Israël réceptionne le sous-marin Drakon et mise sur les navires robotisés

L'INS Drakon, sixième sous-marin de la marine israélienne et troisième de la classe Dolphin II, a été officiellement réceptionné jeudi après un voyage de plus de trois semaines depuis l'Allemagne. Parallèlement, Tsahal confirme que sa marine évolue vers une flotte semi-autonome, avec des navires robotisés déjà en service.

3 min de lecture1 vuePar la rédaction
Israël réceptionne le sous-marin Drakon et mise sur les navires robotisés
Photo : Illustration générée par IA

L'arrivée de l'INS Drakon marque l'achèvement de la deuxième génération de sous-marins israéliens construits en Allemagne. Fabriqué par l'entreprise allemande TKMS, ce bâtiment de plus de 70 mètres est environ 30 % plus grand que les premiers sous-marins de la classe Dolphin. Sa partie émergée ne représente que moins d'un cinquième de sa taille totale.

Un sous-marin aux capacités renforcées

Selon Tsahal, le Drakon dispose d'armes plus puissantes et de capacités de plongée prolongées par rapport aux sous-marins précédents. Il est équipé d'un système de propulsion indépendante de l'air (AIP), qui lui permet de produire de l'énergie et de recharger ses batteries en immersion, sans avoir besoin de faire surface. Alors que les premiers sous-marins israéliens ne pouvaient rester immergés que quelques jours, puis quelques semaines, le Drakon peut prolonger nettement cette durée grâce à un système fonctionnant à l'hydrogène et à l'oxygène.

Le bâtiment embarque dix tubes lance-torpilles à l'avant, dont six de 533 mm et quatre de 650 mm, ces derniers pouvant accueillir des équipements plus lourds ou des véhicules sous-marins. Ni Israël ni TKMS n'ont dévoilé la raison de la configuration élargie du Drakon, mais des experts évoquent la possibilité de systèmes de lancement vertical, qui permettraient d'emporter des missiles de croisière ou des systèmes sous-marins sans pilote. Selon des rapports étrangers, les sous-marins israéliens feraient partie d'une triade de dissuasion nucléaire, aux côtés des capacités terrestres et aériennes. Israël n'a jamais officiellement confirmé posséder l'arme nucléaire, même si d'anciens Premiers ministres, dont Ehoud Olmert, y ont fait allusion par le passé.

Le projet a mobilisé une implication israélienne d'environ vingt ans, via une direction de projet basée en Allemagne, où des officiers et ingénieurs de la marine se sont installés avec leurs familles. La prochaine génération, la classe Dakar, est déjà en construction, avec une livraison attendue à partir de 2031.

Vers une marine sans équipage

Au-delà des sous-marins, la marine israélienne affirme évoluer vers une force semi-autonome, susceptible de devenir presque entièrement autonome à terme. Des véhicules maritimes sans pilote sont déjà opérés depuis plusieurs années, sans qu'une date précise ait été communiquée pour le déploiement de véritables essaims en mer.

Elbit Systems figure parmi les entreprises israéliennes en pointe sur ce dossier, avec son navire de surface autonome Seagull, long de 12 mètres, conçu pour patrouiller jusqu'à quatre jours autour d'infrastructures offshore. L'appareil intègre des capacités de lutte contre les mines, de guerre anti-sous-marine, de sécurité maritime et de guerre électronique. D'autres marines, en France, à Singapour ou aux Pays-Bas, s'orientent également vers l'autonomie, mais la marine israélienne estime avoir une longueur d'avance dans ce domaine.

Des menaces qui justifient l'accélération

Selon la marine, la nécessité de recourir à des robots découle notamment de la durée des missions en mer, difficilement soutenable pour les équipages humains. Israël fait par ailleurs face à des menaces navales croissantes venant de la Turquie, et potentiellement de l'Iran ou des Houthis au Yémen. La marine juge peu probable une hausse des effectifs militaires alloués aux navires, ce qui rend la réduction du nombre de marins par bâtiment, voire leur suppression progressive, la seule voie réaliste pour étoffer la flotte.

Tsahal reconnaît toutefois que l'autonomie est une arme à double tranchant : les forces adverses pourraient elle aussi recourir à des robots, avec des risques allant du sol vers la mer et de la mer vers la mer. L'armée surveille également les menaces pesant sur les câbles sous-marins, régulièrement visées selon des rapports étrangers depuis 2023 en mer Baltique et près du Royaume-Uni et de la Norvège, et travaille au renforcement de leur protection.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le système AIP du sous-marin Drakon ?
L'AIP (propulsion indépendante de l'air) permet au sous-marin de générer de l'énergie et de recharger ses batteries en immersion, sans faire surface, ce qui prolonge fortement sa durée de plongée.
Pourquoi la marine israélienne développe-t-elle des navires robotisés ?
Face à des menaces navales croissantes et à la difficulté de maintenir des équipages en mer sur de longues périodes, la marine mise sur des systèmes autonomes pour étoffer sa flotte sans augmenter ses effectifs.
Quand la prochaine génération de sous-marins doit-elle arriver ?
La classe Dakar, actuellement en construction en Allemagne, doit commencer à être livrée à partir de 2031.

Sources : The Jerusalem Post, The Jerusalem Post

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