Législatives en Israël : Netanyahou fragilisé par le scénario des 59 sièges

À l'approche des élections législatives d'octobre, l'entourage de Benjamin Netanyahou redoute un scénario précis : un bloc de droite limité à 59 sièges, insuffisant pour gouverner mais suffisant pour permettre à ses adversaires de le renverser. Un sondage publié la même semaine montre par ailleurs que 72 % des Israéliens juifs refusent un retrait de Tsahal de Gaza sans zone de sécurité.

2 min de lecture1 vuePar la rédaction
Législatives en Israël : Netanyahou fragilisé par le scénario des 59 sièges
Photo : Avi Ohayon · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

À moins d'un mois du scrutin, l'analyse publiée par le Jerusalem Post décrit une inquiétude grandissante autour du Premier ministre. Au-delà du score du Likoud, c'est le résultat global du bloc de droite qui préoccupe son entourage, en particulier l'hypothèse qu'il reste sous la barre des 61 sièges.

Le scénario des 59 sièges

Selon cette analyse, un résultat de 59 sièges pour l'ensemble du bloc pourrait suffire à mettre Netanyahou en danger politique réel. Un rassemblement conduit par Avigdor Liberman, Gadi Eisenkot et Naftali Bennett, associé aux autres partis du bloc du changement, pourrait atteindre une majorité de 61 députés grâce au soutien ou à l'abstention de partis arabes comme la Liste unie, Ra'am ou Balad, sans que ceux-ci rejoignent formellement une coalition.

Jusqu'à présent, Netanyahou pouvait rester Premier ministre par intérim même sans majorité solide, faute d'alternative capable de rassembler 61 sièges sans les partis arabes. Ce verrou pourrait ne plus tenir si ses rivaux acceptent d'utiliser toute majorité parlementaire disponible pour le remplacer. Pour le chef du Likoud, 61 sièges ne sont donc plus seulement le seuil pour former un gouvernement, mais la ligne défensive empêchant ses adversaires d'en former un sans lui.

L'analyse relève également que Netanyahou souhaite éviter que la question de la conscription militaire, source de tensions au sein même de son camp, ne devienne le thème central de la campagne. Il privilégierait des sujets clivants entre droite et gauche, comme les controverses autour du film NAZA, jugées plus mobilisatrices pour unir son électorat.

Une majorité pour une zone de sécurité à Gaza

Un sondage publié par le Jewish People Policy Institute (JPPI), réalisé début septembre auprès de 663 Israéliens juifs et 206 Israéliens arabes, montre que 72 % des sondés juifs refusent un retrait de Tsahal jusqu'à la ligne antérieure au 7 octobre 2023 sans maintien d'une zone de sécurité à l'intérieur de Gaza.

Toujours parmi les répondants juifs, 55 % se disent prêts à envisager une occupation complète de Gaza administrée par l'armée pendant plusieurs années, contre 40 % qui s'y opposent en toute circonstance. Du côté des répondants arabes, l'opposition à une telle occupation atteint 69 %, en hausse par rapport aux 63 % mesurés l'an dernier.

Le même sondage note une hausse de l'optimisme chez les Israéliens juifs, 43 % jugeant que « la situation d'Israël s'améliore et va continuer de s'améliorer », contre 36 % un an plus tôt. Une majorité de 56 % estime que la montée de l'antisémitisme dans le monde ne doit pas conduire le gouvernement à changer de politique.

Les intentions de vote pour Netanyahou

Interrogés sur l'aptitude des principaux candidats à occuper le poste de Premier ministre, 46 % des Israéliens juifs désignent Netanyahou, devant Gadi Eisenkot (29 %) et Naftali Bennett (14 %). Chez les répondants arabes, Eisenkot arrive en tête avec 27 %, contre 11 % pour Netanyahou, un quart des sondés arabes se disant favorables à un autre candidat.

Le scrutin d'octobre déterminera si le bloc de droite franchit ou non le seuil des 61 sièges. Dans le cas contraire, la capacité du bloc du changement à s'appuyer sur les partis arabes pour réunir une majorité sera scrutée de près dans les jours suivant les résultats.

Questions fréquentes

Pourquoi 59 sièges seraient-ils dangereux pour Netanyahou ?
Selon l'analyse du Jerusalem Post, ce score laisserait 61 sièges à ses adversaires, qui pourraient former une majorité de remplacement grâce au soutien ou à l'abstention de partis arabes, sans avoir besoin d'une majorité classique de 61 sièges 'sionistes'.
Que montre le sondage JPPI sur Gaza ?
72% des Israéliens juifs interrogés refusent un retrait de Tsahal à la ligne antérieure au 7 octobre 2023 sans maintien d'une zone de sécurité à l'intérieur de la bande de Gaza.
Qui sont les principaux rivaux de Netanyahou selon le sondage ?
Gadi Eisenkot et Naftali Bennett, cités avec Avigdor Liberman comme les figures autour desquelles pourrait se constituer un bloc alternatif au Premier ministre.

Sources : The Jerusalem Post, JNS

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