Erdogan qualifie Gaza de « camp de concentration » à la tribune de l'ONU
Devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié Gaza de « camp de concentration le plus inhumain de notre époque ». La délégation israélienne a quitté la salle en pleine intervention. D'autres dirigeants, dont le roi de Jordanie Abdallah II et le président brésilien Lula da Silva, ont également durement critiqué Israël lors de cette première journée de débat général à New York.

Le débat général de l'Assemblée générale de l'ONU s'est ouvert mardi à New York par une série d'attaques frontales contre Israël. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que Gaza était devenue « le plus grand cimetière pour enfants du monde » et « le camp de concentration le plus inhumain et le plus honteux de notre temps ». Il a évoqué un chiffre de 74 000 morts sur trois ans, majoritairement des femmes et des enfants, et a parlé d'« acte de terrorisme d'État » de la part d'Israël. La délégation israélienne a quitté la salle en signe de protestation pendant son discours.
Une accusation historique contestée
Le parallèle établi par Erdogan avec les camps de concentration s'inscrit dans une rhétorique que la Turquie répète depuis le début de la guerre à Gaza, Ankara ayant plusieurs fois évoqué un « génocide » qu'Israël dément catégoriquement. Le président turc a également affirmé qu'au moins 1 500 Palestiniens auraient été tués à Gaza depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, un chiffre qui n'est corroboré par aucune autre source indépendante citée lors de cette session. Il a par ailleurs accusé le gouvernement israélien de refuser de « mettre fin à l'occupation » malgré le passage à la deuxième phase du plan de paix, et a salué au passage le rôle du président américain Donald Trump dans l'obtention du cessez-le-feu.
Erdogan a consacré une partie de son discours à l'absence du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, empêché pour la deuxième année consécutive de se rendre à New York faute de visa américain. Il a appelé les pays qui ne reconnaissent pas encore un État palestinien à revoir leur position et a réclamé une pression internationale accrue sur Israël.
D'autres dirigeants montent au créneau
Erdogan n'était pas seul à charger Israël ce jour-là. Le secrétaire général de l'ONU António Guterres a évoqué, dans son dernier discours devant l'Assemblée avant la fin de son mandat, « le spectre d'un nettoyage ethnique » en Judée et Samarie, dénonçant l'expansion des implantations. Le président brésilien Lula da Silva a accusé le gouvernement de Benjamin Netanyahou d'avoir commis un « génocide » contre des femmes et des enfants à Gaza, tout en reconnaissant que « les civils israéliens ont payé le prix » des attentats du Hamas.
Le roi de Jordanie Abdallah II a été le plus loin sur le terrain juridique, qualifiant de « crime de guerre » ce qu'il a décrit comme un « transfert forcé » de population en Judée et Samarie, et évoquant un « appétit expansionniste » israélien qu'il a présenté comme une menace régionale, citant en exemple la Syrie. Selon le site Kountrass, aucun de ces dirigeants n'a formulé de critique comparable à l'égard d'autres conflits, notamment la guerre en Ukraine.
La suite attendue à l'ONU
Mahmoud Abbas doit s'adresser jeudi matin à l'Assemblée générale par visioconférence, faute de visa américain pour la seconde année consécutive. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou doit ensuite prendre la parole dans l'après-midi, lors d'un déplacement éclair à New York de moins de vingt-quatre heures, sans rencontre prévue avec Donald Trump. L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a évoqué la possibilité d'un nouveau « spectacle » de départs coordonnés de délégations, comme l'an dernier lors du discours du Premier ministre.
Questions fréquentes
- Pourquoi la délégation israélienne a-t-elle quitté la salle ?
- Elle a quitté l'hémicycle en pleine intervention d'Erdogan, après qu'il a qualifié Gaza de « camp de concentration » et accusé Israël de terrorisme d'État.
- Israël répond-il à l'accusation de génocide ?
- Oui, Israël dément catégoriquement les accusations de génocide formulées par la Turquie et d'autres dirigeants, notamment lors de ce débat à l'ONU.
- Quand Netanyahou doit-il s'exprimer à l'ONU ?
- Le Premier ministre est attendu jeudi après-midi, pour un déplacement de moins de vingt-quatre heures à New York, après le discours par vidéo de Mahmoud Abbas le matin même.
Sources : Israel Hayom, Kountrass, The Jerusalem Post




