Roch Hachana 2026 : la sécurité des communautés juives sous tension, de New York à Phuket
À l'approche de Roch Hachana 2026, la question de la sécurité des communautés juives s'impose de New York à la Thaïlande. Le consul général d'Israël à New York, Ofir Akunis, a durci le ton contre le maire Zohran Mamdani, tandis que la Maison Habad de Phuket a annulé son dîner de fête après une alerte des services de sécurité israéliens. Ces deux épisodes distincts illustrent les inquiétudes qui entourent cette année les Grandes Fêtes pour les Juifs d'Israël et de la diaspora.

À New York comme en Thaïlande, la période qui précède Roch Hachana a été marquée par des signaux d'alerte plutôt que par la seule préparation des offices et des repas de fête. D'un côté, un différend diplomatique s'est envenimé entre la représentation israélienne à New York et l'administration municipale. De l'autre, une communauté Habad isolée en Asie du Sud-Est a dû renoncer à un dîner de fête sur recommandation des autorités de sécurité israéliennes.
Tensions diplomatiques à New York en pleine période des fêtes
Dans un entretien accordé à la Jewish Telegraphic Agency avant Roch Hachana, le consul général d'Israël à New York, Ofir Akunis, a comparé le soutien du maire Zohran Mamdani au mouvement de boycott d'Israël à des méthodes utilisées par l'Allemagne nazie, le qualifiant d'« antisémite » et lui imputant une responsabilité directe dans des agressions visant des Juifs et des institutions juives new-yorkaises. Ces propos font suite à la décision de Mamdani, dès son premier jour de mandat, d'annuler un décret pris par son prédécesseur Eric Adams contre le mouvement BDS. Interrogé sur la portée de sa comparaison, Akunis a précisé ne pas vouloir assimiler l'Holocauste au climat actuel, mais souligner selon lui des « similitudes rhétoriques », citant le fait que Mamdani a qualifié l'AIPAC de « monstres ».
Un dîner annulé à Phuket face au risque d'affrontement
À des milliers de kilomètres de là, la Maison Habad de Phuket, en Thaïlande, a annoncé l'annulation de son dîner de Roch Hachana prévu un vendredi soir, à la demande de responsables de la sécurité israélienne. Selon les organisateurs, cette décision découlerait de craintes que des groupes pro-palestiniens ne tentent une confrontation avec des Israéliens sur place. Le message adressé aux invités les mettait en garde : « Les manifestants pourraient devenir violents, et cela pourrait être dangereux. » Les autres offices et repas de fête prévus à partir du lendemain devaient, eux, se dérouler normalement.
Une hausse des actes antisémites qui alimente les inquiétudes
À New York, Akunis s'appuie notamment sur une progression de 8,5 % des crimes de haine visant les Juifs par rapport à l'année précédente pour justifier la sévérité de ses attaques contre le maire. Il a notamment réaffirmé que Mamdani portait une responsabilité « directe » dans l'agression survenue le mois dernier à la Central Synagogue, où un homme a frappé un fidèle et donné un coup de tête à un agent de sécurité, malgré les nombreuses publications hostiles à Mamdani retrouvées sur les réseaux sociaux de l'assaillant. Selon Akunis, « l'atmosphère est négative » et Mamdani continue de « diffuser des mensonges sur l'État d'Israël et nos soldats ».
Des réactions partagées au sein de la communauté juive
La stratégie du consul général ne fait pas l'unanimité. Margo Hughes-Robinson, directrice de l'organisation progressiste New York Jewish Agenda, juge la comparaison avec le Troisième Reich « improductive » et « offensante pour la mémoire de la Shoah et ses survivants », estimant qu'elle brouille la perception réelle du danger. À l'inverse, l'organisation de droite Zionist Organization of America, par la voix de son président Morton Klein, soutient la « ferme condamnation » d'Akunis et estime que le maire porte une part de responsabilité dans la hausse des agressions. Michael Miller, qui a dirigé pendant trente-cinq ans le Jewish Community Relations Council de New York, dit ne pas envier la position du consul général, confronté à un maire qui, selon lui, ne reconnaît pas la légitimité de l'État qu'Akunis représente.
Quelle sécurité pour les prochaines grandes fêtes ?
Ces deux épisodes, très différents dans leur nature, montrent que la sécurité des communautés juives lors des Grandes Fêtes ne se limite plus à la seule protection physique des synagogues. Elle s'étend désormais à la gestion des tensions politiques dans des villes comme New York et à l'anticipation de mobilisations pro-palestiniennes jusque dans des destinations touristiques éloignées comme la Thaïlande. Les autorités israéliennes, par la voix de leurs représentants diplomatiques et de leurs services de sécurité, semblent privilégier une posture de vigilance accrue plutôt que d'attente. La suite dépendra en partie du climat politique à New York à l'approche des élections israéliennes du 27 octobre, ainsi que de l'évolution des mobilisations pro-palestiniennes dans les mois à venir.
Questions fréquentes
- Pourquoi le dîner de Roch Hachana de la Maison Habad de Phuket a-t-il été annulé ?
- Selon les organisateurs, l'annulation fait suite à une demande des services de sécurité israéliens, qui craignaient une tentative de confrontation de groupes pro-palestiniens avec des Israéliens présents sur place.
- Que reproche le consul général d'Israël à New York au maire Zohran Mamdani ?
- Ofir Akunis accuse Mamdani de soutenir le mouvement de boycott d'Israël et d'avoir tenu des propos qu'il juge antisémites, et lui impute une part de responsabilité dans la hausse des actes hostiles aux Juifs à New York.
- Les actes antisémites ont-ils augmenté à New York avant Roch Hachana ?
- Selon les chiffres cités par le consul général Ofir Akunis, les crimes de haine visant les Juifs à New York ont progressé de 8,5 % par rapport à l'année précédente.
Sources : JTA, Arutz Sheva




