Iran-États-Unis : contacts discrets à l'ONU, méfiance intacte à Jérusalem

En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, l'Iran et les États-Unis ont renoué un canal de communication indirect sur le dossier nucléaire, tandis que Donald Trump envisage une rencontre avec la délégation iranienne. Des experts israéliens y voient surtout une manœuvre de Téhéran pour gagner du temps face à la pression militaire et économique américaine.

3 min de lecturePar la rédaction
Iran-États-Unis : contacts discrets à l'ONU, méfiance intacte à Jérusalem
Photo : Illustration générée par IA

Pour la première fois depuis l'échec du protocole d'accord en juillet, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont communiqué par l'intermédiaire de médiateurs, en marge de la 81e Assemblée générale de l'ONU à New York. Ce contact a été présenté comme un possible signe d'ouverture de Téhéran vers des négociations destinées à mettre fin au conflit et à rouvrir le détroit d'Ormuz. Donald Trump a par ailleurs confié à son entourage vouloir rencontrer la délégation iranienne « si les conditions sont réunies », selon une source proche de la Maison-Blanche citée par CNN, sans qu'aucune réunion formelle ne soit à ce jour programmée.

Les faits sur les négociations nucléaires

Un haut responsable iranien a indiqué à Reuters que Téhéran était disposé à rouvrir le détroit d'Ormuz à condition que Washington s'engage publiquement à résoudre le conflit par la voie diplomatique. Le lendemain de cette déclaration, le centre britannique de surveillance maritime UKMTO a signalé qu'un cargo avait été frappé, faisant deux blessés. Hassan Qashqavi, porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien, a confirmé mardi que le régime n'entendait pas renoncer à ses tentatives de contrôle du détroit. Le Parlement a adopté des dispositions autorisant les autorités à saisir 20 % de la cargaison ou de sa valeur pour tout navire enfreignant les règles de passage fixées par l'Iran.

Les réactions à Jérusalem et à Washington

Pour Beni Sabti, spécialiste de l'Iran à l'INSS interrogé par le Jerusalem Post, ces échanges ne constituent qu'une « demi-vérité ». Il estime que les diplomates rencontrés à New York « ne sont pas les personnes pertinentes » puisque le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) contrôle réellement le régime. « Ils parlent, et ils attaquent, c'est la méthode iranienne, la méthode des organisations terroristes », a-t-il déclaré, comparant l'attitude de Téhéran à celle du Hamas pendant la guerre. Le porte-parole du CGRI, Hossein Mohebbi, a lui-même reconnu auprès de l'AFP que les négociations faisaient partie de la stratégie de guerre : « Si les intérêts du pays l'exigent, les négociations peuvent faire partie de la bataille pendant que nous restons prêts au combat. » Du côté américain, le secrétaire d'État Marco Rubio a répété qu'« un Iran doté de l'arme nucléaire ne sera jamais autorisé », évoquant le risque d'une « Corée du Nord au Moyen-Orient » qui serait « un désastre pour le monde ». L'ambassadeur américain à l'ONU, Mike Waltz, a lui aussi souligné l'incertitude sur l'identité réelle des interlocuteurs de Téhéran : « Qui parle au nom de l'ayatollah ? C'est un problème récurrent. »

Ce que la suite pourrait changer

Selon Beni Sabti, la stratégie iranienne de blocage du détroit d'Ormuz s'essouffle, alors que l'Arabie saoudite relance son oléoduc Est-Ouest, susceptible de remettre jusqu'à 7 millions de barils par jour sur le marché mondial, et que la lassitude grandit face aux Houthis. L'économie iranienne, fragilisée par des sanctions renforcées depuis l'opération américaine dite « Economic Outcast », pousserait selon lui les responsables du CGRI à espérer un geste de bonne volonté occidental, sans intention réelle de le concrétiser. Aucune rencontre entre Donald Trump et la délégation iranienne n'est confirmée à ce stade ; son éventuelle tenue, durant les derniers jours de l'Assemblée générale, dépendra de la capacité de Washington à identifier un interlocuteur réellement mandaté par le pouvoir iranien.

Questions fréquentes

Une rencontre entre Donald Trump et la délégation iranienne est-elle prévue ?
Non, aucune réunion formelle n'est programmée à ce jour, même si Trump a exprimé le souhait d'un tel entretien « si les conditions sont réunies ».
Pourquoi le détroit d'Ormuz est-il au cœur des tensions ?
L'Iran conditionne sa réouverture à un engagement diplomatique américain, tout en continuant, selon les sources, à cibler des navires et à faire adopter des mesures de saisie par son Parlement.
Qui contrôle réellement la position iranienne selon les experts israéliens ?
L'expert Beni Sabti estime que le Corps des gardiens de la révolution (CGRI) reste le véritable centre de décision, au-delà des diplomates présents à New York.

Sources : The Jerusalem Post, Israel Hayom, The Jerusalem Post

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