Aide militaire américaine à Israël : Jérusalem valide la transition vers un partenariat
Le bureau de Benjamin Netanyahou a confirmé vendredi la fin programmée de l'aide militaire annuelle américaine, qualifiant le changement de passage « de l'aide au partenariat ». L'annonce fait suite à une déclaration surprise de Donald Trump, qui a affirmé avoir conclu avec Netanyahou un accord mettant fin aux quelque 4 milliards de dollars versés chaque année à Israël.

Le bureau du premier ministre israélien a confirmé vendredi la fin programmée de l'aide militaire annuelle américaine, qualifiant le changement de passage « de l'aide au partenariat ». Cette confirmation intervient trois jours après que le président américain Donald Trump a annoncé, lors d'une interview sur Fox News, avoir conclu un accord avec Benjamin Netanyahou pour mettre un terme aux quelque 4 milliards de dollars versés chaque année à Israël au titre de l'assistance militaire.
Un accord confirmé après l'annonce de Trump
Trump a affirmé que lui et Netanyahou s'étaient entendus « il y a plusieurs mois » pour interrompre les versements d'ici la fin de l'année 2026. Selon lui, Israël, devenu « un pays très prospère », n'a plus besoin de cette aide, mais pourra continuer d'acheter des armements américains et recevoir un soutien ponctuel en cas de besoin. Le bureau du premier ministre, resté silencieux mardi, a rompu son silence vendredi par la voix de son porte-parole Doron Spielman, qui a assuré sur Fox News que Netanyahou « travaille avec le président Trump à opérer la bonne transition de l'aide vers le partenariat et l'investissement mutuel ». Sur X, les services du premier ministre ont souligné que l'aide américaine « a toujours fait l'objet d'un consensus bipartisan » et que la solidité actuelle de l'économie israélienne permet cette évolution.
L'accord-cadre en vigueur, signé sous l'administration Obama, prévoit le versement de 3,8 milliards de dollars par an jusqu'à l'exercice budgétaire 2028, dont 3,3 milliards de dollars de financement militaire étranger et 500 millions de dollars pour les programmes de défense antimissile. La date exacte d'arrêt reste incertaine : Trump évoque une fin dès la fin de l'année 2026, quand le dispositif actuel court légalement jusqu'en 2028.
Les questions budgétaires et stratégiques
Un rapport du Wall Street Journal, cité par le Jerusalem Post, révèle qu'Israël a déjà engagé des commandes d'équipements militaires américains dépassant largement les montants couverts par l'accord d'aide, pour un besoin de financement supplémentaire estimé à 10 milliards de dollars après 2028, selon un document du département d'État transmis au Congrès. Washington s'est déjà engagé à verser près de 7 milliards de dollars sur les deux prochaines années, somme insuffisante pour couvrir l'ensemble des commandes en cours, notamment l'achat prévu de 25 avions de combat F-35 supplémentaires.
Le Congrès examine par ailleurs une évolution législative qui substituerait au financement direct un modèle de développement conjoint de technologies de défense, dans la continuité de coopérations comme le système Iron Dome. D'anciens responsables américains, comme Josh Paul, jugent toutefois « inconcevable » un arrêt dès la fin de l'année, en raison des engagements budgétaires déjà votés par le Congrès.
Les réactions en Israël
L'annonce a pris de court plusieurs responsables israéliens. Le président Isaac Herzog a dit avoir été surpris « comme un coup de tonnerre » et s'être déclaré très inquiet pour l'avenir de l'aide américaine. L'ambassadeur américain Mike Huckabee a reconnu ne pas savoir si l'arrêt interviendrait dès cette année ou à l'expiration de l'accord en 2028, disant attendre lui aussi des clarifications. Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, a accusé Netanyahou d'avoir géré ce changement stratégique majeur sans en informer ni l'appareil sécuritaire ni les citoyens, exigeant des explications immédiates.
Côté américain, l'élu républicain Abe Hamadeh a salué un tournant vers « le commerce, pas l'aide ». Trump a lui-même justifié sa décision en expliquant qu'elle priverait les critiques démocrates, dont le sénateur du Michigan Abdul El-Sayed, d'un argument de campagne récurrent.
Le Congrès doit finaliser d'ici la fin de l'année le texte de politique de défense qui pourrait préciser les modalités de cette transition, tandis que Jérusalem et Washington cherchent à clarifier le calendrier exact de l'arrêt des versements.
Questions fréquentes
- Quand l'aide militaire américaine à Israël doit-elle prendre fin ?
- Selon Donald Trump, les versements annuels doivent cesser d'ici la fin de l'année 2026, mais l'accord-cadre signé sous l'administration Obama reste légalement valide jusqu'en 2028, et aucune date officielle n'a été confirmée côté israélien.
- Israël pourra-t-il encore acheter des armes américaines ?
- Oui. Donald Trump a précisé qu'Israël resterait libre d'acheter des équipements militaires américains et pourrait recevoir une aide ponctuelle en cas de besoin.
- Pourquoi cette décision a-t-elle suscité des critiques en Israël ?
- Le président Isaac Herzog et le chef du parti Yashar Gadi Eisenkot ont reproché à Benjamin Netanyahou d'avoir négocié ce changement stratégique sans consulter l'appareil sécuritaire ni informer publiquement les citoyens avant l'annonce de Donald Trump.





