Élections législatives en Israël : sondages au coude-à-coude entre Netanyahou et Eisenkot
À un mois et demi d'un scrutin législatif que les dernières enquêtes d'opinion présentent comme extrêmement serré, aucun bloc politique israélien ne parvient à dessiner une majorité claire. Entre la remontée du Likoud, la fragilité de l'opposition et l'entrée en lice de listes marquées par la guerre, la campagne s'annonce décisive pour l'avenir sécuritaire du pays.

La campagne pour les élections législatives israéliennes est entrée, début septembre, dans sa phase la plus incertaine depuis son lancement. Selon les sources consultées, le scrutin est prévu le 27 octobre 2026. Ce qui ressort en revanche clairement des dernières enquêtes, c'est qu'aucun des deux grands blocs, pro ou anti-Netanyahou, n'est aujourd'hui en mesure de réunir seul les 61 sièges nécessaires à la Knesset.
Un contexte sécuritaire toujours présent
Cette élection se déroule dans l'ombre persistante du 7 octobre et de la guerre à Gaza, ainsi que des tensions à la frontière nord avec le Liban. Plusieurs listes en constitution intègrent directement des personnalités marquées par ce conflit. Le parti Israël Beiteinou d'Avigdor Liberman, crédité d'environ 10 sièges, a ainsi présenté une liste de 25 candidats mêlant réservistes, élus locaux et proches de victimes ou d'otages du 7 Octobre. Figurent notamment Rafi Ben Shitrit, ancien maire de Beit She'an dont le fils Elroi est tombé à Nahal Oz, et Sharon Sharabi, dont le frère Yossi a été tué en captivité à Gaza et l'autre frère, Eli, a survécu à 491 jours de détention aux mains du Hamas. David Azulai, maire de Metula, ville régulièrement visée par des tirs depuis le Liban, complète ce tableau d'une campagne où la sécurité reste omniprésente.
Des sondages contradictoires mais convergents sur un point
Les enquêtes publiées début septembre livrent des photographies parfois divergentes. Channel 13, dans son sondage du 3 septembre, donne un score de 53 sièges pour le bloc pro-Netanyahou et 53 pour l'opposition, les partis arabes se partageant les 14 restants. Un précédent sondage de Lazar Research, cité par le Jerusalem Post, accordait au contraire 60 sièges à l'opposition contre 49 au bloc Netanyahou. De son côté, un sondage i24NEWS du mois d'août plaçait le Likoud à 30 sièges et la coalition actuelle à 59, contre 50 pour le bloc du changement, soit un écart de seulement deux sièges avec la majorité. Malgré ces divergences, toutes les enquêtes s'accordent sur un point : la course reste indécise et se jouera à quelques sièges, voire à quelques dizaines de milliers de voix.
Netanyahou remonte, Eisenkot voit son avance se réduire
Gadi Eisenkot et son parti Yashar demeurent, selon plusieurs enquêtes, le principal pôle susceptible de concurrencer Benjamin Netanyahou. Sur la question du meilleur candidat au poste de Premier ministre, Channel 13 le crédite de 47 % contre 37 % pour Netanyahou. Mais l'avance parlementaire d'Eisenkot s'est nettement resserrée : Yashar passe de 24 à 22 sièges d'une enquête à l'autre, tandis que le Likoud progresse de 19 à 21 sièges dans le même intervalle, selon le Times of Israel. Le parti B'Yachad, porté par Naftali Bennett et Yaïr Lapid, recule quant à lui à 12 sièges, une évolution présentée comme une mauvaise nouvelle pour le camp du changement.
La droite radicale, entre progression et risque d'éparpillement
Le véritable défi de Netanyahou se situe autant dans son propre camp que face à l'opposition. Le Premier ministre cherche à favoriser des fusions entre petites formations de droite afin qu'aucune ne reste sous le seuil électoral de 3,25 %, seuil qui, selon le sondage Lazar du 21 août, aurait laissé de côté l'équivalent d'environ 10 sièges répartis entre plusieurs petits partis. Cette dynamique a déjà produit un effet concret : le 4 septembre, Gilad Erdan a annoncé le retrait de son parti Unity, faute de pouvoir franchir ce seuil. Dans le même temps, Otzma Yehudit d'Itamar Ben-Gvir oscille entre 7 et 9 sièges selon les enquêtes, tandis que le Sionisme religieux de Bezalel Smotrich, longtemps proche du seuil fatidique, remonte à 6 sièges dans le dernier sondage Channel 13. Le nouveau parti d'Ofer Winter, Your People Israel, ferait quant à lui son entrée avec 4 sièges, contribuant à expliquer la progression du bloc Netanyahou.
Une échéance clé avant le vrai coup d'envoi
La date du 8 septembre marque la limite légale de dépôt des listes et donc des dernières fusions possibles entre partis, un facteur qui pourrait encore rebattre les cartes avant que la campagne ne se fige réellement. Les partis arabes, crédités d'environ 14 sièges dans le dernier sondage Channel 13, pourraient in fine détenir la clé d'une éventuelle majorité, sans qu'aucun scénario de coalition ne soit aujourd'hui établi avec certitude.
À six semaines du scrutin, la question qui domine la campagne n'est plus seulement de savoir qui, de Netanyahou ou d'Eisenkot, recueillera le plus de suffrages, mais qui parviendra à assembler une coalition de 61 députés une fois les résultats connus. Les prochains jours, marqués par d'ultimes fusions de listes, devraient offrir une image plus stable du rapport de forces.
Questions fréquentes
- Quand aura lieu le scrutin législatif israélien ?
- Selon les informations disponibles début septembre, le scrutin est prévu le 27 octobre 2026.
- Pourquoi le seuil électoral de 3,25 % est-il si important ?
- Un parti qui ne franchit pas ce seuil perd tous ses électeurs pour la répartition des sièges, ce qui peut faire basculer plusieurs sièges d'un bloc à l'autre, comme l'a illustré le retrait du parti Unity de Gilad Erdan.
- Qui sont les principaux rivaux de Netanyahou dans cette élection ?
- Gadi Eisenkot, à la tête du parti Yashar, apparaît dans plusieurs sondages comme le principal challenger, devant ou au coude-à-coude avec le Premier ministre sortant, sans toutefois disposer d'une majorité de coalition assurée.
Sources : Kountrass, IsraelValley


