Ben-Gvir dit que Netanyahou « ne répond pas exactement » à ses appels
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a affirmé que le Premier ministre Benjamin Netanyahou ne répondait plus à ses appels depuis plusieurs semaines. Ces déclarations, faites à l'approche des élections israéliennes, révèlent des frictions croissantes entre les deux dirigeants au sein de la coalition gouvernementale.

Le ministre de la Sécurité nationale et chef du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben-Gvir, a évoqué publiquement la dégradation de sa relation avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou. Interrogé sur le podcast de Miki Levin pour Maariv, à la veille de Yom Kippour, il a déclaré que Netanyahou « ne répond pas exactement » à ses appels téléphoniques depuis plusieurs semaines.
Une relation personnelle qui se refroidit
Ben-Gvir a décrit une relation qu'il qualifie de « très, très bonne » au cours des deux dernières années, marquée selon lui par de longues rencontres le vendredi, parfois jusqu'à une heure avant Shabbat. Il affirme que cette proximité s'est interrompue « soudainement », sans en connaître la raison exacte, évoquant la possibilité que le Premier ministre « ait d'autres projets ». Il a également suggéré que des collaborateurs du bureau de Netanyahou lui « chuchotent de rester à l'écart ».
Le ministre a par ailleurs publié ces dernières semaines une série de vidéos sur les réseaux sociaux, s'adressant directement à Netanyahou. Dans l'une d'elles, il déclarait : « Netanyahou, tu ne prends pas de photos avec moi, tu me boycottes, ça me fait mal, je t'aime, je ne mérite pas ça, où est ton respect ? » Miki Levin lui a suggéré qu'il s'agissait d'une manœuvre concertée profitant aux deux camps, ce que Ben-Gvir a démenti fermement.
La crainte d'une coalition élargie sans Otzma Yehudit
Au-delà du ressenti personnel, Ben-Gvir a exprimé une inquiétude politique plus concrète : la possibilité que Netanyahou forme, après les élections, une coalition élargie avec Gadi Eisenkot, laissant Otzma Yehudit hors du gouvernement. Il a rappelé des précédents qu'il juge similaires, en 2009 avec l'ancien Premier ministre Ehud Barak et en 2013, où Netanyahou aurait selon lui écarté ses partenaires initiaux au profit d'alliances plus larges.
Malgré ces tensions, Ben-Gvir a tenu à souligner son estime pour le Premier ministre. « J'apprécie Netanyahou. J'apprends beaucoup de lui. Il a 27 ans de plus que moi. C'est vraiment quelqu'un que je respecte en tant que leader », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant avoir été blessé par la situation.
Rester au gouvernement malgré les tensions
Ben-Gvir a affirmé vouloir continuer à faire partie d'un gouvernement dirigé par Netanyahou, indépendamment des différends personnels. Il a mis en avant des dossiers qu'il juge prioritaires, notamment la nomination du conseiller juridique et celle des juges à la Cour suprême, qu'il place au-dessus de son honneur personnel. « Oui, il me fait mal. Oui, ça m'agace. Oui, ça me met en colère », a-t-il concluu, tout en réaffirmant son respect pour la fonction de Premier ministre.
Ces déclarations interviennent alors que la campagne électorale s'intensifie et que les équilibres au sein de la coalition sortante restent incertains. La suite dépendra des résultats du scrutin et des choix d'alliances que Netanyahou opérera pour former son prochain gouvernement.
Questions fréquentes
- Pourquoi Ben-Gvir critique-t-il Netanyahou ?
- Il affirme que le Premier ministre ne répond plus à ses appels et craint que Netanyahou forme après les élections une coalition élargie sans Otzma Yehudit.
- Ben-Gvir veut-il quitter le gouvernement ?
- Non, il a explicitement affirmé vouloir rester dans un gouvernement dirigé par Netanyahou, malgré les tensions personnelles.
- À quels précédents Ben-Gvir fait-il référence ?
- Il cite les années 2009 et 2013, où selon lui Netanyahou aurait écarté des partenaires de coalition, dont Ehud Barak, au profit d'alliances plus larges.
Sources : The Jerusalem Post




