Iran, Liban, Gaza : le casse-tête à trois fronts du chef d'état-major Eyal Zamir

En septembre 2026, le chef d'état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, doit gérer simultanément un Iran affaibli mais toujours menaçant, un Hezbollah décimé sans processus de désarmement et une Gaza où Hamas reste sous surveillance. Selon le Jerusalem Post, ces succès militaires se heurtent partout aux mêmes limites politiques.

4 min de lecturePar la rédaction
Iran, Liban, Gaza : le casse-tête à trois fronts du chef d'état-major Eyal Zamir
Photo : Miguel Cuenca / Pexels

Depuis l'opération Rising Lion menée contre le programme nucléaire iranien en juin 2025 jusqu'à l'accord d'octobre 2025 ayant mis fin à la guerre de Gaza, Eyal Zamir s'est imposé comme l'un des chefs d'état-major les plus populaires de l'histoire récente de Tsahal. Mais selon le Jerusalem Post, l'année 2026 complique ce bilan : sur chacun des trois fronts que sont l'Iran, le Liban et Gaza, les gains militaires obtenus par l'armée se heurtent à l'absence de traduction politique durable.

Iran : un adversaire affaibli mais toujours dangereux

L'opération Roaring Lion, menée au début de 2026, est jugée par la plupart des observateurs israéliens et internationaux moins concluante que celle de 2025, même si elle a détruit une part importante du programme balistique iranien, causé selon les estimations entre 200 et 300 milliards de dollars de dégâts au complexe militaro-industriel du pays, et permis l'élimination du guide suprême Ali Khamenei, remplacé depuis par Mojtaba Khamenei. Sur le plan diplomatique en revanche, l'opération a détérioré l'image d'Israël dans le monde et affaibli le soutien de l'administration Trump, mécontente de la hausse des prix du gaz et de la crise dans le détroit d'Ormuz.

Selon des sources du renseignement israélien citées par le Jerusalem Post, l'avantage stratégique majeur d'Israël réside ailleurs : dans la course aux armements. Téhéran, exsangue financièrement et privé de ses capacités de production balistique, pourrait rester sous la barre des 2 000 missiles jusqu'à la fin 2026, contre 2 500 à 3 000 avant la guerre de juin 2025. La destruction des « mixeurs planétaires » iraniens, essentiels à la production de masse, et le blocus américain du détroit d'Ormuz auraient limité l'aide chinoise à la reconstruction du programme. Selon certaines estimations transmises au Jerusalem Post, la menace balistique existentielle aurait ainsi été retardée de deux à quatre ans, sans toutefois avoir disparu.

Hezbollah, un déséquilibre stratégique sans issue politique

Au Liban, l'arsenal du Hezbollah serait tombé à environ 10 000 roquettes et mortiers, contre 30 000 à 50 000 après la guerre de 2023-2024, et 150 000 avant celle-ci. Ce niveau serait désormais inférieur à celui du Hamas au 7 octobre 2023. Tsahal contrôle une zone de sécurité d'environ dix kilomètres de profondeur dans le sud du Liban, rendant selon l'armée toute invasion impossible dans l'immédiat.

Mais aucun processus de désarmement du Hezbollah n'est engagé, contrairement à ce qui pourrait exister à Gaza avec le Hamas. L'armée libanaise, encore marquée par la guerre civile des années 1970, resterait réticente à tout affrontement direct avec le mouvement chiite. Le Jerusalem Post relève que les espoirs d'une pression diplomatique suffisante, portée par de bonnes relations entre les gouvernements libanais et israélien, pour obtenir un désarmement même partiel, apparaissent aujourd'hui illusoires aux yeux de Zamir et de l'état-major. Le risque, selon lui, est un enlisement prolongé au Liban comparable à la période 1982-2000.

Gaza et Judée et Samarie : la victoire militaire ne suffit pas

À Gaza, Tsahal affirme empêcher tout retour en force du Hamas, mais ne peut décider seule de l'entrée d'une force internationale de stabilisation ou d'un comité technocratique palestinien pour remplacer le mouvement islamiste. Une telle évolution ne dépendrait, selon le Jerusalem Post, que d'une pression de l'administration américaine sur le gouvernement Netanyahou. Zamir a averti que si la menace du Hamas n'est pas réduite par la voie diplomatique ou par une nouvelle opération, le groupe pourrait à terme se reconstituer.

Dans les territoires de Judée et Samarie, la situation combine deux problèmes distincts. D'un côté, le terrorisme palestinien aurait été réduit d'environ 80 % grâce à des opérations de répression, sans être éradiqué. De l'autre, plusieurs centaines d'extrémistes juifs violents échapperaient au contrôle de l'armée, de la police et du Shin Bet, multipliant les attaques contre des Palestiniens et des soldats. Des semaines d'affrontements autour du village de Kusra n'auraient donné lieu à quasiment aucune arrestation, la police étant jugée en net recul sous l'autorité du ministre Itamar Ben-Gvir. Zamir a annoncé le 27 août le renforcement des troupes déployées, avec l'appui des brigades Golani et des parachutistes, pour un dispositif plus de deux fois supérieur à celui d'avant le 7 octobre 2023. Il a averti le gouvernement que ce renfort resterait insuffisant sans un soutien politique clair, notamment de la part du Premier ministre Benyamin Netanyahou, pour contenir les provocations.

Quelles perspectives pour 2027 ?

Eyal Zamir doit également composer avec des tensions internes, notamment autour de l'enrôlement des haredim dans l'armée, un sujet qui l'a opposé en creux au ministre de la Défense Israël Katz. Une fuite en mars d'un discours prononcé devant le cabinet, dans lequel il évoquait « dix drapeaux rouges avant que Tsahal ne s'effondre sur elle-même », avait souligné l'urgence perçue par l'état-major. Selon le Jerusalem Post, Zamir a globalement rendu Israël plus sûr qu'entre 2023 et 2025, mais chacun des fronts qu'il gère reste ouvert, faute de décisions politiques à la hauteur des succès militaires obtenus sur le terrain.

Questions fréquentes

Combien de missiles balistiques reste-t-il à l'Iran selon Tsahal ?
Selon des estimations du renseignement israélien citées par le Jerusalem Post, l'Iran devrait rester sous la barre des 2 000 missiles à la fin 2026, contre 2 500 à 3 000 avant la guerre de juin 2025.
Le Hezbollah est-il encore capable d'envahir le nord d'Israël ?
Non, selon Tsahal, qui contrôle une zone de sécurité d'environ dix kilomètres au sud du Liban. Son arsenal serait cependant tombé à environ 10 000 roquettes, sans qu'aucun désarmement ne soit engagé.
Pourquoi l'armée renforce-t-elle ses effectifs en Judée et Samarie ?
Face à la multiplication des violences commises par des extrémistes juifs, notamment autour du village de Kusra, le chef d'état-major Eyal Zamir a doublé les forces déployées avant les fêtes de l'automne.

Sources : The Jerusalem Post

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