Vente de F-35 à l'Arabie saoudite : Washington redoute une fuite technologique vers la Chine

Des responsables du renseignement américain redoutent que la Chine n'accède à des technologies sensibles du F-35 si Washington autorise la vente de ces avions à l'Arabie saoudite, révèle le New York Times. Ce contrat de 24 milliards de dollars, en cours d'examen depuis novembre 2025, ravive aussi les inquiétudes sur l'avantage militaire qualitatif d'Israël dans la région.

2 min de lecture1 vuePar la rédaction
Vente de F-35 à l'Arabie saoudite : Washington redoute une fuite technologique vers la Chine
Photo : Illustration générée par IA

Des responsables du renseignement américain ont fait part de leurs inquiétudes concernant un possible accès de la Chine à la technologie du F-35, dans le cadre du projet de vente de ces avions de combat furtifs à l'Arabie saoudite, rapporte le New York Times. Ces craintes concernent la vente, en cours d'examen depuis novembre 2025, de 48 appareils et d'un moteur de rechange, pour un montant estimé à 24 milliards de dollars.

Les craintes du renseignement américain sur le F-35

Selon les responsables cités par le quotidien américain, Pékin pourrait obtenir ces informations sensibles par des opérations d'espionnage menées dans le royaume, ou par l'intermédiaire du partenariat militaire et sécuritaire qui lie la Chine et l'Arabie saoudite. Un rapport de la Defense Intelligence Agency, l'agence de renseignement du Pentagone, recommande que les sites de stockage des technologies liées au F-35 soient strictement réservés au personnel américain et saoudien.

Ce document met en doute la capacité de Riyad à garantir cette étanchéité, en pointant l'accès de militaires chinois à des bases saoudiennes ainsi que l'utilisation d'équipements chinois dans les infrastructures de télécommunications du royaume. Les analystes s'interrogent notamment sur la volonté de l'Arabie saoudite de limiter ses contacts avec l'armée chinoise et des entités associées, et de retirer les équipements de fabricants chinois de ses réseaux de télécommunications et de ses routeurs.

Silence officiel et précédent avec les Émirats arabes unis

Le département d'État, le Pentagone et l'ambassade d'Arabie saoudite à Washington ont refusé de commenter ces informations auprès du New York Times. La Maison-Blanche et l'ambassade de Chine n'ont pas répondu aux sollicitations du journal. Ce type de réserve n'est pas nouveau : des préoccupations similaires avaient déjà retardé un projet de vente de F-35 aux Émirats arabes unis, à mesure que leurs liens avec la Chine se resserraient.

L'avantage militaire qualitatif d'Israël en question

Lorsque le projet de vente à l'Arabie saoudite avait été évoqué pour la première fois en 2025, le New York Times avait déjà relevé les inquiétudes qu'il suscitait quant à l'avantage militaire qualitatif d'Israël dans la région. Israël demeure aujourd'hui le seul pays du Moyen-Orient à opérer des F-35, qu'il a utilisés lors de frappes aériennes contre l'Iran en octobre 2024 puis en juin 2025.

Depuis la guerre de 1973, les responsables politiques américains veillent à préserver cet avantage : le Congrès exige que Washington garantisse à Israël la capacité de vaincre toute « menace conventionnelle crédible » en subissant des dommages et des pertes minimaux. L'élargissement du club des utilisateurs de F-35 au Moyen-Orient, conjugué au risque de fuite technologique vers la Chine, place l'administration américaine devant un arbitrage sensible entre ses partenariats régionaux et ses engagements envers Israël.

Le dossier reste, à ce stade, en cours d'examen à Washington. Aucune décision finale n'a été annoncée sur la vente des 48 appareils, et les autorités saoudiennes n'ont pas répondu publiquement aux réserves formulées par les services de renseignement américains.

Questions fréquentes

Pourquoi les États-Unis craignent-ils une fuite technologique vers la Chine ?
Un rapport de la Defense Intelligence Agency évoque un accès de militaires chinois à des bases saoudiennes et l'usage d'équipements chinois dans les télécommunications du royaume, qui pourraient exposer la technologie du F-35 à l'espionnage.
Quel est le montant du contrat de vente des F-35 à l'Arabie saoudite ?
Le projet, en cours d'examen depuis novembre 2025, porte sur 48 avions et un moteur de rechange, pour un montant estimé à 24 milliards de dollars.
En quoi cette vente concerne-t-elle Israël ?
Israël est aujourd'hui le seul pays du Moyen-Orient à opérer des F-35 et bénéficie d'un avantage militaire qualitatif garanti par le Congrès américain depuis la guerre de 1973, que l'élargissement de ce marché pourrait affecter.

Sources : The Jerusalem Post, IsraelValley, Israel Hayom

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