Sanctions britanniques contre les implantations de Judée et Samarie : Israël riposte avant Rosh Hashanah
Le Royaume-Uni et onze autres pays ont annoncé des restrictions commerciales visant les communautés israéliennes de Judée et Samarie, quelques jours avant Rosh Hashanah. Israël a répondu par la fermeture du consulat britannique à Jérusalem-Est et l'interdiction d'entrée à douze responsables politiques britanniques.

Le gouvernement britannique a annoncé l'interdiction d'importer des produits issus des localités israéliennes de Judée et Samarie considérées comme illégales par Londres au regard du droit international. Le ministre des Affaires étrangères Ed Miliband a présenté ces mesures, qui prévoient également des sanctions contre des entreprises et des personnes impliquées dans le financement, la construction, les infrastructures ou l'immobilier de ces territoires, ainsi que des restrictions sur la publicité et la commercialisation de biens immobiliers. Selon le Jerusalem Post, il a par ailleurs évoqué des accusations de « terrorisme de colons » et de « nettoyage ethnique », des propos vivement critiqués par le grand rabbin Ephraim Mirvis, qui a parlé d'un « jour sombre pour les juifs britanniques ».
Un front élargi à douze pays
Selon JNS, le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l'Islande, l'Irlande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, l'Espagne et la Suède se sont associés à l'initiative britannique. L'Espagne applique déjà un boycott depuis janvier, tandis que les restrictions néerlandaises doivent entrer en vigueur le 22 septembre. Selon un responsable du ministère israélien de l'Économie cité par JNS, Londres ne devrait mettre en œuvre concrètement ses mesures que dans un délai de six à neuf mois.
La riposte diplomatique d'Israël
La réaction israélienne a été immédiate. Israël a annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem-Est et interdit l'entrée du territoire à douze responsables politiques et militants britanniques, parmi lesquels Jeremy Corbyn, Diane Abbott, John McDonnell, Zarah Sultana et l'ensemble des députés du Parti vert. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich avait réclamé l'expulsion de l'ambassadeur britannique, tandis que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a suggéré, selon le Jerusalem Post, que l'État reconnaisse la souveraineté argentine sur les îles Malouines et sanctionne à son tour le Royaume-Uni jusqu'à la fin de son propre « occupation ». Le président Isaac Herzog a de son côté qualifié cette annonce d'ingérence dans le processus démocratique israélien, l'élection étant prévue dans les semaines suivantes.
Un impact économique jugé limité mais un effet dissuasif redouté
Selon Roey Fisher, responsable de l'administration du Commerce extérieur au ministère de l'Économie, cité par JNS, les exportations israéliennes de biens et services représentent environ 159 milliards de dollars, dont près de 250 millions issus de Judée, Samarie, Jérusalem-Est et du plateau du Golan réunis. Le risque principal ne serait pas la perte directe de ventes vers le Royaume-Uni, mais un « effet dissuasif » sur les importateurs étrangers, incertains de l'origine exacte des produits. Le secteur des dattes serait particulièrement exposé, Israël étant, selon Fisher, l'un des principaux acteurs de ce marché à l'échelle mondiale. Le ministère propose une aide spécifique aux exportateurs concernés, avec des subventions pouvant atteindre 200 000 shekels (66 000 dollars), et explore des marchés alternatifs en Inde, aux Émirats arabes unis, au Chili et en Argentine.
Des précédents qui nourrissent le débat sur l'efficacité des boycotts
Dans une tribune publiée par le Jerusalem Post, Yigal Dilmoni, ancien directeur du Conseil Yesha, estime que deux décennies de campagnes de boycott n'ont pas modifié la politique israélienne. Il cite le retrait par Airbnb, en 2018, d'environ 200 annonces situées en Judée et Samarie, revenu sur sa décision moins de six mois plus tard, ainsi que l'affaire Ben & Jerry's, dont la maison mère Unilever a finalement cédé son activité israélienne à son licencié local en 2021, permettant la poursuite de la vente des produits sur l'ensemble du territoire. Selon lui, ces campagnes auraient au contraire suscité une réaction inverse aux États-Unis, où trente-sept États ont adopté des lois contre le mouvement BDS et où la Chambre des représentants a voté, le 3 septembre, le Protect Economic and Academic Freedom Act par 237 voix contre 169, un texte qui doit encore être approuvé par le Sénat.
Cette dynamique s'illustre également en Floride, selon IsraelValley : le représentant Randy Fine a averti les entreprises britanniques qu'elles pourraient être exclues des marchés publics de l'État si le Royaume-Uni appliquait ses sanctions, la législation floridienne interdisant déjà tout contrat public avec des entités participant au mouvement BDS. Des critiques similaires auraient visé la France et le Canada, et plusieurs universités européennes, notamment en Belgique et aux Pays-Bas, figureraient désormais sur une liste noire de l'État.
La mise en œuvre effective des mesures britanniques, attendue dans plusieurs mois, et la tenue prochaine des élections israéliennes devraient déterminer si cette crise diplomatique reste limitée à un échange de sanctions symboliques ou si elle se traduit par des conséquences économiques et politiques plus durables.
Questions fréquentes
- Quelles mesures le Royaume-Uni a-t-il annoncées ?
- Londres interdit l'importation de produits issus des communautés israéliennes de Judée et Samarie jugées illégales, sanctionne des entreprises et individus liés au financement, à la construction ou à l'immobilier dans ces territoires, et restreint la publicité de biens immobiliers qui s'y trouvent.
- Comment Israël a-t-il réagi ?
- Israël a fermé le consulat britannique à Jérusalem-Est et interdit l'entrée du pays à douze responsables politiques et militants britanniques, dont Jeremy Corbyn et Diane Abbott.
- Ces sanctions auront-elles un impact économique important ?
- Selon le ministère israélien de l'Économie, l'impact direct serait limité, les exportations concernées représentant environ 250 millions de dollars sur 159 milliards, mais un effet dissuasif sur les importateurs étrangers est redouté, notamment pour le secteur des dattes.
Sources : The Jerusalem Post, The Jerusalem Post, JNS, IsraelValley




