Trump affirme avoir conclu avec Netanyahou la fin de l'aide militaire américaine à Israël
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi avoir conclu, « il y a des mois », un accord avec Benjamin Netanyahou pour mettre fin d'ici la fin de l'année aux 4 milliards de dollars d'aide militaire annuelle versés à Israël. L'annonce a surpris Washington et Jérusalem, où le bureau du premier ministre n'a pas réagi publiquement.

Interrogé sur Fox News, Donald Trump a affirmé que lui et Benjamin Netanyahou s'étaient entendus pour mettre un terme à l'aide militaire américaine à Israël. « Nous avons conclu un accord il y a des mois, et nous arrêtons », a-t-il déclaré, ajoutant qu'Israël « est devenu un pays très prospère » qui « n'en a plus besoin ». Il a précisé que Jérusalem pourrait continuer à acheter du matériel américain et que Washington « aiderait Israël en cas de besoin ».
Ce que prévoit l'accord actuel
Le protocole d'entente en vigueur, signé sous l'administration Obama, garantit à Israël 38 milliards de dollars sur dix ans, jusqu'à l'exercice budgétaire 2028, soit environ 3,8 milliards de dollars par an, dont 500 millions pour la défense antimissile. Le reste sert principalement à l'achat d'équipements américains, notamment des avions F-35. Israël a par ailleurs reçu des rallonges budgétaires supplémentaires après la guerre de Gaza de 2021 et après les attaques du 7 octobre 2023. Une fin anticipée, dès cette année, interviendrait près de deux ans avant l'échéance prévue par cet accord.
Des réactions prudentes à Washington
L'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) a réaffirmé mardi son soutien au protocole existant tout en appuyant l'ouverture de négociations sur un nouveau cadre, estimant qu'un accord renouvelé « renforcerait encore le partenariat » entre les deux pays. Le Jewish Institute for National Security of America (JINSA) a dit ignorer l'existence d'un accord formel pour une fin de l'aide dès cette année. Son président, Michael Makovsky, a plaidé pour « un dernier protocole d'un montant équivalent » à l'actuel, estimant qu'une rupture brutale ne servirait « ni l'économie ni la sécurité » des deux pays, tout en se disant favorable à terme à un partenariat stratégique centré sur la coopération militaire, technologique et en matière de renseignement.
La Zionist Organization of America (ZOA) s'est dite « préoccupée ». Son président, Morton Klein, a rappelé qu'Israël vote avec les États-Unis à l'ONU dans plus de 90 % des cas, contre moins de 10 % pour l'Égypte, la Jordanie, le Pakistan, le Liban ou l'Autorité palestinienne, qui continuent pourtant de recevoir une aide américaine annuelle supérieure à 4 milliards de dollars.
Le général de réserve Amir Avivi, fondateur de l'Israel Defense and Security Forum, a confirmé que Benjamin Netanyahou pousse depuis un certain temps à réduire la dépendance d'Israël vis-à-vis des livraisons d'armes étrangères, afin que le pays puisse « se défendre par lui-même ». Il a rappelé que des livraisons d'armes avaient déjà été suspendues par Washington à deux reprises lors de moments décisifs d'opérations militaires, ce qui a convaincu une partie de l'establishment sécuritaire israélien de la nécessité de réduire cette dépendance. Il a toutefois précisé que le calendrier restait incertain, évoquant un processus « probablement graduel » plutôt qu'un arrêt immédiat.
Une mise en œuvre encore floue
Netanyahou avait lui-même évoqué, en janvier dernier dans un entretien à The Economist, une volonté de « réduire progressivement l'aide militaire sur les dix prochaines années », un calendrier bien plus étalé que celui annoncé par Trump. Le bureau du premier ministre a décliné toute demande de commentaire et Netanyahou ne s'est pas exprimé publiquement sur les propos du président américain. Sur le plan législatif, la Chambre des représentants a inclus des crédits destinés à Israël dans son projet de loi de crédits du Département d'État et dans la loi d'autorisation de la défense pour l'exercice 2027, mais aucun des deux textes n'a encore été adopté par le Sénat, ce qui laisse en suspens la question d'une éventuelle mise en œuvre concrète de la fin de l'aide annoncée par Trump.
Questions fréquentes
- Combien représente l'aide militaire américaine actuelle à Israël ?
- Le protocole en vigueur, signé sous l'administration Obama, prévoit 38 milliards de dollars sur dix ans, soit environ 3,8 milliards de dollars par an, dont 500 millions pour la défense antimissile, jusqu'à l'exercice 2028.
- Israël pourra-t-il encore acheter des armes américaines ?
- Oui. Donald Trump a précisé qu'Israël pourrait continuer à acheter du matériel américain, même en l'absence d'aide gratuite, et que Washington resterait disponible « en cas de besoin ».
- Pourquoi Netanyahou pousserait-il à réduire cette aide ?
- Selon le général de réserve Amir Avivi, le premier ministre souhaite réduire la dépendance d'Israël envers les livraisons d'armes étrangères, après que Washington a suspendu des livraisons à deux reprises lors d'opérations militaires passées.



