Sous la pression houthie, Ryad explore une coopération renseignement avec Israël
Après des attaques houthies visant directement son territoire, l'Arabie saoudite cherche des soutiens dans une région où ses alliances traditionnelles montrent leurs limites. Selon la chroniqueuse Fiamma Nirenstein, publiée par JNS, Ryad aurait sollicité une assistance israélienne en matière de renseignement par l'intermédiaire du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

L'Arabie saoudite a annoncé cette semaine avoir intercepté un drone houthi près de La Mecque. Les rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, ont démenti avoir visé la ville sainte. L'épisode illustre la portée grandissante des attaques houthies, qui menacent désormais le territoire saoudien lui-même ainsi que le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique pour le transport maritime mondial.
Les attaques houthies mettent Ryad sous pression
Selon la chroniqueuse Fiamma Nirenstein, le prince héritier Mohammed ben Salmane pensait pouvoir rester en marge des conflits régionaux. Les attaques houthies contre le royaume et la menace pesant sur la navigation autour de Bab el-Mandeb ont montré, selon elle, la portée persistante de l'Iran et de ses relais. Ryad chercherait désormais activement un appui extérieur pour renforcer sa défense antimissile, dont les ressources seraient mises sous tension.
Le pacte de défense de La Mecque à l'épreuve
Le mois dernier, l'Arabie saoudite a signé avec la Turquie et le Pakistan l'accord de défense commune de La Mecque, prévoyant qu'une attaque armée contre l'un des trois pays soit considérée comme une attaque contre les trois. Dans les faits, la Turquie ne souhaiterait pas s'engager dans une confrontation avec l'Iran, tandis que le Pakistan a envoyé des signaux contradictoires : Islamabad avait d'abord laissé entendre que la poursuite des attaques houthies pourrait activer le pacte, avant d'indiquer qu'aucune réponse militaire n'avait été discutée. Mohammed ben Salmane s'est ensuite tourné vers l'Égypte, se rendant au Caire pour solliciter le soutien du président Abdel Fattah al-Sissi. Selon Nirenstein, l'Égypte a offert un soutien politique appuyé, sans indication qu'elle soit prête à s'engager militairement. Les États-Unis, de leur côté, poursuivraient une coopération en matière de renseignement, sans intervention militaire directe.
Une assistance israélienne via le Centcom américain
C'est dans ce contexte que des informations, relayées par la chroniqueuse de JNS, évoquent une démarche saoudienne auprès d'Israël pour obtenir une assistance en matière de renseignement, par le canal du Centcom américain. Un tel geste marquerait une évolution notable pour un royaume qui a longtemps entretenu, de façon conditionnelle et souvent ambiguë, l'hypothèse d'une normalisation avec Israël. Pour Nirenstein, la logique du conflit impose désormais aux acteurs régionaux de choisir leurs alliances en fonction d'un ennemi commun, l'Iran et ses relais, plutôt qu'en fonction de calculs diplomatiques. Aucune confirmation officielle saoudienne ou israélienne de cette coopération n'a pour l'heure été rendue publique.
La suite dépendra de l'évolution des attaques houthies contre le territoire saoudien et les routes maritimes de la mer Rouge, ainsi que de la capacité de Ryad à obtenir de ses partenaires, Turquie, Pakistan, Égypte, États-Unis, un engagement plus concret que les déclarations de principe observées jusqu'ici.
Questions fréquentes
- Pourquoi l'Arabie saoudite se sent-elle menacée par les Houthis ?
- Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont multiplié les attaques de drones et de missiles visant le territoire saoudien et menacent la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime stratégique.
- Le pacte de défense de La Mecque protège-t-il l'Arabie saoudite face aux Houthis ?
- Signé avec la Turquie et le Pakistan, ce pacte prévoit une défense mutuelle, mais Ankara ne veut pas s'engager contre l'Iran et Islamabad a donné des signaux contradictoires sur une éventuelle réponse militaire.
- Israël coopère-t-il officiellement avec l'Arabie saoudite ?
- Aucune coopération officielle n'a été confirmée. Des informations rapportées par une chroniqueuse de JNS évoquent une demande saoudienne d'assistance en renseignement transmise via le commandement américain Centcom.
Sources : JNS





