Midterms américains : Trump annonce la fin de l'aide militaire à Israël d'ici fin 2026
Au lendemain d'élections de mi-mandat marquées par la reconquête du Congrès par les démocrates, le président Donald Trump a annoncé l'arrêt, d'ici fin 2026, de près de 4 milliards de dollars d'aide militaire annuelle à Israël. À Jérusalem, responsables et experts s'interrogent sur le calendrier réel de cette décision et sur l'avenir du partenariat de défense avec Washington.

Le 3 novembre, jour du scrutin, Donald Trump a annoncé que les États-Unis cesseraient de verser à Israël près de 4 milliards de dollars d'aide militaire annuelle d'ici la fin de l'année 2026. Le président américain a justifié sa décision par la solidité économique d'Israël et par le coût politique que cette aide ferait peser sur les candidats républicains. Le lendemain, les démocrates reprenaient le contrôle des deux chambres du Congrès, et Abdul El-Sayed, critique assumé du soutien militaire américain à Israël, devenait le premier musulman élu au Sénat.
Une annonce surprise en pleine journée électorale
S'exprimant par téléphone sur Fox & Friends, Donald Trump a cité nommément Abdul El-Sayed pour expliquer pourquoi l'aide devait prendre fin : « Pourquoi devrions-nous subir les attaques de fous comme El-Sayed alors qu'ils n'en ont pas besoin ? » Dans son discours de victoire à Detroit, le nouvel élu démocrate a affirmé vouloir que les impôts américains financent « des écoles, des soins de santé et des infrastructures ici », plutôt que d'être envoyés, selon ses mots, pour « faire de l'apartheid, un génocide, ou la guerre ». Le président américain a précisé avoir évoqué cet arrêt avec le premier ministre Benjamin Netanyahou plusieurs mois auparavant, sans détailler comment ce retrait s'articulerait avec le protocole d'accord en vigueur.
Jérusalem veut piloter le calendrier
Le protocole actuel, signé en 2016 sous l'administration Obama, prévoit 38 milliards de dollars sur la période 2019-2028, dont 3,8 milliards annuels - 3,3 milliards de financement militaire et 500 millions pour des programmes conjoints de défense antimissile. Ce texte constitue un engagement politique, non un traité contraignant, et le Congrès conserve l'autorité sur les crédits votés. Marc Zell, président de Republicans Overseas Israel, a jugé l'annonce « pas particulièrement prudente » et rappelé que Benjamin Netanyahou avait proposé une transition sur dix ans, et non un arrêt immédiat. Dès le 6 mai, le ministère israélien de la Défense avait annoncé l'ouverture de négociations avec Washington sur un nouveau cadre fondé sur la recherche conjointe et la production partagée, décrit comme une transition graduelle vers un partenariat réciproque. En septembre 2025, le premier ministre avait évoqué la nécessité pour Israël de devenir « Athènes et super-Sparte », combinant puissance technologique et indépendance militaire accrue.
Ofir Dayan, chercheuse à l'Institute for National Security Studies, estime que le calendrier annoncé par Trump reflète surtout un calcul électoral républicain, et met en garde contre un retrait brutal qui affaiblirait la perception de l'engagement américain envers Israël aux yeux d'autres gouvernements. L'économiste Elise Brezis, de l'université Bar-Ilan, doute qu'un arrêt immédiat se concrétise, mais prévient qu'il obligerait Israël à arbitrer entre hausses d'impôts, coupes budgétaires et emprunts supplémentaires. Selon le Congressional Research Service, la flotte de chasseurs israéliens reste presque entièrement américaine et la défense antimissile dépend largement de la coopération avec Washington, ce que l'exemple du contrat de 1,25 milliard de dollars signé en novembre 2025 pour la production d'intercepteurs Tamir du dôme de fer illustre bien.
Vance et Rubio, deux trajectoires vers 2028
La défaite républicaine a aussi relancé la course à la succession de Trump. Le vice-président JD Vance a publiquement attribué le revers électoral à la guerre contre l'Iran, appelant à y mettre fin rapidement et à revoir la relation américano-israélienne. Son message, salué par Donald Trump Jr, l'a placé en rupture plus ou moins assumée avec la ligne de la Maison Blanche. Le secrétaire d'État Marco Rubio, cité par The Independent comme susceptible de démissionner pour préparer sa propre candidature en 2028, a vu cette hypothèse démentie avec fermeté par le département d'État et la Maison Blanche, qui dénoncent une « désinformation infondée ». Rubio et Vance sont aujourd'hui considérés comme les deux principaux prétendants républicains, selon un sondage New York Times/Siena cité par la presse américaine, Vance y devançant Rubio.
Les négociations entre Jérusalem et Washington sur le futur cadre de coopération militaire doivent se poursuivre dans les prochaines semaines, alors que le protocole actuel reste légalement valide jusqu'en septembre 2028 et que le Congrès, désormais sous contrôle démocrate, conservera un droit de regard sur tout nouveau financement.
Questions fréquentes
- Que prévoit le protocole d'accord actuel entre Israël et les États-Unis ?
- Signé en 2016, il couvre 38 milliards de dollars entre 2019 et 2028, dont 3,8 milliards par an, et expire le 30 septembre 2028. Il s'agit d'un engagement politique, pas d'un traité contraignant.
- Marco Rubio va-t-il quitter l'administration Trump ?
- Un rapport du quotidien The Independent évoque cette hypothèse en vue de 2028, mais la Maison Blanche et le département d'État ont fermement démenti tout projet de démission.
- Qui est Abdul El-Sayed ?
- Démocrate du Michigan, il est devenu le premier musulman élu au Sénat américain lors des midterms de novembre 2026 et s'oppose à l'aide militaire inconditionnelle à Israël.




