En directIsraël : la percée des partis arabes ouvre une alternative à l'union nationale

Élections israéliennes : le Likoud en tête, la coalition reste à construire

Le scrutin du 27 octobre n'a dégagé aucune majorité claire à la Knesset. Le Likoud de Benjamin Netanyahou reste la première force politique, mais aucun bloc ne réunit les 61 sièges nécessaires pour gouverner seul. La formation d'une coalition s'annonce comme le principal enjeu des prochaines semaines.

3 min de lecture6 vuesPar la rédaction
Élections israéliennes : le Likoud en tête, la coalition reste à construire
Photo : Illustration générée par IA

Le scrutin législatif du 27 octobre 2026 a confirmé le Likoud comme première force à la Knesset, selon les résultats cités par le Jerusalem Post, mais sans offrir de majorité à Benjamin Netanyahou. Le bloc sortant doit désormais composer avec un paysage politique éclaté, où chaque allié potentiel pèse ses intérêts avant de s'engager.

Un Likoud en tête, une coalition à bâtir

Le Likoud conserve son rang de premier parti, déjouant les calculs d'Avigdor Liberman, qui espérait profiter d'un éclatement de la formation de Netanyahou. Yisrael Beytenou, le parti de Liberman, est crédité de sept sièges, un score inférieur aux neuf mandats annoncés par les sondages avant le vote, selon le Jerusalem Post. Une partie de cet électorat se serait reportée sur B'Yachad, le parti de l'ancien Premier ministre Naftali Bennett.

Face à cette fragmentation, l'économiste Jacques Bendelac, cité par IsraelValley, distingue quatre scénarios pour la suite : un gouvernement d'union nationale large, une coalition menée par l'opposition actuelle, la reconduction de la majorité sortante, ou un nouveau cycle électoral. Chacun de ces scénarios aurait, selon lui, des conséquences directes sur le shekel, la confiance des investisseurs et l'activité économique.

Liberman ménage ses options, Netanyahou regarde vers Eisenkot

Selon une information de la chaîne N12 relayée par le Jerusalem Post, Avigdor Liberman a cessé de répondre aux appels de ses alliés de l'opposition, Naftali Bennett et Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar. Le chef de Yisrael Beytenou pousserait en coulisses pour la formation d'un gouvernement d'union, sans vouloir être le premier à rejoindre le bloc Netanyahou. Il préférerait, toujours selon N12, qu'Eisenkot franchisse seul ce pas.

Le quotidien Maariv affirme de son côté que Netanyahou envisage un gouvernement d'union avec Eisenkot, citant des sources proches du Premier ministre. Des proches de Liberman indiquent qu'il choisit pour l'instant d'attendre, une éventuelle escalade sécuritaire pouvant selon eux rebattre les cartes de la négociation. Liberman a par ailleurs demandé à la procureure générale Gali Baharav-Miara d'ouvrir une enquête pénale visant Netanyahou, qu'il accuse d'avoir cherché à impliquer Tsahal dans une confrontation militaire pour retarder le scrutin.

La présidence de la Knesset, premier terrain d'affrontement

Avant même la formation d'un gouvernement, le camp du changement pourrait tenter de destituer Amir Ohana, membre du Likoud, de la présidence de la Knesset, selon IsraelValley. Ce poste donne un pouvoir déterminant sur l'ordre du jour parlementaire et le calendrier des votes. Un président élu ne peut être démis qu'avec le soutien de 90 députés, mais un précédent de 2020 montre que 61 signatures suffisent à contraindre la tenue d'un vote de remplacement, la Cour suprême ayant alors jugé qu'un président ne pouvait refuser de soumettre une telle demande au vote. Amir Ohana aurait lui-même indiqué qu'il respecterait une demande appuyée par 61 députés. Réunir ces signatures suppose toutefois que des élus comme Elisaf Peretz et Shira Shapira acceptent de les apposer aux côtés du parti arabe Balad, une perspective qui divise déjà l'opposition.

Sur les marchés, l'incertitude s'est traduite par un recul net des indices de la Bourse de Tel-Aviv, le secteur immobilier et la construction étant les plus touchés, selon Globes. Ori Ben Dov, directeur général d'IBI Gestion de fonds, estime toutefois que ce repli tient avant tout à des multiples de valorisation déjà élevés et à une surabondance de logements invendus, plus qu'au résultat électoral lui-même.

La suite dépendra des tractations menées dans les prochains jours entre Netanyahou, Liberman et Eisenkot, ainsi que du sort réservé à la présidence de la Knesset, premier test de rapport de forces avant la formation officielle d'un gouvernement.

Questions fréquentes

Pourquoi aucun bloc n'a-t-il de majorité après les élections du 27 octobre ?
Le Likoud reste le premier parti, mais ni le bloc de Netanyahou ni l'opposition n'atteignent les 61 sièges nécessaires à la Knesset, selon les résultats cités par le Jerusalem Post.
Quel rôle joue Avigdor Liberman dans la formation du prochain gouvernement ?
Avec sept sièges, Liberman refuse pour l'instant de rejoindre la coalition de Netanyahou tout en poussant en coulisses pour un gouvernement d'union, selon une information de N12.
Qu'est-ce qui pourrait changer à la présidence de la Knesset ?
L'opposition pourrait tenter de réunir 61 signatures pour forcer un vote de remplacement d'Amir Ohana, poste qui contrôle l'ordre du jour parlementaire, selon IsraelValley.

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