En directIsraël : le Shin Bet enquête sur une possible ingérence du Qatar dans les élections

Élections en Israël : Knesset bloquée, marchés nerveux, appel à l'unité

Le scrutin du 27 octobre pour la 26e Knesset n'a dégagé aucune majorité claire. Les marchés financiers ont chuté mercredi face à l'incertitude, tandis que le président Isaac Herzog appelle les dirigeants politiques à envisager un gouvernement d'unité pour éviter de nouvelles élections.

3 min de lecture4 vuesPar la rédaction
Élections en Israël : Knesset bloquée, marchés nerveux, appel à l'unité
Photo : Illustration générée par IA

Le dépouillement des votes pour la 26e Knesset laisse le pays dans l'incertitude. Selon les estimations fondées sur les résultats partiels, le bloc de Benjamin Netanyahou se situerait entre 55 et 57 sièges, tandis que le bloc qui lui est opposé obtiendrait entre 47 et 50 sièges. Les sièges restants reviendraient aux partis arabes. Aucun camp n'atteint la majorité de 61 sièges nécessaire pour gouverner seul, et les résultats ne sont pas encore définitifs.

Une Knesset fragmentée après le vote

Les exit-polls publiés à la fermeture des bureaux de vote donnaient initialement une courte avance au bloc opposé à Netanyahou, sans toutefois lui assurer de majorité. Au fil de la nuit, le dépouillement a renversé la tendance en faveur du bloc du Premier ministre sortant. Cette bascule illustre l'ampleur de l'incertitude qui entoure encore la composition exacte de la prochaine Knesset.

À ce flou s'ajoute le sort de plusieurs petites listes restées sous le seuil d'éligibilité de 3,25 % des suffrages valides. Selon des données partielles relayées par Srugim, la liste de Yoaz Hendel et Yaron Zelekha a recueilli 75 219 voix et celle d'Ofer Winter, Amkha Israël, 47 115 voix. Trois autres listes, Tzeva Shahor, Hatzibur HaHaredi et Noam, totalisent ensemble moins de 20 000 voix. Au total, ces cinq listes représentent 140 613 voix qui ne se traduiront par aucun siège si ces chiffres se confirment, un phénomène que l'Institut israélien de la démocratie qualifie de « gaspillage des voix ». En 2022, ce gaspillage avait atteint un record de 417 400 voix, soit 8,8 % des suffrages valides. Les résultats officiels de ce scrutin sont attendus au plus tard le 4 novembre.

Les marchés sanctionnent l'incertitude politique

La Bourse de Tel-Aviv a vivement réagi à ce blocage. Après deux séances de hausse portées par l'espoir d'un changement de gouvernement, les indices TA-35 et TA-125 ont chuté respectivement de 2,85 % et 3,3 % mercredi. Le secteur de la construction a plongé d'environ 8 %, l'immobilier et les assurances de plus de 6 %, et les valeurs bancaires d'environ 4 %. Le shekel, qui était tombé à environ 3,02 NIS pour un dollar la veille du scrutin, est remonté à près de 3,10 NIS. Le rendement des obligations d'État à dix ans a progressé d'environ 0,06 point, à près de 4,1 %, signe d'une prudence accrue des investisseurs.

Selon des économistes de JPMorgan cités avant le vote, les résultats électoraux pouvaient entraîner une variation du shekel allant jusqu'à 3 %, en raison notamment de leur impact potentiel sur les relations internationales d'Israël et la perception du risque pays. Les investisseurs se concentrent désormais sur des questions concrètes : la formation d'un gouvernement stable, le choix du ministre des Finances, l'adoption d'un budget pour 2027, ainsi que l'évolution du déficit et des dépenses de défense.

Herzog appelle à un gouvernement d'unité

Le président Isaac Herzog a exhorté les dirigeants politiques à aborder les négociations de coalition « avec un esprit ouvert », avertissant qu'Israël doit tout faire pour éviter un nouveau tour d'élections. Il a indiqué attendre que tous les représentants reçus au cours des consultations à la présidence se présentent dans cet état d'esprit.

Cet appel s'inscrit dans une tradition présidentielle. En 2019, après les élections pour la 22e Knesset, le président Reuven Rivlin avait œuvré pour rapprocher Benjamin Netanyahou et Benny Gantz autour d'un gouvernement d'unité à structure paritaire. En 1984, Chaim Herzog, père de l'actuel président, avait lui aussi favorisé un rapprochement entre le Likoud et l'Alignement, aboutissant à un gouvernement d'union fondé sur un accord de rotation entre Shimon Peres et Yitzhak Shamir.

Les prochains jours seront consacrés aux consultations à la présidence, où chaque parti indiquera le nom qu'il recommande pour former le gouvernement. La finalisation des résultats, attendue le 4 novembre au plus tard, déterminera les marges de manœuvre réelles de chaque bloc avant l'ouverture formelle des négociations de coalition.

Questions fréquentes

Quand les résultats officiels des élections seront-ils connus ?
Le dépouillement se poursuit, notamment pour les doubles enveloppes. Les résultats officiels sont attendus au plus tard le 4 novembre.
Qu'est-ce que le « gaspillage des voix » en Israël ?
C'est le nom donné aux voix données à une liste qui n'atteint pas le seuil de 3,25 % des suffrages valides : elles ne se traduisent par aucun siège à la Knesset.
Pourquoi le shekel et la Bourse ont-ils chuté après le vote ?
Les investisseurs avaient parié sur un changement de gouvernement. Le blocage politique, sans majorité claire pour aucun bloc, a ravivé l'incertitude et fait reculer actions et devise.

Dossier Élections israéliennes 2026

Commentaires

    À lire aussi

    Knesset fracturée : le bloc Netanyahou résiste, Eisenkot talonne, l'Arabe progresse
    Les PRO

    Knesset fracturée : le bloc Netanyahou résiste, Eisenkot talonne, l'Arabe progresse