Rosh Hashanah 5787 : la communauté juive mondiale entre recueillement et unité retrouvée
Rosh Hashanah 5787 débute au coucher du soleil le vendredi 11 septembre 2026, dix jours avant Yom Kippour. Cette année marque la première fête depuis le 7 octobre 2023 où tous les otages, vivants ou décédés, ont été rendus de Gaza. Entre célébrations communautaires et messages d'unité, la communauté juive mondiale entame l'année 5787 avec un mélange d'espoir et de vigilance.

Rosh Hashanah, le Nouvel An juif, s'ouvre cette année le vendredi 11 septembre au soir pour deux jours de célébration, avant les dix jours de pénitence qui mènent à Yom Kippour, dont l'office de Kol Nidre débute le 20 septembre au soir pour s'achever au coucher du soleil le 21 septembre. Pour les communautés juives du monde entier, cette période conjugue liturgie traditionnelle, repas festifs et, cette année plus que d'autres, un sentiment de clôture après deux ans marqués par la guerre déclenchée le 7 octobre 2023.
Un contexte marqué par le retour des otages
Selon William Daroff, président de la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, cette Rosh Hashanah est "différente" des deux précédentes : pour la première fois depuis le 7 octobre 2023, tous les otages, vivants comme décédés, ont été rendus de Gaza. Il rappelle toutefois que ce dénouement "ne restaure pas ce qui a été perdu", évoquant le sort de Hersh Goldberg-Polin, retenu 328 jours en captivité avant d'être tué par le Hamas avec cinq autres otages. Sa mère, Rachel Goldberg-Polin, décrit dans ses mémoires des journées où elle s'effondre, et d'autres où apparaît "un murmure de soleil".
Des célébrations à l'échelle des communautés locales
À New York, ville qui compte près d'un million de Juifs selon la Jewish Telegraphic Agency, l'offre de célébrations pour Rosh Hashanah et Yom Kippour est particulièrement dense cette année. Synagogues traditionnelles, services adaptés aux familles avec garde d'enfants, offices musicaux mêlant jazz ou gospel, tashlich organisé au bord de l'eau ou visite historique du quartier du Lower East Side : la diversité des formats illustre la vitalité des communautés locales, entre traditions ashkénazes, offices égalitaires et initiatives Habad destinées aux publics non affiliés.
Le message d'unité du président Herzog
Dans son message annuel diffusé depuis la résidence présidentielle à Jérusalem, le président israélien Isaac Herzog a appelé les Juifs du monde entier à entrer dans la nouvelle année avec fierté, engagement et respect mutuel. Il a décrit le son du chofar comme portant à la fois la douleur des Israéliens tués en défendant l'État juif, des victimes du terrorisme et des Juifs visés par l'antisémitisme à travers le monde, mais aussi un message de fierté juive. Herzog a également relié ce message à l'actualité politique intérieure, évoquant les élections prévues le mois suivant en Israël, et cité le rabbin Jonathan Sacks pour rappeler que le chofar "nous rappelle notre destination ultime, en nous disant combien de chemin il nous reste à parcourir".
Un réveil identitaire à consolider
Daroff s'appuie sur les données des Jewish Federations of North America, qui ont documenté ce qu'elles appellent le "Surge" : en 2024, 43 % des Juifs américains interrogés déclaraient s'engager davantage ou chercher à s'engager davantage dans la vie juive ; un an plus tard, cette proportion restait de 31 %. Ce mouvement, selon lui, traduit une réponse à l'antisémitisme et à l'hostilité rencontrées après le 7 octobre, mais aussi un retour vers la communauté, l'apprentissage et l'appartenance. Il évoque à ce titre le J50 Forum, réunissant au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem des responsables des cinquante plus grandes communautés juives du monde, comme signe d'une conscience partagée d'appartenir à un même peuple malgré les divergences politiques et religieuses.
Entre recueillement spirituel et absurdité assumée
Dans une tribune plus philosophique, le rabbin Nathan Lopes Cardozo invite à aborder Rosh Hashanah avec humour autant qu'avec gravité, rappelant que la fête confronte chacun à l'impossibilité de véritablement cerner le divin qu'elle célèbre. Il y voit une invitation à retrouver, l'espace de la fête, une forme d'innocence enfantine face au mystère, le chofar exprimant ce que les mots ne parviennent pas à dire.
À l'approche de Yom Kippour, la question posée par Daroff demeure ouverte : comment transformer ce sursaut identitaire observé depuis 2023 en engagement durable, une fois la crise immédiate retombée. Les communautés du monde entier devront, selon lui, continuer à créer des "portes d'entrée" pour ceux qui reviennent, ou découvrent, la vie juive.
Questions fréquentes
- Quand commence Rosh Hashanah 5787 ?
- La fête débute au coucher du soleil le vendredi 11 septembre 2026 et dure deux jours, précédant de dix jours Yom Kippour, dont l'office de Kol Nidre a lieu le 20 septembre au soir.
- Pourquoi cette Rosh Hashanah est-elle décrite comme différente ?
- Selon William Daroff, c'est la première fois depuis le 7 octobre 2023 que tous les otages, vivants ou décédés, ont été rendus de Gaza, ce qui referme une chapitre douloureux sans effacer les pertes subies.
- Que signifie le 'Surge' évoqué par les Jewish Federations of North America ?
- Il désigne un regain d'engagement dans la vie juive observé après le 7 octobre : 43 % des Juifs américains sondés en 2024 déclaraient s'engager davantage, une proportion restée à 31 % un an plus tard.
Sources : The Jerusalem Post, JTA, The Jerusalem Post, JNS





