Sondage Maariv : la bataille du seuil électoral secoue la campagne législative en Israël
À l'approche des élections législatives, un sondage publié par le quotidien Maariv dessine une carte politique fragmentée. Plusieurs petites listes se battent au coude-à-coude pour franchir le seuil électoral, tandis que le bloc emmené par le Likoud peine à consolider son avance.

Le sondage Maariv, publié vendredi et analysé par le statisticien Dr Menachem Lazar, met en lumière une campagne marquée par l'incertitude sur le sort de plusieurs petites formations. Selon lui, deux ou trois listes se trouvent encore dans ce qu'il appelle la « zone de danger », c'est-à-dire à quelques dixièmes de point du seuil requis pour entrer à la Knesset.
Un seuil électoral disputé jusqu'au dernier point
D'après Dr Lazar, le parti Am Yisrael franchit actuellement le seuil électoral, mais seulement de justesse. À l'inverse, la liste Reservists and Economic Party (Parti des réservistes et de l'économie) reste en dessous, elle aussi à quelques fractions de point près. Il ajoute que Religious Zionism et Zehut passent également le seuil, sans pour autant pouvoir « se reposer sur leurs lauriers », selon sa formule.
Parmi les autres petites listes, Blue and White, dirigé par l'ancien ministre de la Défense Benny Gantz, est la seule à dépasser 1 % des intentions de vote. Elle reste toutefois, selon le sondage, loin du seuil nécessaire pour obtenir des sièges. Aucune autre petite formation ne semble, à ce stade, rassembler un nombre significatif de voix.
Le bloc d'opposition sioniste se stabilise
Dr Lazar observe que le bloc des partis d'opposition sioniste a réussi à se stabiliser à l'approche du scrutin. Le nombre pair de partis qui le composent permettrait, selon lui, de mettre en place des accords de report des voix excédentaires, limitant ainsi les votes perdus.
Du côté des listes arabes, la fusion entre Hadash, Ta'al et Balad n'a pour l'instant pas tenu ses promesses, d'après l'analyse. Ra'am, dirigé par Mansour Abbas, conserve en revanche une position stable, autour de cinq sièges.
Le Likoud fragilisé par les tensions internes de son bloc
Selon Dr Lazar, les primaires récentes du Likoud et l'attribution de places réservées sur sa liste n'ont pas produit l'effet escompté. Les tensions entre le Likoud, Otzma Yehudit, Religious Zionism et Am Yisrael ne profiteraient pas, pour l'instant, au parti du Premier ministre.
Les partis harédiques traversent eux aussi une période de turbulence. Le Judaïsme unifié de la Torah (UTJ), qualifié par Dr Lazar de « parti d'une stabilité politique exceptionnelle depuis 1992 », serait devenu le théâtre d'un conflit interne entre ses composantes hassidique et lituanienne. Shas, de son côté, peinerait à retrouver une dynamique et resterait installé autour de sept sièges depuis longtemps.
La participation arabe, variable clé du scrutin
Dr Lazar souligne que le taux de participation des citoyens arabes d'Israël pourrait fortement influencer le poids des partis arabes à la Knesset. Les citoyens arabes représentent environ 21 % de la population du pays. Si leur taux de participation rejoignait celui observé dans la société juive, les partis arabes pourraient, selon cette estimation, atteindre 17 sièges. Pour l'heure, la participation en milieu arabe ne semble pas progresser, selon le sondage.
Dr Lazar estime enfin que la part des électeurs indécis continue de diminuer, une tendance qu'il anticipe voir se poursuivre après les fêtes, à mesure que davantage d'Israéliens arrêtent leur choix.
À deux semaines du scrutin, l'incertitude reste donc forte sur le sort de plusieurs petites listes, dont l'entrée ou non à la Knesset pourrait redessiner les équilibres de coalition. Les prochains sondages permettront de vérifier si les tendances observées par Maariv se confirment ou si de nouveaux mouvements viennent bousculer la course.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le seuil électoral en Israël ?
- C'est le pourcentage minimal de voix qu'une liste doit obtenir pour entrer à la Knesset. Plusieurs petites formations sont, selon le sondage Maariv, tout près de cette limite.
- Quels partis risquent de ne pas entrer à la Knesset ?
- Selon l'analyse de Dr Menachem Lazar, la liste Reservists and Economic Party est en dessous du seuil, tandis qu'Am Yisrael, Religious Zionism et Zehut le franchissent de justesse.
- Pourquoi la participation arabe est-elle scrutée ?
- Parce que les citoyens arabes représentent environ 21 % de la population et qu'un taux de participation plus élevé pourrait, selon le sondage, porter les partis arabes jusqu'à 17 sièges.
Sources : The Jerusalem Post




