Gaza : le Hamas évite la riposte après l'élimination de plusieurs de ses commandants
Le Hamas s'abstient de riposter après l'élimination par Tsahal de plusieurs de ses commandants à Gaza, selon Channel 12. Le mouvement redoute qu'une réponse ne pousse l'armée israélienne à reprendre des combats de grande ampleur au-delà de la « ligne jaune ». Un sondage palestinien confirme un soutien limité à la confrontation armée.

Ces dernières semaines, Tsahal a multiplié les opérations contre l'encadrement militaire du Hamas dans la bande de Gaza. Mardi, l'armée israélienne a annoncé avoir tué Nael Abu Obeid, commandant de la brigade de Rafah. Une semaine plus tôt, le 11 septembre, Tsahal et le Shin Bet avaient annoncé la mort de Muhammad Yazouri, commandant de la brigade de Khan Younis, dans une frappe au sud de l'enclave. Les forces spéciales ont également capturé vivant Muin al-Arbid, présenté comme le chef de l'appareil de sécurité générale du Hamas, lors d'un raid à Gaza-ville. Un commandant de cellule du Jihad islamique palestinien, impliqué dans l'infiltration du kibboutz Kissufim le 7 octobre 2023, a lui aussi été éliminé.
Une série d'éliminations ciblées à Gaza
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz ont commenté l'élimination du commandant de la brigade de Rafah dans un communiqué commun : « Notre message est clair : aucun terroriste n'est intouchable, et le Hamas ne restera pas à Gaza. » Ces opérations visent, selon des responsables israéliens, des cadres accusés d'avoir participé au massacre du 7 octobre, retenu des otages ou occupé des postes de commandement au sein de l'organisation.
Le Hamas redoute une reprise des combats au-delà de la ligne jaune
Selon Channel 12, le Hamas a pris la décision explicite de ne pas répondre militairement à ces éliminations, par crainte de fournir à Tsahal un prétexte pour relancer la guerre et lancer une incursion terrestre au-delà de la « ligne jaune ». Le mouvement estime que l'armée israélienne conserve l'avantage sur le terrain et préfère absorber les pertes plutôt que risquer une escalade généralisée. Un sondage du Jerusalem Media and Communications Centre, organisme de recherche palestinien, va dans le même sens : seuls 13 % des Palestiniens interrogés soutiennent une confrontation armée avec Israël, une proportion qui tombe sous 10 % à Gaza. Une majorité, 55,8 %, privilégie la négociation pour parvenir à leurs objectifs, contre 17,8 % favorables à une intifada populaire non violente. Le général de division Yaniv Asor, chef du commandement Sud de Tsahal, a par ailleurs affirmé que le Hamas conserve un large soutien dans la population de Gaza, où les opposants au mouvement sont, selon lui, « incapables d'influencer la réalité ».
Un désaccord persistant sur la stratégie à adopter
Ces opérations ciblées s'inscrivent dans un contexte de tension entre Israël et le Board of Peace, l'instance chargée de superviser le cadre de désarmement du Hamas conclu le 30 juillet sous l'égide du président américain Donald Trump, avec la médiation du Qatar, de l'Égypte et de la Turquie. Une source proche du Board of Peace a critiqué la politique israélienne, jugeant que les éliminations individuelles « ne conduiront pas au démantèlement » du Hamas tant que l'organisation conserve son armée et son autorité sur l'enclave. Israël, de son côté, rejette le plan en quinze points présenté par le Board of Peace. « Israël rejette le plan en quinze points pour Gaza. Tsahal ne se retirera pas tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé », a déclaré Benjamin Netanyahou début août. Le Board de son côté avait proposé une période de calme de quatorze jours, avec une exception pour les « menaces immédiates », afin de permettre un désarmement volontaire. Selon des responsables israéliens, le Hamas aurait profité de cette accalmie relative pour reconstituer ses capacités militaires plutôt que pour se préparer au désarmement.
Questions fréquentes
- Pourquoi le Hamas ne riposte-t-il pas aux éliminations ciblées ?
- Selon Channel 12, le mouvement craint qu'une réponse ne donne à Tsahal un prétexte pour reprendre les combats au-delà de la « ligne jaune » et lancer une incursion terrestre.
- Quels commandants du Hamas ont été récemment éliminés ?
- Nael Abu Obeid, commandant de la brigade de Rafah, et Muhammad Yazouri, commandant de la brigade de Khan Younis, ont été tués. Muin al-Arbid, chef de la sécurité générale du Hamas, a été capturé vivant.
- Que prévoit l'accord du 30 juillet sur le désarmement du Hamas ?
- Il prévoit l'inventaire et le stockage des armes du Hamas et des autres factions, sous supervision internationale, en vue d'un retrait progressif de Tsahal, mais Israël rejette le plan en quinze points qui l'accompagne.
Sources : The Jerusalem Post, JNS





