Élections à la Knesset : résultats certifiés malgré les soupçons d'ingérence étrangère

La commission électorale centrale a remis mercredi au président Isaac Herzog les résultats officiels de la 26e Knesset, validés par 15 voix contre 2 et 14 abstentions. Cette certification intervient alors que le Shin Bet enquête sur des soupçons de financements étrangers massifs et que l'ONG Ad Kan affirme que 200 000 voix du secteur arabe pourraient avoir été achetées.

3 min de lecture3 vuesPar la rédaction
Élections à la Knesset : résultats certifiés malgré les soupçons d'ingérence étrangère
Photo : Illustration générée par IA

La remise des résultats, mercredi, à la résidence présidentielle de Jérusalem devait clore un scrutin disputé le 27 octobre. Le juge Noam Sohlberg, président de la commission électorale centrale, a rappelé que « les résultats électoraux, déterminés conformément à la loi, s'imposent à tous ». Au total, 5 717 397 électeurs ont voté, et les protocoles de 9 069 bureaux de vote ont été vérifiés. Le bloc de Benjamin Netanyahou obtient 53 sièges, l'opposition sioniste 48, tandis que la Liste arabe unie et Raam totalisent 19 sièges, sans qu'aucun camp n'atteigne la majorité de 61 sièges nécessaire à la formation d'un gouvernement.

Une certification approuvée dans la division

Le vote d'approbation, 15 voix pour, 2 contre et 14 abstentions, a été précédé d'un épisode symbolique : le député du Likoud Amit Halevi a démissionné de son siège à la commission, refusant de cautionner, même par une abstention, une procédure qu'il juge entachée de doutes non levés. « Nous pouvons et devons certifier uniquement le choix libre des citoyens israéliens, et non le choix des dirigeants du Qatar, de l'Iran ou de la Turquie », a-t-il déclaré. Otzma Yehoudit a voté contre l'approbation, invoquant les mêmes soupçons. La commission a toutefois affirmé que son examen des réclamations déposées par les partis et le public n'avait révélé « aucune irrégularité de nature à compromettre l'intégrité du scrutin ni à en altérer les résultats ».

Le Shin Bet évoque des sommes considérables

Parallèlement à la certification, le juge Sohlberg a dévoilé un passage expurgé de l'évaluation transmise par le chef du Shin Bet, David Zini. Selon ce document, les services de renseignement constatent « un phénomène généralisé d'afflux de sommes d'argent importantes en provenance de l'étranger, émanant d'acteurs aux intérêts occultes, voire hostiles », à une échelle qui dépasserait « des milliers de personnes, et peut-être davantage ». Le texte précise que des investigations complémentaires sont nécessaires pour établir, avec un haut degré de certitude, l'ampleur réelle du phénomène. Un différend serait par ailleurs survenu entre David Zini et la procureure générale Gali Baharav-Miara sur l'étendue des pouvoirs d'enquête du Shin Bet, cette dernière exigeant des preuves avant toute audition d'élus. Herzog a demandé que toute suspicion d'« ingérence étrangère subversive » soit pleinement examinée par le Shin Bet et la police, tout en mettant en garde contre toute stigmatisation collective : « Une communauté entière ne doit pas être salie. »

Les accusations d'achat de voix dans le secteur arabe

De son côté, l'ONG Ad Kan, spécialisée dans les enquêtes sous couverture, affirme avoir recueilli des centaines de témoignages décrivant un système d'achat de voix organisé dans des bureaux de vote du secteur arabe, via des enveloppes d'espèces ou des bons de carburant distribués contre la preuve d'un vote. Son directeur, Avihai Shorshan, évalue entre 200 000 et 220 000 le nombre de voix potentiellement concernées, soit l'équivalent de cinq sièges, tout en reconnaissant ne pas savoir si un État étranger a financé l'opération et en précisant que cela ne changerait pas l'issue du scrutin. Il fonde notamment son estimation sur un bond de participation qu'il juge « non naturel », passée selon lui de 53 % à 82 % dans le secteur arabe. Une analyse de l'Institut israélien pour la démocratie situe toutefois ce taux à environ 77 %, un niveau déjà atteint par le passé, notamment 79,3 % en 1996. Sept suspects ont par ailleurs été interpellés dans le Néguev après la découverte d'enveloppes contenant des espèces et des bulletins Raam ; six ont été libérés, certains assignés à résidence. La police affirme qu'il n'existe aucun lien entre cette affaire et l'enquête du Shin Bet sur l'ingérence étrangère.

Le juge Sohlberg a tenu à circonscrire le rôle de la commission qu'il préside : vérifier les calculs électoraux, non trancher des questions pénales ou sécuritaires, et il a rappelé qu'une procédure de recours électoral reste ouverte si des preuves venaient à émerger. Herzog a entamé mercredi soir les consultations avec les chefs de parti en vue de la formation du prochain gouvernement, appelant les factions à faire preuve d'« originalité, de courage et de bonne volonté » pour éviter de nouvelles élections.

Questions fréquentes

Combien de sièges obtient le bloc de Netanyahou ?
Le bloc de droite et religieux de Benjamin Netanyahou obtient 53 sièges, contre 48 pour l'opposition sioniste et 19 pour la Liste arabe unie et Raam réunies, aucun camp n'atteignant la majorité de 61 sièges.
Que reproche l'ONG Ad Kan au scrutin ?
Ad Kan affirme que 200 000 à 220 000 voix du secteur arabe auraient été achetées via des espèces ou des bons de carburant, tout en précisant que cela ne changerait pas le résultat global des élections.
Les résultats électoraux sont-ils remis en cause ?
Non. La commission électorale a certifié les résultats le 4 novembre, estimant n'avoir trouvé aucune irrégularité compromettant l'intégrité du scrutin, même si l'enquête du Shin Bet sur l'ingérence étrangère se poursuit.

Dossier Élections israéliennes 2026

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