À l'ONU, Israël dit regagner du respect malgré un climat encore hostile
L'ambassadeur d'Israël aux Nations unies, Danny Danon, affirme que la position diplomatique de son pays s'améliore progressivement, deux ans après un retour marqué par une hostilité inédite au lendemain du 7 octobre. Dans un entretien accordé au Jerusalem Post à l'approche de l'Assemblée générale, il détaille les évolutions observées en coulisses, notamment en Amérique latine, ainsi que les dossiers qui restent bloqués, comme celui de la FINUL.

Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, entame sa deuxième présence au siège onusien de New York dans un contexte qu'il avait d'abord jugé « bien plus hostile » que lors de son premier mandat, entre 2015 et 2020. Selon lui, l'atmosphère qui prévalait après le 7 octobre 2024, marquée par l'isolement diplomatique et la réticence de certains ambassadeurs à être vus publiquement avec lui, tend aujourd'hui à s'apaiser.
Un climat qui évolue en coulisses plus qu'en public
Danon insiste sur le fait que le changement se joue moins dans les votes officiels que dans les échanges informels. Après les opérations israéliennes contre le Hezbollah et l'Iran, plusieurs diplomates, y compris de pays musulmans, auraient exprimé une admiration discrète pour les capacités militaires israéliennes, tout en maintenant une position publique hostile. L'ambassadeur reconnaît lui-même l'écart entre ces éloges privés et les votes qui continuent, pour beaucoup, de se faire contre Israël à l'ONU.
Pour Danon, cette estime, même informelle, se traduit par des résultats concrets : coopération en matière de renseignement, échanges commerciaux et intérêt croissant pour la technologie de défense israélienne. Il évoque notamment l'attention portée par les attachés militaires en poste à New York aux opérations menées contre le Hezbollah et l'Iran, qu'il présente comme un facteur de reconquête de la dissuasion.
Des soutiens qui varient au gré des alternances politiques
L'Amérique latine constitue, selon Danon, le principal foyer d'amélioration. Alors qu'il citait en 2024 le Venezuela et la Colombie parmi les voix hostiles à Israël dans la région, il affirme avoir tenu récemment une rencontre productive avec l'ambassadeur vénézuélien, décrivant désormais Caracas comme un « allié ». Le cas colombien, pays qui siège au Conseil de sécurité, est jugé potentiellement plus déterminant : Israël attend l'arrivée d'un nouvel ambassadeur colombien pour mesurer l'ampleur du changement par rapport au gouvernement précédent.
Danon souligne que les positions à l'ONU dépendent avant tout des gouvernements en place : la Slovénie et la Colombie se seraient rapprochées d'Israël après des élections, tandis que le Royaume-Uni, à l'inverse, s'en est éloigné, illustré cette semaine par un boycott de produits issus des implantations et des accusations de « nettoyage ethnique » formulées par Londres. Le Canada et l'Australie restent qualifiés de « problématiques ». Les relations avec les Émirats arabes unis et Bahreïn, issues des accords d'Abraham, sont en revanche jugées plus solides, la coopération ayant atteint, selon lui, un niveau inédit pendant la guerre. Il se montre en revanche pessimiste sur une adhésion prochaine de l'Arabie saoudite aux accords, estimant que l'attaque du 7 octobre a retardé cette perspective.
La FINUL et le départ attendu de Guterres
Autre changement notable : la position israélienne sur la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Alors qu'en 2024 Israël souhaitait un renforcement de son mandat plutôt qu'un retrait, Danon affirme désormais que la force doit se retirer, et que Jérusalem s'opposera à toute tentative de la remplacer par un dispositif international similaire sous un autre nom. Il anticipe des pressions dans les semaines à venir, notamment de la France, pour prolonger ou transformer ce mécanisme, le Liban ayant déjà demandé une extension. Israël privilégie une coordination directe avec l'armée libanaise, sur le modèle de ses arrangements avec l'Égypte et la Jordanie.
Danon attend également avec impatience la fin du mandat du secrétaire général de l'ONU, António Guterres, prévue en fin d'année. Il lui reproche notamment de ne pas s'être rendu en Israël après le 7 octobre, une absence qu'il juge incompréhensible, alors même que les deux hommes entretenaient auparavant une relation cordiale. En octobre 2024, l'ancien ministre des Affaires étrangères Israël Katz avait déclaré Guterres persona non grata, une mesure que Danon qualifie de simple « déclaration » sans portée juridique contraignante.
L'Assemblée générale sous tension à New York
La visite du premier ministre Benjamin Netanyahou à l'Assemblée générale, prévue juste après Kippour, sera brève, sans rencontre bilatérale avec le président américain Donald Trump. Danon s'attend à davantage de manifestations que les années précédentes, dans un climat qu'il attribue en partie aux prises de position du maire de New York, Zohran Mamdani, qui avait évoqué la possibilité d'arrêter Netanyahou. Le président iranien Massoud Pezeshkian, également attendu à l'Assemblée générale, n'a pas suscité de réaction comparable de la part de l'édile new-yorkais.
Interrogé sur son avenir politique, Danon, qui avait déjà brigué la direction du Likoud en 2007 et 2014, indique ne pas avoir renoncé à ses ambitions, tout en présentant son mandat onusien comme une expérience précieuse pour la suite. La tenue de l'Assemblée générale, quelques semaines avant des élections en Israël, s'annonce comme un test pour vérifier si les évolutions décrites par l'ambassadeur se traduisent, ou non, par un changement tangible du rapport de forces diplomatique.
Questions fréquentes
- Qui est Danny Danon ?
- Danny Danon est l'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, en poste pour un second mandat depuis 2024, après une première période entre 2015 et 2020.
- Pourquoi Israël s'oppose-t-il au maintien de la FINUL ?
- Selon Danon, la force n'a pas empêché la présence du Hezbollah dans le sud du Liban et Israël préfère désormais une coordination directe avec l'armée libanaise plutôt qu'une prolongation du mandat de la FINUL.
- Pourquoi Israël attend-il le départ d'António Guterres ?
- Danon reproche au secrétaire général sortant de ne pas s'être rendu en Israël après le 7 octobre et d'avoir, selon lui, cédé aux pressions anti-israéliennes de l'organisation.
Sources : The Jerusalem Post



