Sous la pression houthie, Ryad explore une coopération renseignement avec Israël
L'Arabie saoudite, visée par des attaques houthies de plus en plus audacieuses, chercherait un appui israélien en matière de renseignement via le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient. Cette piste, révélée par la chroniqueuse Fiamma Nirenstein sur JNS et reprise le 18 septembre par le site Kountrass, n'a reçu aucune confirmation officielle de Ryad ni de Jérusalem. Elle intervient alors que le pacte de défense signé en août avec la Turquie et le Pakistan peine à produire des engagements concrets.

Une pression militaire inédite sur le royaume
L'Arabie saoudite a fait état, cette semaine, de l'interception d'un drone houthi à proximité de La Mecque. Les rebelles yéménites, appuyés par Téhéran, ont nié avoir visé la ville sainte. Cet épisode confirme l'élargissement du rayon d'action des insurgés, qui frappent désormais au cœur du territoire saoudien tout en maintenant leur pression sur le détroit de Bab el-Mandeb, axe maritime vital pour le commerce mondial.
Selon Fiamma Nirenstein, dans une analyse publiée par le site américain JNS, le prince héritier Mohammed ben Salmane espérait se tenir à l'écart des conflagrations régionales. Les tirs contre le royaume et la menace pesant sur la navigation en mer Rouge démontreraient, écrit-elle, que l'influence iranienne reste intacte malgré les tentatives saoudiennes de neutralité. Ryad chercherait désormais, dans l'urgence, à renforcer sa défense antiaérienne, dont les capacités seraient de plus en plus sollicitées.
Un pacte à trois pays qui montre ses limites
En août, Riyad avait scellé avec Ankara et Islamabad un accord de défense mutuelle, dit pacte de La Mecque, prévoyant qu'une agression contre l'un des trois signataires vaudrait agression contre l'ensemble. Cet engagement peine toutefois à se traduire en actes. La Turquie se garderait d'entrer en confrontation directe avec l'Iran. Le Pakistan, lui, a multiplié les messages contradictoires : Islamabad a d'abord suggéré que la poursuite des frappes houthies pourrait déclencher le mécanisme de défense commune, avant de préciser qu'aucune option militaire n'était à l'étude.
Face à ces réticences, Mohammed ben Salmane s'est rendu au Caire pour obtenir l'appui du président Abdel Fattah al-Sissi. D'après Nirenstein, l'Égypte a répondu par un soutien diplomatique marqué, sans s'engager sur le terrain militaire. Washington, de son côté, continuerait de fournir un appui en matière de renseignement à Ryad, sans envisager d'intervention armée directe dans le dossier houthi.
Une ouverture prudente vers Israël
C'est dans ce contexte de déception envers ses alliances traditionnelles que le royaume aurait, selon les informations relayées par JNS, cherché à obtenir un partage de renseignement avec Israël, en passant par le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom. Ni Ryad ni Jérusalem n'ont confirmé publiquement une telle démarche à ce stade.
Un tel rapprochement, même informel et indirect, marquerait une inflexion pour un royaume qui a longtemps conditionné toute normalisation avec Israël à des avancées politiques préalables, notamment sur le dossier palestinien. Pour Nirenstein, la donne régionale imposerait désormais aux acteurs sunnites de se regrouper face à un adversaire commun, l'Iran et ses relais, plutôt que de continuer à calculer leurs alliances selon des considérations diplomatiques classiques.
La republication de cette analyse par le site francophone Kountrass, le 18 septembre, reprend le fond de l'article initial sans apporter d'élément factuel supplémentaire ni de démenti. L'attention reste désormais tournée vers une éventuelle confirmation officielle, côté saoudien ou israélien, et vers l'évolution des attaques houthies contre les intérêts du royaume et le trafic maritime en mer Rouge.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le pacte de défense de La Mecque ?
- Un accord signé en août entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, prévoyant qu'une attaque contre l'un des trois pays soit traitée comme une attaque contre les trois.
- Israël et l'Arabie saoudite ont-ils confirmé une coopération de renseignement ?
- Non. Aucune source officielle saoudienne ou israélienne n'a confirmé cette démarche, évoquée uniquement par une chroniqueuse de JNS.
- Pourquoi le détroit de Bab el-Mandeb est-il stratégique ?
- Il relie la mer Rouge au golfe d'Aden et constitue un passage essentiel pour le commerce maritime mondial, aujourd'hui menacé par les attaques houthies.
Dossier Houthis et mer Rouge
1 commentaire
yacotito · 18 septembre 2026 à 08:05
ces pays du moyen orient jouent tous un double jeu. Ils affichent leur détestation d'Israel devant leur population, et Ils ont besoin d’Israël et la sollicite par derrière. le double jeu est la règle, on est ennemi par devant et ami par derrière. tout est prêt pour un nouveau round de conflit armé. comment en faire des amis fiables ? un vrai panier de crabes



