Eisenkot en tête des sondages, un an après le lancement de Yashar!
Un an après la création de son parti Yashar!, l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot arrive en tête de la plupart des sondages publiés à l'approche des élections à la 26e Knesset. Le paysage politique israélien apparaît toutefois profondément fragmenté, avec des blocs quasiment à égalité face à Benjamin Netanyahou.

Moins d'un an après avoir fondé son parti, l'ancien chef d'état-major de Tsahal Gadi Eisenkot s'impose comme le principal rival de Benjamin Netanyahou. Plusieurs sondages publiés à la clôture des listes pour la 26e Knesset placent Yashar! (« Droit » ou « Honnête », en hébreu) en tête, devant le Likoud, tandis que d'autres enquêtes maintiennent le parti au pouvoir en position de force. Le résultat, selon la moyenne de cinq sondages relayés par la presse israélienne, donne Yashar! à 23,6 sièges contre 21,8 pour le Likoud, avec des blocs politiques quasiment à égalité.
Un an de progression pour Yashar!
Gadi Eisenkot a lancé son parti en septembre 2025. Il ne dispose que d'une expérience politique limitée : trois ans comme député au sein du parti Unité nationale de Benny Gantz, puis huit mois au cabinet de guerre de Netanyahou. Son programme, positionné au centre de l'échiquier, reste peu détaillé, évoquant « la recherche de la vérité, la reconstruction de la société israélienne après la guerre et le renforcement du pays sur le long terme », selon la JTA. Malgré cette absence de profil politique classique, Yashar! progresse jusque dans des bastions traditionnels du Likoud, comme Dimona dans le sud ou Kiryat Shmona dans le nord.
Des sondages contrastés, des blocs à l'équilibre
Les cinq sondages publiés après la clôture des listes électorales dressent un tableau nuancé. Selon JForum, qui relaie ces enquêtes, Yashar! arrive en tête dans quatre d'entre elles, avec des scores allant de 22 à 25 sièges, tandis que le sondage i24NEWS donne au contraire le Likoud largement vainqueur, avec 27 sièges contre 22 pour le parti d'Eisenkot. La moyenne des cinq enquêtes situe le bloc de Netanyahou, avec Ofer Winter, à 53,6 sièges, contre 53,4 pour le bloc d'opposition sioniste, soit un écart inférieur à un demi-siège. Les partis arabes recueilleraient en moyenne 12,2 sièges. Le parti Ensemble, né de la fusion en avril entre Naftali Bennett et Yaïr Lapid, reste loin derrière avec une moyenne de 12,4 sièges, un résultat que plusieurs analystes jugent décevant au regard des ambitions initiales de la fusion.
Le profil d'Eisenkot, facteur de son ascension
Selon la JTA, l'ascension d'Eisenkot doit beaucoup à sa personnalité, à l'opposé du style de Netanyahou. Fils d'immigrants marocains, né dans la périphérie géographique d'Israël, à Tibériade puis à Eilat, il a gravi les échelons au sein de la brigade Golani avant de devenir chef d'état-major. Son fils cadet, Gal, a été tué en décembre 2023 lors d'une opération à Gaza visant à récupérer les corps d'otages israéliens. Inbar Harush-Giti, membre de Yashar!, estime que « le public israélien reconnaît en Gadi l'honnêteté et l'humilité qu'il souhaite voir chez ses dirigeants ». Elle relie cette image à l'identité dite « traditionnelle » d'Eisenkot, une catégorie religieuse et culturelle largement présente dans l'électorat israélien mais peu représentée dans le débat politique.
Un candidat qui ne recule pas devant l'affrontement
Malgré son image de modéré, Eisenkot n'a pas hésité à mener une campagne offensive sur les réseaux sociaux, diffusant des vidéos opposant les promesses sécuritaires de Netanyahou à des images du 7 octobre ou d'autres attaques. Le camp Netanyahou a de son côté publié une vidéo générée par intelligence artificielle jugée controversée, mettant en scène un soldat évoquant le fils disparu d'Eisenkot. Sur le plan financier, la campagne de Yashar! a recueilli environ 16 millions de shekels (environ 5,3 millions de dollars) en garanties de la part de grands donateurs, selon le contrôleur de l'État. Ces prêts, remboursables après les fonds publics attribués aux partis élus, sont une pratique légale mais qui contraste avec l'image de simplicité cultivée par le candidat.
Une liste électorale qui mise sur la sécurité
La liste de Yashar!, dévoilée lundi à Rosh Ha'ayin, comprend Dvora Sharifian Bachar, ancienne responsable du Mossad et du Shin Bet, née à Téhéran et exfiltrée d'Iran par le Mossad à l'âge de sept ans. Selon le Jerusalem Post, elle affirme qu'Israël a « les moyens de l'emporter face à l'Iran » et souhaite, si elle est élue, travailler sur les dossiers de sécurité et d'éducation. Sa présence sur la liste illustre la volonté du parti de renforcer sa crédibilité sur les questions de défense, un terrain sur lequel Netanyahou cherche à disqualifier Eisenkot en le présentant comme peu déterminé.
À moins de deux mois du scrutin, l'écart quasi nul entre les blocs laisse présager une campagne serrée, où la composition d'une éventuelle coalition dirigée par Eisenkot, avec ou sans les partis arabes, pourrait devenir un enjeu central.
Questions fréquentes
- Qui est Gadi Eisenkot ?
- Ancien chef d'état-major de Tsahal, fils d'immigrants marocains, il a fondé le parti Yashar! en septembre 2025 après avoir été député puis membre du cabinet de guerre.
- Yashar! est-il vraiment en tête des sondages ?
- La majorité des sondages publiés après la clôture des listes le placent en tête, mais au moins une enquête (i24NEWS) donne le Likoud largement devant, ce qui montre une forte incertitude.
- Les blocs politiques sont-ils départagés ?
- Non, la moyenne des sondages montre un quasi-équilibre entre le bloc de Netanyahou et le bloc d'opposition sioniste, à moins d'un demi-siège d'écart.
Sources : JTA, JForum, The Jerusalem Post




