Rosh Hashana 5787 : Israël célèbre la nouvelle année entre mémoire du 11-Septembre et élections

À la veille de Rosh Hashana, qui coïncide cette année avec le 25e anniversaire des attentats du 11-Septembre, les communautés juives d'Israël et de la diaspora entament l'année 5787. Cette entrée dans la nouvelle année survient après le retour de tous les otages de Gaza et à quelques semaines des élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre.

3 min de lecturePar la rédaction
Rosh Hashana 5787 : Israël célèbre la nouvelle année entre mémoire du 11-Septembre et élections
Photo : Engin Akyurt / Pexels

Rosh Hashana débute au coucher du soleil le vendredi 11 septembre, jour où le monde marque également le quart de siècle des attentats du 11-Septembre. Pour de nombreux commentateurs israéliens, cette coïncidence de calendrier invite à un exercice de mémoire et de bilan, dans un pays qui sort de près de trois années de guerre et de divisions internes.

Une année marquée par le retour des otages

Selon un éditorial du Jerusalem Post, cette fête de Rosh Hashana est la première depuis le massacre du 7 octobre 2023 à intervenir alors qu'aucun otage ne se trouve plus à Gaza, le dernier ayant été ramené en janvier. Le 13 octobre 2025, veille de Simhat Torah, les vingt derniers otages vivants avaient été libérés par le Hamas en deux groupes, échangés contre près de 2 000 prisonniers et détenus palestiniens. Ce même jour, le président américain Donald Trump s'était rendu en Israël avant de se rendre à Charm el-Cheikh pour la signature d'un accord sur Gaza réunissant une vingtaine de dirigeants internationaux, selon le Jerusalem Post.

Le message du rabbin Jonathan Sacks pour amorcer l'année

À l'approche des fêtes, JForum a republié un message du rabbin Jonathan Sacks, ancien Grand Rabbin du Royaume-Uni décédé en 2020. Il y invite à consacrer Rosh Hashana à un examen personnel : gratitude, transmission de valeurs plutôt que de biens matériels, étude régulière de la Torah, cohérence entre pratique privée et publique du judaïsme, pardon, respect de la parole d'autrui, observance du Shabbat, bénévolat et recherche de moments de joie. Pour le rabbin Sacks, le shofar sonné à Rosh Hashana agit comme un signal d'alarme rappelant que le temps, contrairement à l'argent, ne se retrouve jamais une fois perdu.

Un exercice de bilan pour les dirigeants, à l'aube des élections

Dans une chronique publiée par le Jerusalem Post, le rédacteur en chef Zvika Klein souligne la difficulté, cette année, à démêler le vrai du faux sur plusieurs dossiers majeurs : un appel téléphonique que les Émirats arabes unis auraient passé au Premier ministre Benjamin Netanyahou dix jours avant le 7 octobre pour l'alerter d'une opération du Hamas, ou encore l'issue de la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l'Iran en février. Il observe que l'incertitude ambiante profite souvent aux dirigeants qui parlent avec le plus d'assurance, et appelle à juger les responsables politiques sur leurs actes plutôt que sur leurs discours, à quelques semaines des élections du 27 octobre. L'éditorial du Jerusalem Post insiste de son côté sur la nécessité de préserver un sentiment de partenariat entre les différentes composantes de la société israélienne, malgré les désaccords attendus sur Gaza, l'Iran, le service militaire ou les implantations.

Uman, destination toujours prisée malgré la guerre en Ukraine

Parallèlement, une enquête de l'Institut israélien pour la démocratie (IDI), relayée par le Jerusalem Post, indique que 8 % des adultes juifs israéliens se sont déjà rendus au moins une fois sur la tombe du rabbin Nahman de Breslov à Uman, en Ukraine. Les hassidim Breslov continuent d'y passer traditionnellement Rosh Hashana, malgré la guerre en cours avec la Russie. Parmi ceux qui ont déjà effectué ce pèlerinage, près de la moitié y retournent tous les quelques années et 22,5 % au moins une fois par an ; les Juifs mizrahim sont proportionnellement plus nombreux que les ashkénazes à avoir visité le site. Le Jerusalem Post rapporte également qu'une vidéo diffusée puis retirée par une chaîne officielle de Tsahal expliquait à des hommes ultra-orthodoxes en délit d'insoumission comment échapper à un contrôle à l'aéroport Ben Gourion avant de se rendre à Uman, une information révélée par Army Radio.

À l'approche du scrutin d'octobre, cette entrée dans l'année 5787 se déroule donc sur fond de soulagement lié au retour des otages, mais aussi d'incertitudes persistantes sur plusieurs dossiers sécuritaires et diplomatiques. Les prochaines semaines diront si l'esprit de solidarité observé après le 7 octobre 2023 résiste à la campagne électorale à venir.

Questions fréquentes

Quand débute Rosh Hashana cette année ?
Selon le Jerusalem Post, la fête débute au coucher du soleil le vendredi 11 septembre, jour qui coïncide avec le 25e anniversaire des attentats du 11-Septembre.
Pourquoi cette édition de Rosh Hashana est-elle particulière selon la presse israélienne ?
C'est la première fête depuis le 7 octobre 2023 où aucun otage ne se trouve plus à Gaza, et elle précède de peu les élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre.
Qui se rend traditionnellement à Uman pour Rosh Hashana ?
Selon une enquête de l'Institut israélien pour la démocratie, les hassidim du mouvement Breslov s'y rendent traditionnellement pour prier sur la tombe du rabbin Nahman, une pratique qui perdure malgré la guerre en Ukraine.

Sources : JForum, The Jerusalem Post, The Jerusalem Post, The Jerusalem Post

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