JD Vance affirme que Trump peut « se séparer » de Netanyahou quand ses intérêts divergent

Le vice-président américain JD Vance a affirmé mardi que Donald Trump n'hésiterait pas à se démarquer de Benjamin Netanyahou lorsque les intérêts américains diffèrent de ceux du gouvernement israélien. Ses propos, tenus lors d'un sommet technologique à Los Angeles, ont suscité de vives réactions chez des figures pro-israéliennes habituellement alignées sur l'administration.

3 min de lecturePar la rédaction
JD Vance affirme que Trump peut « se séparer » de Netanyahou quand ses intérêts divergent
Photo : Emily J. Higgins · Public domain · Wikimedia Commons

S'exprimant par visioconférence devant le All-In Summit, un rendez-vous technologique organisé à Los Angeles, JD Vance a estimé que Donald Trump affiche « une volonté de se séparer de Bibi Netanyahou plus qu'aucun président des quarante dernières années » lorsque les intérêts du peuple américain divergent de ceux du gouvernement israélien. Il a ajouté : « Nous ne pouvons pas laisser notre politique étrangère au Moyen-Orient être subordonnée à l'État d'Israël. »

Une ligne assumée par Washington

Vance a comparé la relation avec Israël à celle que Washington entretient avec l'OTAN, expliquant que même les partenariats stratégiques n'impliquent pas une subordination totale de la politique étrangère américaine. Il a rappelé qu'Israël demeure « un partenaire important » en matière de technologie militaire et de renseignement, tout en reconnaissant que « les États-Unis ne sont pas toujours d'accord avec Israël ». Ces propos surviennent alors qu'un sondage Pew réalisé fin mars, en pleine guerre contre l'Iran, montrait que 60 % des adultes américains avaient une opinion défavorable d'Israël et que 59 % ne faisaient pas confiance à Netanyahou sur la scène internationale, deux chiffres en hausse de 7 points. À l'approche des élections de mi-mandat de novembre, les républicains cherchent à se démarquer des positions jugées impopulaires, craignant de perdre le contrôle du Congrès.

Trump se présente pourtant comme le président ayant le plus fait pour Israël : transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, rupture de l'accord sur le nucléaire iranien négocié sous Obama en 2018, obtention de la libération des otages de Gaza en 2025, puis lancement en février d'une guerre conjointe inédite contre l'Iran. Netanyahou est le chef d'État étranger ayant effectué le plus de visites à la Maison-Blanche. Vance a néanmoins accusé par le passé Israël de chercher à influencer l'opinion publique américaine pendant la guerre contre l'Iran, notamment après la décision de Washington de mettre fin au conflit sans plan clair pour bloquer durablement les capacités nucléaires iraniennes, et l'accord civil sur le nucléaire conclu avec l'Arabie saoudite sans exiger en contrepartie une normalisation avec l'État hébreu.

Des réactions vives dans le camp pro-israélien

Jonathan Schanzer, directeur exécutif de la Foundation for the Defense of Democracies, un centre de réflexion qui avait soutenu la guerre contre l'Iran, a répliqué sur X : « La politique étrangère américaine ne devrait être subordonnée à aucun pays. Pourquoi le vice-président ressent-il le besoin de pointer Israël sur ce point ? Pourquoi pas le Qatar, l'Arabie saoudite ou l'Ukraine ? » Heather Johnston, fondatrice de la US Israel Education Association, a accusé Vance de vouloir séduire les détracteurs d'Israël, rappelant que « la politique étrangère américaine n'a jamais été subordonnée à celle d'Israël ». La directrice de la communication de Vance, Taylor Van Kirk, a répondu en publiant l'intégralité de l'échange, invitant le public à visionner l'extrait complet où le vice-président répondait à une question directe sur Israël. Vance a par ailleurs déjà suscité des critiques dans la communauté juive américaine pour avoir refusé de désavouer l'animateur Tucker Carlson, connu pour avoir relayé des théories complotistes visant Israël et les Juifs.

Vers une nouvelle phase face à l'Iran

Dans un entretien accordé le même jour au New York Post, Vance a indiqué qu'un tournant approchait dans le conflit avec l'Iran, prédisant que la situation serait « très différente » d'ici quelques mois, en phase avec les prévisions de Trump évoquant une fin des combats « juste après » les élections de mi-mandat. Selon lui, la première phase — destruction du programme nucléaire iranien, de ses capacités militaires conventionnelles et de sa capacité de projection de puissance — est achevée ; la seconde consistera à empêcher Téhéran de reconstruire son arsenal. Le trafic dans le détroit d'Ormuz, ciblé sporadiquement par des tirs iraniens contre des navires commerciaux, reste très inférieur à son niveau d'avant-guerre malgré quatre mois d'opérations de déminage menées par les Navy SEALs. La suite de ces annonces sera scrutée à l'approche des élections de mi-mandat de novembre, qui pourraient peser sur l'agenda de politique étrangère de l'administration Trump pour les deux dernières années de son mandat.

Questions fréquentes

Que veut dire Vance en évoquant une politique « non subordonnée » à Israël ?
Il affirme que Washington collaborera avec Israël quand leurs intérêts convergent, mais s'en écartera lorsque les intérêts américains diffèrent, comme le ferait un allié de l'OTAN.
Quelles réactions ont suivi les propos de Vance ?
Des figures pro-israéliennes comme Jonathan Schanzer et Heather Johnston ont critiqué Vance, l'accusant de cibler injustement Israël plutôt que d'autres partenaires comme le Qatar ou l'Arabie saoudite.
Où en est le conflit avec l'Iran selon Vance ?
Il estime que la première phase, visant à détruire le programme nucléaire et les capacités militaires iraniennes, est achevée, et qu'une seconde phase doit empêcher Téhéran de reconstruire son arsenal.

Sources : The Jerusalem Post, The Forward, Israel Hayom

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