PISA 2025 : les résultats scolaires israéliens chutent à leur plus bas niveau historique
Les résultats du test international PISA 2025 confirment un recul marqué du niveau scolaire en Israël, avec les scores les plus bas jamais enregistrés en lecture, en mathématiques et en sciences. Ces résultats, analysés par le Jerusalem Post, placent désormais Israël sous la moyenne de l'OCDE dans les trois matières testées. Ils relancent le débat sur le financement, la politisation de l'éducation et l'attractivité du métier d'enseignant, à l'approche d'une campagne électorale.

Un recul historique dans les trois matières testées
Selon les données PISA 2025 citées par l'éditorialiste Dan Perry dans le Jerusalem Post, le score de lecture des élèves israéliens a chuté de 38 points en trois ans, passant de 474 en 2022 à 436 en 2025. Les mathématiques ont reculé de 25 points, à 433, et les sciences de 23 points, à 442. Dans les trois disciplines, il s'agit des résultats les plus bas jamais enregistrés par Israël aux tests PISA, nettement inférieurs à ceux de 2012, 2015 et 2018. Le pays se situe désormais sous la moyenne de l'OCDE, l'organisation des économies développées, dans chacune des trois matières.
En mathématiques, 46% des élèves israéliens n'atteignent pas le niveau minimal de compétence, contre 35% en moyenne dans les pays de l'OCDE. Des écarts similaires apparaissent dans les autres matières, tandis que la part des élèves les plus performants recule elle aussi sous la moyenne des pays développés.
La part limitée des écoles harédies dans l'échantillon
Le lien entre ce recul et le système scolaire harédi, souvent pointé du doigt, doit être nuancé. Un rapport du Centre de recherche et d'information de la Knesset sur PISA 2022 indique que les garçons harédim ne représentaient que 3% de l'échantillon avant pondération, alors qu'ils constituent environ un sixième de la population et une part plus importante encore de la jeunesse. La plupart des écoles pour garçons harédim ont en effet refusé de participer au test. Les filles issues de ce même secteur, elles, ont obtenu de bons résultats. Pour Dan Perry, le constat le plus alarmant est ailleurs: l'effondrement de 2025 touche le cœur du système éducatif israélien, et non ses seules marges.
Financement, statut des enseignants et politisation en question
D'après l'OCDE, citée dans l'article, Israël investit 22% de moins par élève que la moyenne des pays membres, et bien moins que les systèmes les plus performants. L'éditorialiste souligne que le métier d'enseignant peine depuis des années à attirer suffisamment de personnes qualifiées, en raison d'une charge de travail élevée, d'un risque d'épuisement professionnel et d'un statut social qui ne correspond pas à la responsabilité confiée aux enseignants.
Dan Perry pointe également une politisation chronique du système scolaire israélien, chaque ministre de l'Éducation arrivant avec ses priorités et ses programmes phares, alors qu'un système éducatif se construit sur des décennies. Selon lui, l'éducation devient trop souvent un terrain d'affrontement identitaire, religieux et politique, au détriment d'objectifs stables capables de survivre aux changements de gouvernement.
Des écarts qui persistent malgré une apparente convergence
Le rapport relève une réduction de l'écart entre le secteur arabophone israélien et le système hébréophone, mais celle-ci s'explique surtout par une dégradation plus rapide de ce dernier, et non par une amélioration du premier. Le même phénomène s'observe pour l'ensemble des écarts scolaires du pays: ils se sont resserrés non pas parce que les élèves les plus faibles ont progressé, mais parce que la part des meilleurs élèves a nettement diminué. Israël reste néanmoins l'un des pays affichant les plus grands écarts au monde entre ses élèves les plus forts et les plus faibles.
L'article relève par ailleurs une dégradation du rapport des élèves à l'école: 68% des élèves israéliens se disent curieux de nature, contre 73% en moyenne dans l'OCDE, tandis que 37% jugent que l'école a été une perte de temps, contre 24% en moyenne. Les guerres récentes vécues par Israël pourraient expliquer une partie du phénomène, selon Dan Perry, qui écarte en revanche la pandémie de Covid-19, un facteur commun à tous les pays testés. La tendance à la baisse, précise-t-il, précède de toute façon ces événements.
Quels enjeux pour la suite ?
Alors que la campagne électorale démarre en Israël, ces résultats relancent le débat sur les priorités budgétaires et les conditions imposées au financement public des écoles harédies. Dan Perry appelle à conditionner ce financement à un enseignement réel des matières fondamentales - mathématiques, anglais, sciences - et à sortir la politique éducative des négociations de coalition. Il défend une politique de long terme, protégée autant que possible des changements de ministres et de gouvernements, avec un socle de compétences fondamentales fixé par un large consensus national.
Pour l'éditorialiste, l'enjeu dépasse la seule salle de classe: la qualité du système éducatif est présentée comme le fondement de l'avantage économique, technologique puis militaire d'Israël, un pays qui ne peut compter sur sa taille pour rivaliser à long terme. Les prochains cycles PISA et les arbitrages budgétaires du prochain gouvernement diront si ce constat suscite une réforme durable ou reste, une fois de plus, sans suite.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le test PISA ?
- C'est une évaluation internationale menée par l'OCDE tous les trois ans, qui compare les compétences en lecture, mathématiques et sciences des élèves de 15 ans dans les pays participants.
- Pourquoi les écoles harédies sont-elles peu représentées dans l'échantillon ?
- Selon un rapport du Centre de recherche et d'information de la Knesset, la plupart des écoles pour garçons harédim ont refusé de participer au test PISA, ce qui limite leur poids réel dans l'échantillon national.
- Le recul touche-t-il tous les secteurs de façon égale ?
- Non. L'écart entre le secteur arabophone et le secteur hébréophone s'est réduit, mais surtout parce que ce dernier a reculé plus vite, et non parce que le premier s'est amélioré.
Sources : The Jerusalem Post





