Face aux Houthis, l'Arabie saoudite sollicite Pékin et Oman pour un cessez-le-feu

L'Arabie saoudite a demandé la médiation de la Chine et d'Oman pour obtenir un cessez-le-feu avec les Houthis, après l'avancée fulgurante des rebelles yéménites sur la mer Rouge. Riyad redoute un scénario comparable à celui du 7 octobre 2023 sur son propre sol, tandis qu'Israël observe la situation sans intervenir directement.

2 min de lecturePar la rédaction
Face aux Houthis, l'Arabie saoudite sollicite Pékin et Oman pour un cessez-le-feu
Photo : وكالة الأنباء السعودية · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Une avancée houthie qui bouleverse la mer Rouge

En quelques jours, les Houthis ont pris le contrôle du port de Muha, de l'île de Mayon puis des îles Hanish, s'installant ainsi le long de tout le détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Cette progression menace directement les exportations pétrolières saoudiennes vers l'Asie et le trafic maritime en direction du port d'Eilat. Un important oléoduc est-ouest saoudien reste fermé après un attentat à la bombe, et les cargaisons de pétrole du royaume sont attaquées à répétition depuis le début du siège des ports saoudiens de la mer Rouge, en juillet. Les Houthis affirment aussi avoir abattu un avion F-15 saoudien près de Marib et frappé une installation d'Aramco à Yanbu, sans en apporter la preuve.

Riyad sollicite Pékin et Oman, faute de soutien américain

Selon Israel Hayom, l'appel de l'Arabie saoudite à la Chine et à Oman pour négocier un cessez-le-feu avec les Houthis s'apparente à une quasi-reddition de l'État arabe le plus riche et le plus influent face à la milice soutenue par l'Iran. Cette démarche intervient après le refus du président américain Donald Trump de répondre aux appels du prince héritier Mohammed ben Salmane en faveur d'une intervention militaire directe. Des responsables américains ont par ailleurs rencontré des dirigeants houthis à Mascate, où ceux-ci ont assuré que seuls les navires liés à l'Arabie saoudite resteraient visés, épargnant la navigation américaine et internationale. Riyad redoute désormais une incursion terrestre houthie sur son territoire, un « scénario du 7 octobre » qui fragiliserait durablement l'autorité de Mohammed ben Salmane, alors que les revenus pétroliers du royaume ont déjà chuté à des niveaux inédits.

Israël en observation, entre prudence et menace sur Eilat

L'état-major israélien s'oppose pour l'instant à une frappe préventive contre les Houthis, recommandant d'attendre la formation d'une coalition régionale plutôt qu'une action unilatérale, selon une source du renseignement citée par Ben Caspit sur Al-Monitor. Des discussions ont eu lieu entre Israël et l'Arabie saoudite sous l'égide du Commandement central américain au sujet d'une assistance en matière de renseignement, sans engagement militaire direct de Tsahal. Un haut diplomate israélien a toutefois prévenu qu'Israël serait contraint d'envisager une intervention si le port d'Eilat venait à être bloqué. Une réunion discrète tenue récemment en Allemagne a par ailleurs rassemblé les chefs d'état-major israélien, saoudien et de plusieurs pays arabes autour de la question iranienne, signe d'une coordination régionale qui se renforce en coulisses. Le Conseil de sécurité de l'ONU a de son côté condamné toute tentative de fermeture de la mer Rouge, sans que la médiation chinoise et omanaise n'ait encore produit de résultat concret.

Questions fréquentes

Pourquoi l'Arabie saoudite se tourne-t-elle vers la Chine et Oman ?
Parce qu'aucun allié de Riyad, ni les États-Unis, ni le Pakistan, ni la Turquie, n'a répondu à ses appels à une intervention militaire directe contre les Houthis.
Israël va-t-il intervenir militairement contre les Houthis ?
Pas pour l'instant. L'état-major recommande d'attendre une coalition régionale et limite son aide au renseignement, sauf si le port d'Eilat venait à être bloqué.
Quelle est la situation actuelle du détroit de Bab el-Mandeb ?
Les Houthis contrôlent désormais tout le littoral du détroit après la prise de Muha, de l'île de Mayon et des îles Hanish, menaçant le trafic maritime et les exportations pétrolières saoudiennes.

Sources : JForum, The Jerusalem Post, JForum, Israel Hayom

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