Sud du Liban : le Hezbollah évacue les hauteurs stratégiques d'Ali al-Taher face à Tsahal

Le Hezbollah a quitté sans combat les collines d'Ali al-Taher, dans le sud du Liban, permettant à Tsahal d'en prendre le contrôle. L'armée israélienne y a détruit deux réseaux souterrains construits avec l'appui de l'Iran, tandis que Beyrouth prépare une huitième session de négociations.

3 min de lecturePar la rédaction
Sud du Liban : le Hezbollah évacue les hauteurs stratégiques d'Ali al-Taher face à Tsahal
Photo : JForum

Le 3 septembre, l'armée israélienne a annoncé avoir sécurisé le massif d'Ali al-Taher, un point d'appui du Hezbollah situé à environ 10 kilomètres de la frontière. Selon Tsahal, la 36ᵉ division a neutralisé deux réseaux souterrains qui abritaient des centres de commandement, des dépôts d'armes et des installations de vie, construits sur plusieurs décennies avec le soutien financier et logistique de l'Iran. Le Hezbollah, de son côté, n'a pas confirmé publiquement la perte de cette position.

Un retrait sans affrontement direct

Selon une source impliquée dans les négociations citée par le quotidien Asharq Al-Awsat, aucun combat n'a précédé l'évacuation des collines. Le mouvement chiite aurait quitté les lieux après avoir réussi à exfiltrer les combattants encore présents sur place, une fois le site encerclé par l'armée israélienne, qui contrôlait déjà les principaux accès autour de Nabatiyeh al-Fawqa, Kfar Tibnit et Dohat Kfar Rumman. Fait notable : le Hezbollah a choisi de ne pas remettre ces positions à l'armée libanaise, contrairement aux recommandations qui lui avaient été faites en vue de renforcer la main de la délégation libanaise dans les pourparlers.

Le rôle supposé de l'Iran

La même source estime qu'une décision de cette ampleur n'aurait pu être prise sans l'aval de Téhéran, d'autant que des responsables iraniens avaient auparavant menacé d'intervenir pour défendre le site, sans jamais concrétiser cette menace, comme ce fut déjà le cas après l'assassinat de Hassan Nasrallah. Pour cette source, ce silence traduirait la réticence de l'Iran à affronter directement Israël, et relativiserait le lien établi par l'administration Trump entre le dossier du Hezbollah et celui du nucléaire iranien. Des experts militaires, présentés comme proches des Gardiens de la révolution, auraient même bénéficié d'une évacuation sécurisée du site, dans le cadre d'un arrangement impliquant plusieurs médiateurs.

Une infrastructure comparée à une ligne Maginot

Le site d'Ali al-Taher, nommé d'après un érudit chiite dont le sanctuaire surplombe le massif, représentait un enjeu à la fois symbolique et militaire. Il faisait partie d'un réseau de tunnels et de fortifications que Tsahal compare à une « ligne Maginot » moderne, construite pour résister à une offensive israélienne. Cette architecture défensive statique s'est révélée vulnérable face à une armée qui privilégie désormais des opérations longues et méthodiques, village par village, plus de mille jours après les premières attaques du Hezbollah d'octobre. Selon l'IDF, cette prise affaiblit sensiblement la capacité du mouvement à mener des attaques depuis cette zone frontalière.

Un enjeu pour les négociations et le maintien des armes

La huitième session de négociations, dont la date dépend d'une décision de Washington, devrait se tenir dans la seconde moitié de septembre. La question du contrôle des collines devrait y figurer en bonne place, la source estimant que leur remise à l'armée israélienne, plutôt qu'à l'armée libanaise, transforme la situation en fait accompli. Elle y voit surtout la confirmation que le Hezbollah conditionne le maintien de son arsenal au nord du Litani à une contrepartie politique, notamment un accord sur une stratégie nationale de sécurité, alors que le consensus libanais en faveur du monopole étatique des armes semble désormais lui laisser peu d'alliés.

Prisonniers, dépouilles et suite des pourparlers

Parallèlement, Israël a libéré cinq personnes enlevées, une initiative attribuée à l'intervention de l'ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, auprès du Premier ministre Benjamin Netanyahou. Cette libération pourrait relancer le dossier des prisonniers libanais, mais Tel-Aviv insiste en parallèle pour localiser les dépouilles de Juifs libanais morts pendant la guerre civile, sur la base de cartes transmises par Netanyahou. Le Liban dispose de listes fournies par un responsable de la synagogue de Beyrouth, mais aucune sépulture n'a pour l'instant été retrouvée. Le Liban maintient par ailleurs ses revendications habituelles : consolidation du cessez-le-feu, libération des prisonniers, reconstruction et retrait israélien.

La suite dépendra largement de la tenue effective de la huitième session de négociations et du congrès international prévu à Paris à la mi-septembre pour soutenir l'armée libanaise. Reste à savoir si Israël transformera cette avancée militaire en zone tampon durable, et si le sort des collines d'Ali al-Taher pèsera sur l'équilibre des discussions entre Beyrouth, Washington et Téhéran.

Questions fréquentes

Où se situe le massif d'Ali al-Taher ?
Il se trouve dans le sud du Liban, à environ 10 kilomètres de la frontière israélienne, et comprend le sanctuaire d'un érudit chiite au sommet.
Le Hezbollah a-t-il combattu pour défendre le site ?
Selon les informations disponibles, aucun affrontement direct n'a précédé l'évacuation ; le mouvement a retiré ses combattants avant de quitter les lieux.
Pourquoi le Hezbollah n'a-t-il pas remis les collines à l'armée libanaise ?
Une source proche des négociations estime que cela aurait signifié la fin de sa présence armée au nord du Litani, ce que le mouvement cherche à éviter.

Sources : JForum, Kountrass, JForum

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