Douze pays restreignent le commerce des biens issus de Judée et Samarie

Le Canada, la France, le Royaume-Uni et neuf autres pays ont annoncé le 8 septembre leur intention d'introduire des restrictions commerciales visant les biens produits dans les implantations de Judée et Samarie. L'annonce, saluée par huit pays musulmans dont les Émirats arabes unis, a déclenché une riposte diplomatique israélienne ciblant en premier lieu Londres.

3 min de lecturePar la rédaction
Douze pays restreignent le commerce des biens issus de Judée et Samarie
Photo : Wolfgang Weiser / Pexels

Un texte signé par douze pays occidentaux marque une nouvelle étape dans la pression internationale exercée sur Israël au sujet des implantations. Canada, France, Royaume-Uni, Danemark, Finlande, Islande, Irlande, Norvège, Pologne, Portugal, Espagne et Suède ont fait savoir, le 8 septembre, qu'ils comptaient adopter des mesures nationales ou appuyer des restrictions au niveau européen sur les échanges commerciaux de produits en provenance de Judée et Samarie.

Une initiative née d'une escalade diplomatique

L'annonce collective fait suite à une déclaration du chef de la diplomatie britannique Ed Miliband, qui avait le premier évoqué des sanctions visant la région. Un communiqué conjoint réunissant Londres, Paris et Ottawa avait ouvert la voie, avant qu'un texte élargi à douze pays ne vienne préciser des engagements plus concrets. Ce document désignait le projet de construction dans le secteur E1 comme une menace directe pour la perspective d'un règlement fondé sur deux États et réclamait l'arrêt de l'expansion des implantations, ainsi que des sanctions contre les habitants impliqués dans des violences envers des Palestiniens.

Le contenu des mesures annoncées

Parmi les douze signataires, trois pays se distinguent par des engagements plus fermes : la France, le Royaume-Uni et le Canada ont indiqué vouloir mettre en place des dispositifs nationaux interdisant l'entrée sur leur territoire de biens issus de ces localités. Cette orientation prolonge une dynamique déjà amorcée par l'Irlande, l'Espagne, les Pays-Bas, la Norvège et la Belgique. Les modalités précises et le calendrier restent toutefois à définir pays par pays, chaque État devant fixer ses propres procédures d'application. Le ministre français Jean-Noël Barrot a justifié la position de Paris en décrivant une situation qu'il juge explosive sur le terrain, dénonçant ce qu'il a qualifié d'expansion non maîtrisée en contradiction avec le droit international, ainsi qu'une multiplication d'actes violents attribués à des résidents extrémistes contre des Palestiniens. Il a cependant tenu à rappeler que les attaques du 7 octobre demeurent, selon ses mots, une blessure profonde qui ne saurait être minimisée.

La riposte israélienne vise Londres en priorité

Israël n'a pas tardé à réagir, concentrant ses représailles sur le Royaume-Uni, perçu comme l'instigateur de cette coalition. L'État hébreu a accordé un délai de trente jours à Londres pour fermer son consulat sur le territoire israélien. Les autorités israéliennes ont également exigé la cessation des activités des responsables britanniques présents au centre international de soutien à Gaza situé à Kiryat Gat, piloté par les États-Unis, et mis un terme à la mission britannique chargée de former les policiers de l'Autorité palestinienne à Ramallah. Selon l'ancien responsable américain Elliott Abrams, cette sévérité s'explique par le rôle moteur qu'aurait joué le Royaume-Uni pour entraîner les autres capitales dans cette démarche.

Un soutien venu de pays arabes et musulmans

Fait notable, huit pays à majorité musulmane, parmi lesquels le Qatar, la Turquie, l'Égypte, l'Indonésie, la Jordanie, le Pakistan, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont publié une déclaration commune saluant la décision britannique de restreindre l'importation de biens provenant, selon leurs termes, des « colonies israéliennes illégales dans le Territoire palestinien occupé ». Ils ont exprimé l'espoir que cette mesure encourage d'autres États à agir dans le même sens et appelé Israël à revenir sur l'ensemble des dispositions liées à l'activité d'implantation. Le texte réaffirme par ailleurs leur soutien à une solution à deux États et appelle à l'application intégrale du plan en vingt points porté par le président américain Donald Trump. La présence des Émirats arabes unis aux côtés de partenaires historiquement plus critiques d'Israël illustre la difficulté croissante, pour certains alliés du Golfe, à concilier leurs liens bilatéraux avec Jérusalem et la sensibilité de leurs opinions publiques sur ce dossier.

Vers une fragmentation durable des positions internationales

Cette séquence traduit un écart grandissant entre les positions occidentales sur la question des implantations, certains pays choisissant désormais l'action commerciale plutôt que la seule condamnation diplomatique. Reste à savoir si d'autres États européens rejoindront ce mouvement, et comment Israël ajustera sa réponse si de nouvelles capitales venaient à annoncer des mesures similaires dans les prochaines semaines.

Questions fréquentes

Quels pays ont annoncé des restrictions commerciales le 8 septembre ?
Le Canada, la France, le Royaume-Uni, le Danemark, la Finlande, l'Islande, l'Irlande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, l'Espagne et la Suède.
Comment Israël a-t-il répondu au Royaume-Uni ?
Israël a donné trente jours à Londres pour fermer son consulat, a mis fin à la présence britannique dans un centre de soutien à Gaza et a stoppé une mission de formation policière à Ramallah.
Des pays musulmans ont-ils réagi à cette annonce ?
Oui, huit pays dont le Qatar, la Turquie, l'Égypte et les Émirats arabes unis ont salué la décision britannique et appelé à des mesures similaires.

Sources : Infos Israël News, IsraelValley

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