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26e Knesset sans majorité claire : Arabes et ultra-orthodoxes en position d'arbitres

Au lendemain du scrutin du 27 octobre pour la 26e Knesset, ni le bloc de Benjamin Netanyahou ni l'opposition menée par Gadi Eizenkot n'ont obtenu la majorité de 61 sièges. Les partis arabes, qui réalisent un score inédit, et les formations ultra-orthodoxes se retrouvent en position d'arbitres des tractations de coalition. Le dépouillement officiel est attendu le 4 novembre, alors qu'une enquête du Shin Bet sur d'éventuelles irrégularités complique le calendrier politique.

3 min de lecture5 vuesPar la rédaction
26e Knesset sans majorité claire : Arabes et ultra-orthodoxes en position d'arbitres
Photo : Illustration générée par IA

Selon les résultats provisoires, le bloc de Benjamin Netanyahou recule à 53 sièges, contre 68 dans la Knesset sortante. Le bloc d'opposition conduit par l'ancien chef d'état-major Gadi Eizenkot en totalise 48, réparti entre son parti Yashar (21 sièges), B'Yachad de Naftali Bennett (12) et les Démocrates (8). La Liste arabe unie obtient 11 sièges et Ra'am huit, soit 19 sièges cumulés, près du double de leur représentation précédente. Aucun camp ne dispose donc seul de la majorité nécessaire pour gouverner.

Une arithmétique sans majorité claire

Additionnée aux 48 sièges de l'opposition, la force des partis arabes porterait un éventuel attelage anti-Netanyahou à 67 sièges, un chiffre suffisant sur le papier. Mais Eizenkot, Bennett et Avigdor Liberman ont par le passé écarté toute dépendance aux voix arabes, tandis que le chef des Démocrates Yair Golan plaide pour cette coopération. Côté ultra-orthodoxe, United Torah Judaism (sept sièges) apparaît comme un partenaire possible pour l'opposition, alors que le président de Shas, Arye Deri, exclut catégoriquement de rejoindre un gouvernement Eizenkot sans le Likoud. Selon des sources proches des discussions citées par le Jerusalem Post, Deri estime avoir « payé le prix public » d'une alliance passée avec la gauche et ne souhaite pas renouveler l'expérience hors union nationale avec le Likoud.

Ultra-orthodoxes et partis arabes, arbitres malgré les réticences

L'addition de l'opposition et de UTJ ne produit que 48 sièges, loin des 61 requis. Avec Shas également, le total atteint 54, encore insuffisant. Une option de gouvernement minoritaire, appuyé de l'extérieur par Ra'am, porterait la coalition à 56 sièges ; un soutien de la Liste arabe unie, même par simple abstention lors du vote de confiance, permettrait théoriquement de franchir la barre, sur le modèle du gouvernement Bennett investi en 2021 par 60 voix contre 59. Le chef de Ra'am, Mansour Abbas, a démenti toute implication de son parti dans des malversations et dit accueillir favorablement une enquête. Du côté de la Liste arabe unie, la responsable Reem Hazzan affirme que sa formation est prête à soutenir un gouvernement alternatif sans nécessairement y entrer, à condition que les dirigeants de l'opposition assument ce choix. La loi sur la conscription des étudiants des yechivot reste le principal point de friction avec les partis ultra-orthodoxes, dont des sources évoquent un optimisme prudent quant à un compromis possible avec l'opposition.

Soupçons de fraude électorale, enquête du Shin Bet en cours

Le Likoud accuse des partis arabes d'avoir bénéficié de paiements occultes pour mobiliser des électeurs et met en cause un financement qatari, que Doha dément. Le président du Comité central des élections, le juge Noam Sohlberg, a chargé le Shin Bet d'enquêter sur ces soupçons d'ingérence étrangère et de corruption électorale, précisant que les allégations n'étaient pas encore vérifiées. La police a par ailleurs arrêté sept suspects dans le sud du pays en lien avec un présumé achat de voix. Selon des informations rapportées par la presse israélienne, le chef du Shin Bet, David Zini, se serait plaint auprès de Netanyahou que la conseillère juridique du gouvernement avait limité certains actes de son enquête, et aurait transmis au premier ministre des éléments sur des partis arabes avant d'en recevoir l'autorisation du juge Sohlberg. Le Shin Bet affirme que son investigation est née de renseignements collectés indépendamment de tout acteur politique et qu'elle n'implique pas les électeurs arabes en tant que communauté. Le directeur général par intérim du Comité des élections, Dean Livne, juge pour sa part qu'aucun élément ne permet d'établir des violations systémiques du scrutin.

Les principales conclusions de l'enquête du Shin Bet doivent être présentées au président de l'État et au juge Sohlberg en début de semaine prochaine, avant la certification officielle des résultats prévue le 4 novembre. Une fois ces résultats publiés, le président Isaac Herzog consultera les représentants des groupes parlementaires avant de charger un candidat de former un gouvernement, pour une période initiale de 28 jours renouvelable de 14 jours supplémentaires. Si cette tentative échoue, d'autres candidats pourront s'y essayer ; à défaut d'accord, de nouvelles élections seraient convoquées.

Questions fréquentes

Pourquoi les partis arabes et ultra-orthodoxes sont-ils devenus décisifs ?
Ni le bloc de Netanyahou (53 sièges) ni l'opposition d'Eizenkot (48 sièges) n'atteignent la majorité de 61 sièges, ce qui rend les 19 sièges arabes et les sièges ultra-orthodoxes indispensables à toute coalition.
Quand les résultats seront-ils officiellement certifiés ?
La certification officielle des résultats de la 26e Knesset est attendue le 4 novembre.
Quelles sont les prochaines étapes pour former un gouvernement ?
Le président Isaac Herzog consultera les partis puis chargera un candidat de former un gouvernement, avec un délai initial de 28 jours prolongeable de 14 jours ; en cas d'échec, de nouvelles élections pourraient être convoquées.

Dossier Élections israéliennes 2026

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