Antisémitisme : Danny Danon lance une task force à l'ONU

L'ambassadeur d'Israël aux Nations unies, Danny Danon, a lancé mercredi 9 septembre 2026 à New York une coalition internationale de lutte contre l'antisémitisme. Il a demandé que ce combat devienne une priorité au moment où l'organisation doit choisir son prochain secrétaire général.

3 min de lecture8 vuesPar la rédaction
Antisémitisme : Danny Danon lance une task force à l'ONU
Photo : Tom Jackson / Pexels

L'annonce s'est tenue à Turtle Bay, siège des Nations unies à Manhattan, en présence de représentants de plusieurs pays. Danny Danon y a présenté un "UN Task Force on Combating Antisemitism", coalition d'Etats membres censée transformer les déclarations de principe en mesures concrètes contre la haine antijuive.

Une initiative lancée avant le choix du prochain secrétaire général

Selon le Jerusalem Post, Danon a profité de cette annonce pour demander que la lutte contre l'antisémitisme figure parmi les critères pris en compte lors de l'élection du prochain secrétaire général de l'ONU. L'ambassadeur israélien a invité davantage de pays à rejoindre l'initiative, insistant sur le fait que ce combat "n'est pas la responsabilité d'Israël et du peuple juif seuls", mais celle de l'ensemble de la communauté internationale.

Danon a expliqué à JNS que ce projet était en préparation depuis plusieurs mois et que l'objectif était d'associer d'autres Etats à l'élaboration des futures recommandations. "C'est un travail d'équipe", a-t-il déclaré, ajoutant vouloir combler l'écart persistant entre les condamnations publiques de l'antisémitisme et les actes qui, selon lui, ne suivent pas.

Des représentants de plusieurs pays réunis à New York

Des délégations d'une trentaine de pays, dont le Royaume-Uni, l'Australie, l'Argentine et la Slovaquie, ont assisté au lancement et à la première réunion du groupe de travail, selon la mission israélienne auprès de l'ONU. Un montage vidéo rassemblant des agressions antisémites et des reportages sur la haine antijuive dans le monde a été diffusé devant les participants, installés autour d'une table ronde où figurait la mention "no to hate".

Danon a cité une hausse de 136 % des actes antisémites dans les sept pays comptant les plus importantes communautés juives hors d'Israël depuis avant le 7 octobre. Il a affirmé que la haine antijuive prend des formes de plus en plus visibles, en ligne, sur les campus universitaires et au sein même des institutions internationales, y compris à l'ONU. Le groupe de travail doit identifier les menaces émergentes, développer des outils et des politiques pour y répondre, et coordonner l'action diplomatique des pays participants.

Les intervenants réclament des résultats mesurables

Plusieurs orateurs ont pris la parole lors de l'événement. Katharina von Schnurbein, coordinatrice de l'Union européenne pour la lutte contre l'antisémitisme, a jugé "totalement inacceptable" que des Juifs, dans de nombreuses régions du monde, doivent se cacher ou dissimuler leur identité en public. "Il ne peut y avoir aucune excuse à l'antisémitisme", a-t-elle affirmé, ajoutant qu'il ne saurait être toléré "à aucun moment, en aucun lieu".

Mark Goldfeder, rabbin orthodoxe et directeur du National Jewish Advocacy Center, a appelé les gouvernements et les institutions internationales à dépasser la simple condamnation pour privilégier des poursuites effectives, résumant : "Une condamnation peut être classée, une citation à comparaître ne le peut pas." Jeff Bartos, représentant américain à l'ONU chargé des questions de gestion et de réforme, a qualifié l'antisémitisme de "pandémie" mondiale et a critiqué ce qu'il présente comme un biais institutionnel persistant de l'ONU contre Israël, évoquant notamment le rôle de certains rapporteurs spéciaux de l'organisation.

Quels enjeux pour la suite ?

Danon a insisté sur le fait que le groupe de travail devra produire des recommandations concrètes et des résultats "mesurables", plutôt que de simples déclarations symboliques. Il a averti que les mots seuls ne suffiront pas à endiguer une haine antijuive qui se manifeste, selon lui, "dans la rue, dans les synagogues, dans les universités et même aux Nations unies". Le succès de cette task force dépendra désormais du nombre de pays qui choisiront de la rejoindre et de la capacité du groupe à traduire ses engagements en actions vérifiables, notamment à l'approche de la désignation du prochain secrétaire général de l'organisation.

L'initiative reste, à ce stade, à ses débuts : aucune recommandation officielle n'a encore été publiée et la composition définitive de la coalition n'est pas arrêtée. Les prochaines réunions du groupe de travail devraient permettre de mesurer l'ampleur réelle du soutien international à ce projet porté par la diplomatie israélienne.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le UN Task Force on Combating Antisemitism ?
Il s'agit d'une coalition d'Etats membres de l'ONU, lancée par l'ambassadeur israélien Danny Danon, destinée à coordonner des actions concrètes contre l'antisémitisme, au-delà des déclarations symboliques.
Quels pays ont participé au lancement de l'initiative ?
Des représentants d'une trentaine de pays étaient présents, dont le Royaume-Uni, l'Australie, l'Argentine et la Slovaquie, selon la mission israélienne à l'ONU.
Pourquoi cette initiative est-elle liée à l'élection du secrétaire général de l'ONU ?
Danny Danon a demandé que la lutte contre l'antisémitisme devienne un critère pris en compte dans le choix du prochain secrétaire général, actuellement en préparation à l'ONU.

Sources : JNS, The Jerusalem Post

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