Iran-États-Unis : les conseillers de Trump évoquent un conflit pouvant durer jusqu'en 2029

Des conseillers de Donald Trump, dont le vice-président JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio, ont averti le président que la confrontation avec l'Iran pourrait se prolonger jusqu'à la fin de son mandat, selon le Wall Street Journal. Cette évaluation contraste avec les déclarations publiques de Trump, qui promet une fin rapide de la guerre après les élections de mi-mandat de novembre.

3 min de lecturePar la rédaction
Iran-États-Unis : les conseillers de Trump évoquent un conflit pouvant durer jusqu'en 2029
Photo : Aleksandar Pavloski / Pexels

Un conflit qui s'éternise malgré les promesses de Trump

Selon des informations du Wall Street Journal reprises par Reuters, de hauts conseillers de la Maison Blanche ont évoqué en privé avec Donald Trump la possibilité que la guerre avec l'Iran se poursuive au-delà de son mandat, potentiellement jusqu'à l'investiture du prochain président en janvier 2029. Ces discussions, tenues dans le Bureau ovale et la Situation Room, tranchent avec les propos publics du président américain, qui a affirmé mercredi que le conflit prendrait fin « immédiatement » après les élections de mi-mandat de novembre, estimant que Téhéran « ne peut plus tenir ». La guerre dure désormais depuis sept mois et a coûté la vie à 18 militaires américains, selon Israel Hayom.

Pickaxe Mountain, nouvel objet de tension

Parallèlement à ces discussions internes, l'attention se porte sur le site nucléaire enterré de Pickaxe Mountain, situé à environ 220 km au sud de Téhéran et à seulement 2 km de l'installation d'enrichissement de Natanz. Des analystes du Center for Strategic and International Studies, citant des images satellites transmises à CNN, constatent un renforcement de la construction depuis un an : consolidation des accès aux tunnels, pavage des routes internes, évacuation de terre excavée. Le site n'est pas encore jugé opérationnel pour l'enrichissement, mais pourrait à terme abriter un assemblage de centrifugeuses. Trump a averti Téhéran de « ne pas se montrer trop malin », menaçant de frapper « très fort » si l'activité se poursuit. Selon l'Institute for Science and International Security, cette installation a échappé aux frappes lors des deux précédents conflits, dont l'opération Midnight Hammer de juin 2025 contre Natanz.

Le pari du blocus économique

Face à l'incertitude sur une issue militaire rapide, Trump privilégierait un blocus économique de long terme, baptisé « Operation Economic Outcast » par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, combinant blocus naval et sanctions pour contraindre le régime iranien à démanteler son programme nucléaire. La porte-parole de la Maison Blanche, Olivia Wiles, affirme que Trump a « détruit les capacités militaires iraniennes » et impose « le blocus naval le plus puissant de l'histoire ». Vance, de son côté, refuse de qualifier la situation de « guerre » et se garde de fixer un calendrier, jugeant qu'il serait « irresponsable » de dévoiler la stratégie américaine face à un Iran qui continue de tirer sur des navires commerciaux.

Ce que disent les experts

Pour Suzanne Maloney, de la Brookings Institution, le blocus naval américain ne devrait pas produire de résultat décisif à court ou moyen terme, ce qui suppose de s'y engager dans la durée, sans garantie de succès et avec un risque de représailles iraniennes contre des cibles énergétiques dans le Golfe. Ali Vaez, de l'International Crisis Group, estime que Washington peut continuer d'user l'Iran à un coût maîtrisé, tandis que Téhéran reporte une large part du fardeau sur sa population pour préserver les institutions du régime. « Tout le monde paie un prix, mais aucun des deux camps ne paie encore un prix assez élevé pour accepter les conditions de l'autre », résume-t-il.

Vers une présence américaine prolongée

Le Pentagone se prépare déjà à une présence longue dans la région : le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a prolongé jusqu'en 2027 le déploiement de certaines forces, et des unités de défense antiaérienne resteront sans date de fin fixée. Environ 50 000 soldats américains sont stationnés dans le Golfe, et une troisième unité expéditionnaire des Marines doit y être déployée à l'automne. Mardi, les forces américaines ont détruit cinq pétroliers iraniens après des attaques de Téhéran contre des navires militaires américains, toutes déjouées selon l'armée américaine. La hausse des prix du pétrole, passé la barre des 100 dollars le baril, et de l'essence, à 4,22 dollars le gallon, pèse désormais sur le climat politique à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.

Alors que les responsables américains évoquent une confrontation susceptible de durer des années, la question reste de savoir si le blocus économique suffira à faire plier Téhéran, ou si une frappe contre Pickaxe Mountain deviendra inévitable. Les prochaines semaines, marquées par la campagne électorale américaine et la poursuite des tensions dans le détroit d'Ormuz, devraient donner de premiers éléments de réponse.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que Pickaxe Mountain ?
C'est une installation souterraine iranienne fortifiée située près du site d'enrichissement de Natanz, considérée par les analystes comme un possible abri pour le programme nucléaire iranien.
Pourquoi les conseillers de Trump évoquent-ils une guerre longue ?
Selon le Wall Street Journal, Vance et Rubio estiment que Téhéran pourrait résister à la pression américaine plus longtemps que prévu, prolongeant le conflit au-delà du mandat de Trump.
Quelle stratégie alternative propose l'administration Trump ?
Un blocus économique et naval prolongé, baptisé « Operation Economic Outcast », visant à forcer l'Iran à démanteler son programme nucléaire sans escalade militaire massive.

Sources : Israel Hayom, The Jerusalem Post, Israel Hayom, The Jerusalem Post

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