Herzog rend hommage aux victimes du 11-Septembre, 25 ans après les attentats

Le président israélien Isaac Herzog a marqué, vendredi, le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 depuis le mémorial de Jérusalem dédié aux victimes. Il a réaffirmé le lien entre Israël et les États-Unis face au terrorisme, un jour après une cérémonie organisée avec l'ambassade américaine et le Fonds national juif.

3 min de lecturePar la rédaction
Herzog rend hommage aux victimes du 11-Septembre, 25 ans après les attentats
Photo : Victor Zhang / Pexels

Vingt-cinq ans après l'effondrement des tours jumelles à New York, Isaac Herzog a choisi le 9/11 Living Memorial de Jérusalem pour rendre hommage aux victimes. Dans une vidéo diffusée sur X, le président israélien a évoqué « le ciel bleu du matin du 11 septembre 2001 » brisé par la chute des tours, avant d'appeler à s'incliner « en mémoire des milliers de personnes assassinées ce jour sombre, à New York, au Pentagone et dans les champs de Pennsylvanie ».

Un mémorial unique en dehors des États-Unis

Le site où s'est exprimé Herzog, situé dans la vallée d'Arazim à Ramot, à Jérusalem, est présenté comme le seul mémorial hors des États-Unis à porter les noms de toutes les victimes de l'attaque et à intégrer un fragment des tours jumelles. La veille, l'ambassade américaine en Israël, le Keren Kayemeth LeIsrael-Fonds national juif (KKL-JNF) et JNF-USA y avaient organisé une cérémonie commune. L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a qualifié cet hommage de « témoignage de notre solidarité durable et de notre volonté commune de combattre le terrorisme et de protéger les vies innocentes, un lien que le temps ne peut éroder et que la terreur ne pourra jamais briser ».

Le message de Herzog sur le terrorisme

Dans son intervention, Herzog a salué le courage des premiers intervenants, des services d'urgence et des habitants de New York venus en aide aux victimes. Il a ensuite élargi son propos à la lutte contre le terrorisme international, affirmant qu'« ici, en Israël, nous comprenons ce défi mortel que trop bien ». Il a insisté sur l'absence de justification à cibler des civils, « qu'ils soient américains, israéliens ou de toute autre nationalité », avant de conclure qu'Israël « se tiendra toujours aux côtés de l'Amérique, notre plus grand allié et ami, et la nation la plus puissante du monde ».

Un quart de siècle après, la menace jihadiste persiste

Le 25e anniversaire des attentats intervient alors qu'un rapport de l'équipe de surveillance et de sanctions de l'ONU, publié le 10 août, évoque une présence toujours active d'Al-Qaïda en Afghanistan sous le régime taliban. Selon ce document, la menace terroriste émanant du pays reste globalement inchangée depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021, et plusieurs groupes armés continuent d'y opérer, constituant une menace pour les pays voisins et l'Asie centrale. Le rapport indique aussi qu'Al-Qaïda a fourni un appui idéologique et logistique au Tehrik-e Taliban Pakistan dans son insurrection contre Islamabad.

Ces constats sont interprétés de façon contrastée par les experts cités par The Media Line. Alex Mishra, analyste basé à Washington, estime qu'Al-Qaïda dispose aujourd'hui d'une présence territoriale plus étendue sur trois continents qu'à aucun moment depuis sa création. À l'inverse, l'ancien diplomate pakistanais Asif Durrani juge que l'organisation a « perdu ses crocs et son attrait », le groupe État islamique ayant selon lui supplanté Al-Qaïda comme principale menace jihadiste. Kamal Alam, spécialiste des affaires afghanes, adopte une position intermédiaire : il rappelle que l'élimination du chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri à Kaboul, après le retour des talibans, a démontré la persistance du groupe sur le sol afghan.

Un procès toujours en suspens

Parmi les dossiers non résolus vingt-cinq ans après les attentats figure celui de Khalid Cheikh Mohammed, présenté par les autorités américaines comme le cerveau présumé des attaques. Capturé au Pakistan en 2003 puis transféré à Guantanamo en 2006, il a passé plus de deux décennies en détention sans jugement. Un juge militaire a fixé le début de son procès, aux côtés de trois co-accusés, au 5 juin 2028. Andy Vermaut, expert bruxellois en lutte contre l'extrémisme, considère que cette impossibilité de le juger demeure « l'un des échecs les plus sérieux du système post-11-Septembre », les méthodes d'interrogatoire employées par la CIA ayant compliqué la procédure judiciaire.

Les autorités talibanes, par la voix de leur porte-parole Zabiullah Mujahid, rejettent pour leur part toute responsabilité afghane dans les attentats, affirmant que les auteurs auraient reçu formation et soutien logistique en dehors du pays. Un quart de siècle après le 11 septembre, la commémoration israélienne coïncide donc avec un débat toujours ouvert sur l'ampleur réelle de la menace jihadiste et sur la capacité du système judiciaire américain à clore ce chapitre.

Questions fréquentes

Où se trouve le mémorial du 11-Septembre visité par Herzog ?
Il s'agit du 9/11 Living Memorial, situé dans la vallée d'Arazim à Ramot, à Jérusalem. C'est le seul mémorial hors des États-Unis à porter les noms de toutes les victimes de l'attaque et à intégrer un fragment des tours jumelles.
Que dit le rapport de l'ONU sur Al-Qaïda 25 ans après le 11-Septembre ?
Le rapport du 10 août indique que le statut et la force d'Al-Qaïda en Afghanistan restent globalement inchangés sous le régime taliban, et que le groupe a apporté un soutien au Tehrik-e Taliban Pakistan dans son insurrection contre Islamabad.
Où en est le procès de Khalid Cheikh Mohammed ?
Présenté comme le cerveau présumé des attentats, il est détenu à Guantanamo depuis 2006 sans avoir été jugé. Son procès, avec trois co-accusés, a été fixé au 5 juin 2028.

Sources : The Jerusalem Post, The Jerusalem Post

Commentaires

    À lire aussi

    25 ans après le 11-Septembre : cérémonies sous tension et nouveaux documents de la CIA sur les avertissements de 1998
    Les PRO

    25 ans après le 11-Septembre : cérémonies sous tension et nouveaux documents de la CIA sur les avertissements de 1998

    25 ans après le 11-Septembre : une mémoire américaine qui s'effrite, un souvenir juif qui résiste
    Les PRO

    25 ans après le 11-Septembre : une mémoire américaine qui s'effrite, un souvenir juif qui résiste

    Daniel Lewin, l'Israélo-Américain devenu la première victime du 11-Septembre
    Les PRO

    Daniel Lewin, l'Israélo-Américain devenu la première victime du 11-Septembre