ONU : la charge contre Israël s'élargit à l'Ouest, Jérusalem réplique
Le secrétaire général sortant de l'ONU, António Guterres, a ouvert le débat général de l'Assemblée générale en accusant Israël de « piétiner le chemin de la paix » en Judée et Samarie et en évoquant le « spectre d'un nettoyage ethnique ». De nouveaux éléments montrent qu'il a comparé l'ampleur des destructions à Gaza à « rien de ce qu'il a[vait] vu » durant son mandat, tout en essuyant des critiques de responsables ukrainiens pour avoir minimisé la guerre en Ukraine dans le même discours. Cette charge d'ouverture a précédé celles de l'émir du Qatar, d'Emmanuel Macron et d'Andy Burnham, auxquelles Gideon Sa'ar et le cabinet de Benjamin Netanyahou ont répliqué.

Le débat général de la 81e Assemblée générale de l'ONU, ouvert mardi à New York, s'est révélé plus hostile à Israël qu'attendu. C'est António Guterres lui-même, dans son dernier discours en tant que secrétaire général, qui a donné le ton en accusant Israël de « bulldozer le chemin de la paix » en Judée et Samarie.
Un réquisitoire d'ouverture contre Israël
Guterres a affirmé que « l'ampleur des tueries et des destructions » à Gaza est « unlike anything » qu'il ait connu « durant toutes [ses] années comme secrétaire général ». Il a évoqué les « abominables attaques terroristes du Hamas » du 7 octobre, sans toutefois distinguer, selon JNS, les civils palestiniens des combattants tués à Gaza dans son décompte. Il a également cité les mesures conservatoires contraignantes ordonnées par la Cour internationale de justice dans l'affaire dite « Application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza », exigeant qu'Israël s'y conforme et que l'ONU puisse opérer sur place. « La violence, le déplacement et l'expansion des implantations par Israël en Cisjordanie occupée piétinent le chemin de la paix et font craindre un nettoyage ethnique », a-t-il ajouté, appelant à ne pas laisser « la solution à deux États disparaître ».
Une charge qui s'étend désormais à l'Ouest
À ces propos se sont ajoutées les critiques de l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, qui a parlé d'un « génocide au sens plein du terme » et d'« une tache de honte sur la conscience de l'humanité tout entière ». Emmanuel Macron a jugé la situation à Gaza « un spectacle qui nous fait honte » et critiqué l'expansion des implantations, avant de susciter une polémique en affirmant, selon une traduction contestée par Paris, que « le Hamas n'a jamais été très actif en Cisjordanie ». Une source diplomatique française a assuré au Jerusalem Post que la phrase originale visait seulement l'absence de gouvernance du Hamas dans le territoire. Andy Burnham, tout en réaffirmant le soutien britannique face à l'Iran et au Hamas, a jugé que cela « ne justifie pas les actions du gouvernement israélien » et critiqué les projets dans la zone E1.
Guterres critiqué jusque dans son propre camp
Le discours de Guterres a lui-même suscité des remous. Des responsables et internautes ukrainiens lui ont reproché de n'avoir consacré que quelques phrases à l'escalade de la guerre contre la Russie, tout en s'étendant longuement sur Gaza, ainsi que d'avoir mis sur le même plan les frappes russes et les ripostes ukrainiennes visant des infrastructures énergétiques. Par ailleurs, JNS a relevé que l'ONU elle-même estime à environ 500 000 le nombre de morts dans la guerre du Tigré, en Éthiopie, entre 2020 et 2022, soit près de sept fois le bilan à Gaza avancé par le Hamas, une comparaison que le média avance pour interroger la proportion de l'attention portée par le secrétaire général au conflit israélo-palestinien.
La riposte israélienne
Gideon Sa'ar a reconnu qu'Israël se trouve en position minoritaire à l'ONU, mais a récusé l'idée d'un « consensus » international, rappelant qu'Israël l'était « déjà il y a un an, dix ans, vingt ans et quarante ans ». Il a jugé que les concessions passées, des accords d'Oslo au retrait de Gaza en 2005, n'avaient rapporté aucun crédit diplomatique durable. Le bureau de Benjamin Netanyahou a dénoncé « l'absurdité grotesque » des propos de Macron, rappelant que Netanel Chekroun, citoyen français, avait été tué par un terroriste du Hamas en Judée et Samarie la veille de Yom Kippour. Un communiqué conjoint de huit ministres des Affaires étrangères, dont ceux de Turquie, de Jordanie, d'Égypte et du Qatar, a par ailleurs réaffirmé son soutien à un État palestinien et appelé à une solution à deux États.
La suite attendue à l'ONU
Mahmoud Abbas doit s'adresser jeudi matin à l'Assemblée générale par visioconférence, faute de visa américain pour la seconde année consécutive. Benjamin Netanyahou prendra la parole l'après-midi, lors d'un déplacement éclair sans rencontre prévue avec Donald Trump. L'ambassadeur Danny Danon a évoqué la possibilité d'un nouveau départ coordonné de délégations, comme lors du discours du premier ministre l'an dernier.
Questions fréquentes
- Que reproche António Guterres à Israël ?
- Il l'accuse d'expansion des implantations en Judée et Samarie et évoque un « spectre de nettoyage ethnique », tout en jugeant l'ampleur des destructions à Gaza inédite durant son mandat.
- Pourquoi Guterres est-il aussi critiqué par l'Ukraine ?
- Des responsables ukrainiens lui reprochent d'avoir consacré à peine quelques phrases à l'escalade de la guerre russo-ukrainienne dans son discours, contre un long développement sur Gaza.
- Comment Israël a-t-il répondu à ces accusations ?
- Gideon Sa'ar a récusé l'idée d'un consensus international contre Israël, et le cabinet de Netanyahou a dénoncé les propos d'Emmanuel Macron sur le Hamas.
Dossier Judée et Samarie
2 commentaires
Shirah · 24 septembre 2026 à 13:40
Recep machin Erdogan, Macro et toute la clique sont la honte de leurs fonctions. Ces zozos n’ont plus aucune morale.
Anonyme · 25 septembre 2026 à 17:35
Ce salaud de a. guterres devrait etre declaré personna non gratta en ISRAEL !!!!!!



