immédiate sur le plan diplomatique et sécuritaire. Reste à savoir si d'autres capitales européennes suivront l'exemple britannique, et comment Washington ajustera sa position à mesure que le dossier prendra de l'ampleur.

Questions fréquentes

Quelles mesures le Royaume-Uni a-t-il annoncées ?
Des sanctions interdisant l'importation de biens issus des implantations de Judée et Samarie et restreignant les services associés, présentées comme une réponse à un projet de construction dans la zone E1 et à des violences attribuées à des résidents.
Comment Israël a-t-il répondu ?
Israël a exigé la fermeture, sous trente jours, du consulat britannique en Israël, mis fin à la présence britannique au centre de soutien à Gaza installé à Kiryat Gat, dissous l'équipe britannique formant la police de l'Autorité palestinienne à Ramallah, et annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem-Est.
Le Hamas a-t-il réagi ?
Oui, un communiqué attribué au Hamas a qualifié les sanctions britanniques d'étape importante mais insuffisante, une réaction reprise par le ministère israélien des Affaires étrangères pour critiquer la décision de Londres.

Sources : JForum, Infos Israël News, The Jerusalem Post, Israel Hayom

Commentaires

    À lire aussi

    Gaza : à Washington, Trump temporise avec Netanyahou jusqu'aux élections israéliennes
    Les PRO

    Gaza : à Washington, Trump temporise avec Netanyahou jusqu'aux élections israéliennes