Herzog consulte les partis, Netanyahou et Eisenkot s'affrontent sur la coalition

Au lendemain de la publication des résultats complets du scrutin du 27 octobre, le président Isaac Herzog a annoncé l'ouverture de consultations avec les partis dès mercredi, à la Résidence présidentielle. Aucun des deux blocs, ni celui du Premier ministre Benjamin Netanyahou ni celui de son rival Gadi Eisenkot, n'a obtenu la majorité de 61 sièges, ouvrant une période de tractations tendues avant l'investiture de la 26e Knesset le 10 novembre.

3 min de lecture6 vuesPar la rédaction
Herzog consulte les partis, Netanyahou et Eisenkot s'affrontent sur la coalition
Photo : Illustration générée par IA

Avec la totalité des voix dépouillées, le bloc de Benjamin Netanyahou remporte 53 sièges, celui de Gadi Eisenkot 48, et les partis arabes 19, répartis entre la Liste arabe unie (11 sièges) et Raam (huit sièges). Le Likoud demeure le premier parti avec 27 sièges, suivi par Yashar, le parti de Gadi Eisenkot, qui en obtient 21. La participation a atteint 77,9 %, son plus haut niveau depuis 1999, selon la Commission électorale centrale.

Herzog appelle à la flexibilité

Isaac Herzog a profité de la cérémonie commémorative en hommage à Chaim Weizmann, premier président de l'État, pour s'adresser aux dirigeants politiques. Il a annoncé qu'il recevrait mercredi les résultats officiels des mains du juge Noam Sohlberg, vice-président de la Cour suprême et président de la Commission électorale centrale, avant d'entamer ses consultations à la Résidence présidentielle. « La Résidence présidentielle sera grande ouverte à toutes les factions et tous les partis », a-t-il déclaré. Il a appelé les représentants à venir « avec un esprit ouvert » et « avec un cœur ouvert », afin d'éviter de nouvelles élections. Selon un responsable de la Liste arabe unie cité par Walla, cette formation et Raam devraient recommander Gadi Eisenkot au poste de Premier ministre lors de ces consultations.

Eisenkot pose ses conditions, Netanyahou met en garde

Gadi Eisenkot a fixé samedi quatre principes à tout parlementaire souhaitant rejoindre une coalition qu'il formerait : la reconnaissance d'Israël comme État juif, démocratique, libéral et égalitaire ; l'attachement aux valeurs de la Déclaration d'indépendance ; le service militaire, national ou civil obligatoire pour tous les citoyens ; et la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste, avec l'obligation de détruire sa force militaire et son pouvoir sur la bande de Gaza. « Tout député prêt à signer ces principes est un partenaire possible sur la voie de l'établissement d'un gouvernement nouveau et meilleur pour Israël », a-t-il écrit sur X. Il a ajouté vouloir former le gouvernement sioniste le plus large possible, créer une commission d'enquête d'État, renforcer les effectifs de Tsahal et abroger des textes qu'il qualifie de « coup judiciaire ».

Benjamin Netanyahou a réagi en mettant en garde contre toute coopération avec les députés arabes Mansour Abbas et Ahmad Tibi, qualifiant une telle alliance de « désastre pour Israël ». Le Likoud a accusé Gadi Eisenkot de vouloir « trahir la confiance des citoyens israéliens en coopérant avec des partis qui soutiennent le terrorisme », jugeant sa réaction « hystérique » et « déconnectée de la réalité ». De son côté, Itamar Ben Gvir, chef d'Otzma Yehudit, a appelé les partis haredim à ne pas aider la gauche à former un gouvernement, évoquant une « erreur historique » et accusant la gauche de promettre une exemption du service militaire aux haredim en échange de leur soutien. Ahmad Tibi a pour sa part exclu de participer au gouvernement, tout en se disant prêt à soutenir le remplacement du président de la Knesset, selon des propos rapportés par Channel 12.

La suite : enquête du Shin Bet et calendrier serré

Les tractations se déroulent sur fond d'enquête du Shin Bet sur une possible ingérence étrangère dans le scrutin. Le service de sécurité intérieure l'a décrite comme « ciblée et limitée », précisant qu'elle ne jette pas de soupçon sur un secteur entier de la population ayant exercé son droit démocratique de vote. Le directeur général par intérim de la Commission électorale centrale, Dean Livneh, a assuré que cette enquête « n'affectera pas les résultats finaux soumis au président ». Gadi Eisenkot a par ailleurs précisé qu'en l'absence de gouvernement formé, il ne soutiendrait une action militaire qu'en cas de menace directe et immédiate ne pouvant attendre l'investiture du nouvel exécutif.

Isaac Herzog recevra mercredi les résultats officiels avant d'ouvrir ses consultations avec l'ensemble des partis représentés à la Knesset. La nouvelle assemblée doit prêter serment le 10 novembre, ce qui laisse peu de temps aux blocs pour s'accorder avant que le président ne désigne un candidat chargé de former le gouvernement.

Questions fréquentes

Quand Isaac Herzog commence-t-il ses consultations ?
Il doit recevoir les résultats officiels mercredi des mains du juge Noam Sohlberg, puis ouvrir dès ce jour-là des consultations avec tous les partis à la Résidence présidentielle.
Qui pourrait être recommandé comme Premier ministre ?
Selon un responsable de la Liste arabe unie, cette formation et Raam devraient recommander Gadi Eisenkot, sans pour autant rejoindre son gouvernement.
Que se passe-t-il si aucun bloc n'obtient 61 sièges ?
Le président peut charger un candidat de tenter de former un gouvernement de coalition élargie ; en l'absence d'accord, de nouvelles élections pourraient être nécessaires.

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