Israël prépare un plan de guerre si l'Autorité palestinienne retourne ses armes
Le ministre de la Défense Israël Katz a ordonné à Tsahal de préparer un plan d'offensive en cas de retournement des armes des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne contre Israël. À dix jours du scrutin du 27 octobre, Benjamin Netanyahou a averti que l'État hébreu était prêt à toute éventualité.

Le ministre de la Défense Israël Katz a indiqué, lors du Conseil des ministres de la semaine dernière, que Tsahal avait reçu l'ordre de se préparer à un scénario où les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne et l'organisation Tanzim, affiliée au Fatah, « retourneraient leurs armes » contre des civils israéliens et des soldats en territoires de Judée et Samarie. Selon lui, un tel événement déclencherait une guerre formelle contre l'Autorité palestinienne.
Un plan de guerre validé par Netanyahou et Katz
« Dans un tel cas, la guerre serait déclarée contre l'Autorité palestinienne, et Tsahal lancerait une offensive globale selon un plan détaillé élaboré et approuvé par le Premier ministre [Benjamin] Netanyahou et par moi », a déclaré Israël Katz, cité par JNS. Il a précisé que la campagne serait « courte et forte », sur le modèle des opérations menées à Gaza et au Liban.
Shalom Arbel, ancien cadre du Shin Bet ayant servi de 1988 à 2013 et ancien officier de réserve de Tsahal au Liban, à Gaza et en Judée et Samarie, estime que cette directive « aurait dû venir depuis longtemps », la menace s'étant construite selon lui depuis « un an, deux ans, trois ans au moins ».
Des forces palestiniennes en expansion, selon un ancien du Shin Bet
Arbel pointe la montée en puissance des forces de sécurité palestiniennes, dont les effectifs atteindraient selon lui 60 000 à 70 000 hommes, policiers et soldats confondus, en territoires de Judée et Samarie. Il qualifie ce chiffre de violation directe des accords d'Oslo, qui limitaient selon lui ces effectifs à environ 20 000 policiers dotés d'armement restreint.
L'ancien agent du Shin Bet ne pense toutefois pas que l'Autorité palestinienne prépare une attaque imminente, mais soupçonne une planification secrète au niveau de sa direction en cas d'événement déclencheur majeur, à l'image de l'opération Gardien des murs en 2021 ou d'une nouvelle Intifada. Il appelle à un ultimatum exigeant le désarmement de l'Autorité palestinienne jusqu'aux niveaux fixés par Oslo, et exclut toute coordination sécuritaire avec elle, assimilant le Fatah à une organisation terroriste au même titre que le Hamas.
Le lieutenant-colonel de réserve Amit Yagur, ancien adjoint responsable du dossier palestinien à la direction de la planification de Tsahal, souligne de son côté l'affaiblissement de l'Autorité palestinienne, minée par les reports successifs d'élections décidés par Mahmoud Abbas et par une image de corruption persistante, alors que le Hamas arrive en tête de la plupart des sondages palestiniens. Selon Yagur, un soulèvement populaire organisé est peu probable, la population redoutant de subir le sort de Gaza. Le risque le plus plausible, selon lui, viendrait d'agents de sécurité isolés basculant vers des attentats individuels si leurs salaires venaient à être suspendus, plutôt que d'une défection massive et coordonnée, qu'il qualifie de « suicide institutionnel » pour l'Autorité palestinienne.
Netanyahou hausse le ton avant le scrutin du 27 octobre
Benjamin Netanyahou a déclaré mardi, lors d'une visite opérationnelle sur la ligne de couture de la barrière de sécurité en Samarie, qu'Israël était prêt à « tout scénario », y compris un « retournement des canons » par l'Autorité palestinienne. « Nos ennemis pensent nous tester ces jours-ci avant les élections », a-t-il averti, en référence au scrutin du 27 octobre à la Knesset. « Je ne conseille pas à nos ennemis de nous tester », a-t-il ajouté, promettant qu'il n'y aurait « pas d'armée arabe à l'ouest du Jourdain », mais uniquement Tsahal.
Sur le terrain, les services de sécurité ont annoncé mardi l'arrestation d'un Palestinien de 32 ans soupçonné d'implication dans de précédentes attaques, repéré en train de filmer la station de train léger Aharonovich à Bnei Brak alors qu'il se trouvait illégalement en Israël. Le même jour, Tsahal a fait état de l'arrestation de quatre membres du Jihad islamique palestinien qui projetaient un attentat dans le nord de la Samarie, à Qabatiya et Arraba, près de Jénine, sur la base de renseignements du Shin Bet.
La suite : échéance du 23 novembre devant la Haute Cour
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a demandé lundi à Netanyahou et à Katz d'empêcher toute coopération de Tsahal avec la Haute Cour de justice sur un éventuel retour des déplacés dans les camps du nord de la Samarie, qualifiant ces camps de « camps de terreur » qu'il faut empêcher de rétablir. La Cour a demandé dimanche à l'État un calendrier des mesures envisageables pour permettre le retour des habitants des camps de Jénine, Tulkarem et Nur Shams, à la suite de vastes opérations antiterroristes israéliennes, sans toutefois ordonner de retour immédiat. L'État a jusqu'au 23 novembre pour répondre.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce qui déclencherait une offensive israélienne contre l'Autorité palestinienne ?
- Selon le ministre de la Défense Israël Katz, un retournement des armes des forces de sécurité palestiniennes ou du Tanzim contre des civils israéliens ou des soldats de Tsahal déclencherait une guerre formelle, avec une offensive rapide inspirée des campagnes de Gaza et du Liban.
- Combien d'hommes comptent les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne en Judée et Samarie ?
- Selon Shalom Arbel, ancien cadre du Shin Bet, leurs effectifs atteindraient 60 000 à 70 000 hommes, contre une limite d'environ 20 000 policiers fixée par les accords d'Oslo.
- Que doit décider la Haute Cour de justice sur le retour des déplacés dans les camps du nord de la Samarie ?
- La Haute Cour a demandé à l'État un calendrier de mesures sur un éventuel retour des habitants des camps de Jénine, Tulkarem et Nur Shams, sans ordonner de retour immédiat, et a fixé l'échéance au 23 novembre pour la réponse de l'État.
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