Israël : à un mois du scrutin du 27 octobre, l'opposition resserre les rangs sur fond de crise du pouvoir d'achat
À un mois des élections législatives du 27 octobre, les cinq chefs du bloc d'opposition israélien se sont réunis samedi soir chez Yair Lapid pour coordonner leur campagne. Le pouvoir d'achat s'impose comme un thème central du scrutin, tandis que les partis se disputent encore la question du candidat au poste de premier ministre.

Yair Lapid a réuni samedi soir, à son domicile de Tel-Aviv, Naftali Bennett, Gadi Eisenkot, Avigdor Liberman et Yair Golan. Les cinq dirigeants du bloc d'opposition ont discuté de la coordination de leurs campagnes respectives à moins d'un mois du scrutin du 27 octobre, censé décider du maintien ou non de Benjamin Netanyahou au pouvoir.
L'opposition resserre les rangs avant le 27 octobre
La réunion intervient alors que des désaccords se sont multipliés ces dernières semaines. Gadi Eisenkot, chef du nouveau parti Yashar, plaide pour la désignation d'un candidat unique face à Netanyahou, estimant qu'un affrontement direct créerait une dynamique favorable. Avigdor Liberman et Naftali Bennett défendent au contraire une candidature multiple, jugeant que chaque parti peut élargir le bloc en mobilisant son propre électorat. Bennett a résumé sa position en affirmant qu'après les élections, « nous saurons nous asseoir dans une pièce et trouver un accord ».
Les tensions ont débordé dans l'espace public. Le député Oded Forer, figure d'Israel Beytenou, a accusé Eisenkot d'« alimenter la campagne de Bibi ». Selon un sondage Maariv publié vendredi, le bloc de la coalition sortante recule à 49 sièges, les deux partis ultra-orthodoxes perdant chacun un siège, tandis qu'Otzma Yehudit progresse. Dans l'opposition, Yashar poursuit sa baisse à 22 sièges, mais reste en tête devant le Likoud, crédité de 18 sièges. Les Démocrates de Yair Golan gagnent deux sièges, à 11, et B'Yachad se maintient à 13. Au total, le bloc du changement progresserait à 55 sièges selon ce sondage, quand d'autres estimations évoquent plutôt une érosion, autour de 52 à 54 sièges, après avoir dépassé 60 sièges il y a quelques mois.
Le pouvoir d'achat, nouvel enjeu de campagne
Traditionnellement dominées par les questions sécuritaires et religieuses, les élections israéliennes pourraient cette fois accorder une place inédite à l'économie. Un quart des électeurs cite la dégradation du pouvoir d'achat, après trois années de guerre, parmi ses critères de vote. Les trois principales formations d'opposition libérale partagent un même diagnostic : la concentration excessive du marché agroalimentaire et l'étroitesse de l'assiette fiscale, alors que certaines catégories, hommes ultra-orthodoxes et femmes arabes notamment, restent en retrait du marché du travail.
Le programme de Yashar, jugé le plus complet, combine prestations sociales sous condition de ressources, baisse de l'impôt sur le revenu, investissements publics dans le Sud et le Nord, et réforme de l'innovation. La liste B'Yachad, portée par Bennett et Lapid, cible une baisse de 30 % du panier alimentaire en trois ans et la fin du monopole du grand-rabbinat sur la cacheroute. Israel Beytenou, mené par Liberman, présente le programme le plus chiffré, avec un milliard de shekels pour l'intelligence artificielle et la privatisation du port d'Ashdod. Les Démocrates de Yair Golan se distinguent en proposant de réallouer la dépense publique vers les services de santé, d'éducation et de protection sociale, plutôt que de miser sur la fiscalité.
Bras de fer sur les dépenses publiques avant le scrutin
À un mois du vote, chaque décision gouvernementale est scrutée. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a annoncé un programme pilote de 35 millions de shekels destiné à indemniser les commerces victimes d'extorsion, une mesure jugée consensuelle. En revanche, une enveloppe de 2,4 milliards de shekels annoncée cet été pour financer des quartiers et voies d'accès dans des implantations de Judée et Samarie a été perçue comme un geste électoral destiné à consolider sa base.
Dimanche, le bureau du procureur général a ordonné le report d'un mois de l'appel d'offres portant sur 1 200 logements dans le cadre du projet controversé E1, près de Maalé Adoumim, invoquant un risque d'instrumentalisation électorale. Le maire de la ville, Guy Yifrach, a dénoncé une décision elle-même politique, rappelant que le projet avait été engagé bien avant l'annonce du scrutin. La question de la limite entre gestion courante et clientélisme électoral devrait continuer d'alimenter les échanges jusqu'au 27 octobre, date à laquelle les électeurs trancheront à la fois sur l'avenir du gouvernement Netanyahou et sur les priorités économiques du prochain exécutif.
Questions fréquentes
- Quand ont lieu les élections législatives en Israël ?
- Le scrutin est fixé au 27 octobre, un mois après la réunion des chefs de l'opposition chez Yair Lapid.
- Pourquoi l'opposition israélienne peine-t-elle à désigner un seul candidat ?
- Gadi Eisenkot veut une candidature unique face à Netanyahou, tandis que Naftali Bennett et Avigdor Liberman défendent des candidatures multiples pour élargir l'électorat du bloc.
- Quel est le principal enjeu économique de la campagne ?
- La baisse du pouvoir d'achat après trois années de guerre, citée par un quart des électeurs, avec des programmes centrés sur le coût de la vie et la concentration du marché agroalimentaire.
Dossier Élections israéliennes 2026




