Élections en Israël : un Parlement sans majorité claire, vote arabe record

Les élections législatives du 27 octobre 2026 ont débouché sur une 26e Knesset sans majorité nette, avec un taux de participation national de 77,7 %, le plus élevé depuis 1999. Les partis arabes, Liste unifiée et Ra'am, ont doublé leur représentation pour atteindre 19 sièges, un résultat inédit qui redistribue les équilibres politiques à Jérusalem.

2 min de lecture3 vuesPar la rédaction
Élections en Israël : un Parlement sans majorité claire, vote arabe record
Photo : Illustration générée par IA

Le scrutin du 27 octobre a produit une Knesset fragmentée. Selon la Commission électorale centrale, citée par plusieurs médias, la participation nationale a atteint 77,7 %, un record depuis 1999. Aucun des deux grands blocs n'est sorti avec une majorité évidente. Gadi Eisenkot, à la tête du parti Yashar, donné en tête de l'opposition avec environ 21 sièges, a indiqué qu'il formerait un gouvernement minoritaire s'il n'atteignait pas les 61 sièges nécessaires, signe qu'il excluait toute collaboration avec Benyamin Netanyahou. Pour Ilana Shpaizman, maîtresse de conférences à l'université Bar-Ilan, interrogée par JNS, ce niveau de participation traduit "un vote de confiance dans la démocratie" israélienne.

Une participation arabe sans précédent

Le fait marquant de ce scrutin reste la mobilisation du secteur arabe. La chaîne 12 a évalué la participation à environ 80 %, contre environ 53 % en 2022 selon l'AFP. Résultat : la Liste unifiée et Ra'am totalisent 19 sièges, contre 10 dans la précédente Knesset, selon les chiffres rapportés par le journaliste Khaled Abu Toameh. Sharona Zablodovsky, du Forum Dvorah, estime que la politique du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, qui a durci les conditions de détention des prisonniers arabes et multiplié les démolitions de constructions illégales, a joué un rôle de "catalyseur" dans cette mobilisation, une partie des électeurs arabes ayant voté par réaction. Le Dr Mordechai Kedar, orientaliste interrogé par Shomer Saf, avance une autre explication : selon lui, d'importantes sommes d'argent, dont une partie d'origine qatarie, auraient circulé dans le secteur arabe pour pousser à la participation et favoriser Ra'am ; il évoque aussi l'interception par la police d'une voiture transportant des enveloppes d'argent marquées au nom de ce parti. Ces affirmations, qui n'engagent que leur auteur, font l'objet d'enquêtes selon ses propos et n'ont pas été confirmées par une source officielle.

Netanyahou contesté, la droite religieuse fragilisée

L'opposition avait centré sa campagne sur le rejet de Benyamin Netanyahou. Mais cette stratégie du "tout sauf Bibi" n'a pas suffi à emporter une majorité claire, note Zablodovsky, qui souligne que le Likoud reste le premier parti du pays. Le Likoud a par ailleurs mis en avant la menace iranienne pendant la campagne, allant jusqu'à diffuser une image générée par intelligence artificielle représentant un champignon atomique au-dessus de Tel-Aviv, selon Shpaizman. Côté ultra-orthodoxe, le parti Shas a perdu du terrain, passant de 11 à 7 sièges, une érosion attribuée par Shpaizman à la colère d'une partie de l'électorat séfarade face à l'absence de loi sur l'enrôlement des yeshivot dans l'armée, alors que la guerre à Gaza a accru la pression publique sur ce dossier.

La suite des négociations

Avec encore environ un demi-million de bulletins à dépouiller au moment des premières analyses, les résultats définitifs restent provisoires. La question posée désormais à Jérusalem est celle de la composition de la coalition : Benyamin Netanyahou devra chercher une majorité à 61 sièges, tandis que la place des partis arabes et des partis ultra-orthodoxes dans de futures tractations reste ouverte. Les prochains jours diront si le président de l'État confie à Netanyahou ou à un rival le mandat de former le gouvernement.

Questions fréquentes

Quel a été le taux de participation aux élections du 27 octobre 2026 ?
Selon la Commission électorale centrale, la participation nationale a atteint 77,7 %, un record depuis 1999.
Combien de sièges ont obtenu les partis arabes ?
La Liste unifiée et Ra'am ont obtenu ensemble 19 sièges à la Knesset, contre 10 lors de la législature précédente.
Qui pourrait former le prochain gouvernement ?
Aucun bloc n'a de majorité évidente à 61 sièges ; les négociations de coalition entre Benyamin Netanyahou, l'opposition menée par Gadi Eisenkot et les partis religieux ou arabes restent à venir.

Dossier Élections israéliennes 2026

Commentaires

    À lire aussi

    Israël sans majorité : Netanyahou et Eisenkot dans l'impasse après le scrutin d'octobre
    Les PRO

    Israël sans majorité : Netanyahou et Eisenkot dans l'impasse après le scrutin d'octobre

    Élections en Israël : Netanyahou en tête, la course à la coalition s'engage
    Les PRO

    Élections en Israël : Netanyahou en tête, la course à la coalition s'engage