Omer Shem Tov raconte sa captivité aux mains du Hamas : solitude, faim et coups
Enlevé lors du festival Nova le 7 octobre 2023, Omer Shem Tov a passé 505 jours en captivité à Gaza avant sa libération en février 2025. Dans un entretien accordé à Maariv, il revient sur la solitude, la faim et les mauvais traitements subis, à l'occasion de la sortie de son premier livre.

Omer Shem Tov a été enlevé lors du massacre du festival Nova, le 7 octobre 2023, puis détenu à Gaza pendant 505 jours. Libéré en février 2025 aux côtés d'Eliya Cohen et d'Omer Wenkert, il a accordé un entretien à Maariv la semaine dernière, à l'occasion de la parution de son premier livre, Meeting Myself in Hell. Il y détaille pour la première fois certains aspects de ses seize mois de captivité, entre isolement, privations et violences.
Une captivité marquée par la solitude
« Pour moi, la solitude a été la chose la plus difficile », confie Omer Shem Tov. Il précise toutefois que d'autres aspects de sa détention, notamment des sévices infligés par ses geôliers, restent pour l'instant sous silence. Au début de sa captivité, il était détenu avec Itay Regev, libéré avec sa sœur Maya lors des échanges d'otages contre prisonniers de novembre 2023.
Leur séparation a constitué, selon lui, l'un des moments les plus douloureux de son expérience. « Quand ils nous ont séparés, ce fut l'un des moments les plus durs de la captivité, car nous nous étions habitués à partager ensemble les difficultés, la faim et la peur », raconte-t-il. La période suivante, passée seul, reste selon lui la plus éprouvante de tout son calvaire.
Cinquante jours dans l'obscurité totale
Après la libération de Regev, Omer Shem Tov a passé la majeure partie de sa captivité isolé. Il évoque en particulier cinquante jours enfermé dans l'obscurité complète, dans une cellule si exiguë qu'il ne pouvait s'y tenir debout. « Les premiers jours, cela m'a étouffé. Je ne pouvais pas respirer à cause de l'angoisse », se souvient-il. Peu à peu, il s'est habitué à l'obscurité et son imagination s'est développée, jusqu'à voir des formes.
Un jour, une petite lampe torche est tombée de la poche d'un de ses ravisseurs. Il l'a cachée et l'allumait brièvement chaque jour « pour vérifier que mon œil voyait toujours ». Après sa libération, il a réalisé qu'il lui arrivait de regretter cette obscurité absolue, car, malgré la souffrance, c'était aussi le moment où il se sentait « le plus connecté à lui-même et à Dieu ».
La faim a constitué une autre épreuve constante. « Nous avions très faim, car nous recevions très peu de pain — une demi-pita, parfois moins. Un peu de viande en conserve », rapporte-t-il. Il raconte comment lui et Itay Regev imaginaient que des odeurs de grillades venues de l'extérieur, accompagnées de voix de femmes et d'enfants, pouvaient remplacer le goût de la viande dont ils rêvaient. « Nous mordions dans la pita, fermions les yeux, et imaginions que c'était de la viande. Une bouchée de pita — une cuisse de poulet. Une bouchée de pita — un kebab. »
Des violences physiques et une cérémonie humiliante
Omer Shem Tov évoque aussi brièvement des violences subies, dont un épisode où un terroriste l'a frappé après lui avoir annoncé, à tort semble-t-il, qu'il avait « tué » son meilleur ami. « Il a immédiatement pris un manche à balai et s'est mis à me frapper très fort sur les jambes », relate-t-il.
Avant son transfert au Comité international de la Croix-Rouge, le Hamas a contraint les trois otages à participer à une cérémonie de libération mise en scène. Quelques minutes avant, l'un des ravisseurs lui aurait ordonné d'embrasser la tête de Sabai Abu Hasna, un membre de l'unité Nukhba qui avait participé à sa détention. Shem Tov a d'abord refusé, avant de céder par crainte de compromettre sa libération imminente. De retour auprès de ses parents à la base de Réïm, il leur a confié sa honte et sa crainte d'être perçu comme un « traître » — un sentiment dissipé plus tard par les réactions du public israélien, qui a compris qu'il avait agi sous la contrainte.
Abu Hasna a été tué par Tsahal et le Shin Bet en juin dernier, dans le nord de Gaza. Informé de sa mort par un appel du Shin Bet, Omer Shem Tov dit en avoir été soulagé, « parce que c'était une personne mauvaise qui m'a fait beaucoup souffrir », sans que cet événement ait, selon lui, changé sa vie.
Reconstruire une vie après la captivité
La liberté n'a pas apporté de paix immédiate. Omer Shem Tov explique que le bruit des avions de chasse, des feux d'artifice ou des explosions peut encore raviver des souvenirs de Gaza, tout comme croiser une personne ressemblant à l'un de ses ravisseurs. Il refuse néanmoins de laisser la captivité définir son identité.
Depuis sa libération, il a voyagé, donné des conférences, repris des études et suivi récemment un cours de comédie à New York, avant de publier son livre. Il dit avoir longtemps rejeté l'idée d'écrire, ne voulant pas être réduit à son statut d'ancien otage, avant de se convaincre que son témoignage pouvait offrir « des outils, un éclairage et de l'espoir » à ceux qui traversent leurs propres épreuves. Il exprime aussi une gratitude profonde envers les soldats qui, selon lui, ont combattu pour sa libération : « Cela me dérange quand on me dit que je suis un héros. Je ne pense pas l'être. C'est une réalité qui m'a été imposée. Les soldats sont les héros. »
La publication de son livre s'inscrit dans une série de témoignages d'anciens otages qui, depuis les vagues de libérations de 2023 à 2025, contribuent à documenter les conditions de détention imposées par le Hamas à Gaza. Ces récits continuent de nourrir le débat public en Israël sur le sort des personnes encore détenues et sur l'accompagnement psychologique des survivants.
Questions fréquentes
- Qui est Omer Shem Tov ?
- Un jeune Israélien enlevé lors du festival Nova le 7 octobre 2023, détenu 505 jours à Gaza par le Hamas avant sa libération en février 2025.
- Comment Omer Shem Tov a-t-il été libéré ?
- Il a été libéré en février 2025 aux côtés d'Eliya Cohen et d'Omer Wenkert, après une cérémonie mise en scène par le Hamas, avant son transfert à la Croix-Rouge puis à Tsahal.
- Quel est le titre de son livre ?
- Son témoignage est paru sous le titre 'Meeting Myself in Hell', publié le mois dernier.
Sources : The Jerusalem Post




