Rosh Hashanah 5787 : vœux diplomatiques et inquiétudes face à l'antisémitisme
Les communautés juives du monde entier entrent dans l'année 5787 à l'occasion de Rosh Hashanah, entre shofar, pommes et miel. Cette année, les messages officiels de responsables américains et israéliens insistent particulièrement sur la lutte contre l'antisémitisme, dans un climat jugé plus tendu qu'à l'accoutumée.

Rosh Hashanah, premier jour des Grandes Fêtes juives qui s'achèvent avec Yom Kippour, a débuté vendredi soir. Selon la tradition, les fidèles se réunissent en synagogue pour entendre le son du shofar, tandis que les familles partagent pommes et miel en espérant une année douce. Cette année 5787 s'ouvre toutefois sur fond de tensions persistantes autour de l'antisémitisme, un thème repris dans plusieurs messages officiels adressés aux communautés juives.
Rosh Hashanah, une fête marquée par le contexte sécuritaire
À Jérusalem comme dans la diaspora, la célébration de Rosh Hashanah intervient dans un climat que plusieurs commentateurs jugent difficile. Le chroniqueur Gil Hoffman, dans une tribune du Jerusalem Post, évoque un acronyme populaire pour désigner l'année 5787 : « tihye shana pachot zvautit », soit littéralement « que l'année à venir soit un peu moins terrible ». Il y voit le signe d'attentes volontairement modestes après plusieurs années difficiles pour Israël.
Parmi les motifs d'inquiétude cités, Hoffman mentionne des sanctions annoncées par le Royaume-Uni contre Israël cette semaine, ainsi que des sondages Harvard/Harris qui montrent, selon lui, une érosion du soutien à Israël chez les jeunes Américains : en août 2026, 54 % des 18-24 ans se disaient plus proches du Hamas que d'Israël, et seuls 51 % reconnaissaient le droit d'Israël à exister comme foyer national du peuple juif.
Les vœux officiels se multiplient à travers le monde
À Washington, la Maison-Blanche a diffusé un message présidentiel au nom de Donald Trump et de la Première dame Melania Trump. Le texte évoque « l'anniversaire de la création d'Adam et Ève » et réaffirme, selon les termes du président, « l'engagement de notre administration à éliminer le fléau de l'antisémitisme » et à défendre la liberté religieuse. Le message se conclut par le souhait traditionnel d'être « inscrit dans le Livre de la vie ».
À New York, le maire Zohran Mamdani a publié sur les réseaux sociaux un message souhaitant à « tous les New-Yorkais juifs » un Rosh Hashanah « doux, joyeux et plein de sens », accompagné d'une vidéo le montrant en compagnie d'une dizaine d'enfants juifs réunis à l'Hôtel de Ville autour de pommes et de miel. Il y ajoute des vœux personnels, entre allusion à l'équipe de basket des Knicks et espoir que « chaque New-Yorkais aime vivre dans notre ville ».
Deux lectures différentes de la lutte contre l'antisémitisme à New York
Le ton adopté par Julie Menin, première présidente juive du conseil municipal de New York, tranche avec celui de Mamdani. Dans une vidéo diffusée peu après la commémoration des vingt-cinq ans du 11-Septembre, elle affirme que Rosh Hashanah « exige de l'action » et rappelle qu'elle a lancé, dès janvier, un plan en cinq points contre la haine antijuive, incluant une ligne dédiée au signalement d'incidents et un financement renforcé de l'éducation sur la Shoah. En juillet, elle a alloué 750 000 dollars supplémentaires à l'unité chargée des crimes de haine du parquet de Brooklyn, quelques jours après l'agression au couteau d'un homme juif portant une kippa devant sa synagogue.
Menin a par ailleurs critiqué à plusieurs reprises Zohran Mamdani, qui a révoqué dès son premier jour de mandat des mesures de protection adoptées par son prédécesseur, dont l'adoption de la définition de l'antisémitisme retenue par l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste. Le maire avait également renoncé à participer au défilé annuel en soutien à Israël en mai, et opposé son veto à un texte visant à protéger les abords des écoles religieuses.
Ce que l'année 5787 pourrait apporter à Israël
Au-delà des messages diplomatiques, la tribune de Gil Hoffman formule plusieurs souhaits pour l'année à venir en Israël : une meilleure image du pays à l'étranger, un travail de communication renforcé auprès des jeunes générations américaines, davantage d'unité politique à l'approche d'élections, et l'élargissement des accords d'Abraham à de nouveaux pays. Il évoque aussi le retour espéré des touristes et des médecins israéliens partis exercer à l'étranger, une étude de l'Université de Tel-Aviv ayant recensé 1 370 praticiens ayant quitté le pays pendant au moins douze mois entre 2023 et 2025.
La disparition récente de la chimiste Ada Yonath, prix Nobel 2009, est également citée comme un rappel que le dernier lauréat israélien résidant dans le pays, Dan Shechtman, a reçu sa distinction il y a quinze ans. Ces vœux, formulés sur le ton de l'humour et de la lucidité, traduisent une volonté de concilier réalisme et espoir à l'entrée dans la nouvelle année.
À mesure que les Grandes Fêtes se poursuivront jusqu'à Yom Kippour, les communautés juives resteront attentives à l'évolution du climat sécuritaire, tant en Israël qu'aux États-Unis, où les prochaines semaines devraient confirmer si les engagements pris par les responsables politiques se traduisent par des mesures concrètes.
Questions fréquentes
- Quand a débuté Rosh Hashanah 5787 ?
- La fête a débuté vendredi soir, marquant le premier des jours redoutables qui précèdent Yom Kippour dans le calendrier juif.
- Pourquoi les messages de Zohran Mamdani ont-ils suscité des réactions contrastées ?
- Parce qu'il a par ailleurs révoqué des mesures de protection des Juifs new-yorkais adoptées par son prédécesseur et opposé son veto à un texte protégeant les abords des écoles religieuses, ce qui a suscité les critiques de la présidente du conseil municipal Julie Menin.
- Quels signes d'inquiétude sont évoqués pour Israël en 5787 ?
- Des sondages montrant un recul du soutien à Israël chez les jeunes Américains, des sanctions britanniques récentes et le départ de nombreux médecins israéliens à l'étranger sont cités parmi les motifs de préoccupation.
Sources : The Jerusalem Post, JNS, The Jerusalem Post, The Jerusalem Post





