Kushner qualifie la frappe israélienne à Doha d'« échec militaire » qui a isolé Israël

Jared Kushner, conseiller de l'administration Trump sur le dossier de Gaza, a qualifié la frappe israélienne menée à Doha l'an dernier de « chose terrible » et d'« échec militaire ». Il a aussi affirmé que Washington avait utilisé l'isolement diplomatique qui en a résulté pour pousser Israël vers un accord sur Gaza.

3 min de lecturePar la rédaction
Kushner qualifie la frappe israélienne à Doha d'« échec militaire » qui a isolé Israël
Photo : Pareekshith Indeever / Pexels

Jared Kushner, gendre et conseiller spécial du président américain Donald Trump, a livré un jugement inhabituellement direct sur l'opération israélienne menée à Doha, au Qatar, en septembre de l'année dernière. Intervenant par visioconférence lors d'une conférence à Kyiv, il a décrit cette frappe comme « une chose terrible » et comme un « échec » sur le plan militaire, avant d'expliquer comment cet épisode avait, selon lui, servi les intérêts diplomatiques de Washington.

Le contexte de la frappe à Doha

L'opération visait des responsables du Hamas présents à Doha. Selon Kushner, elle n'a pas atteint son objectif militaire et a eu pour conséquence immédiate d'isoler Israël sur la scène internationale. « Israël a mené la frappe à Doha, ce qui était une chose terrible », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il s'agissait « manifestement d'une opération militaire ratée » qui a conduit à « l'isolement mondial d'Israël ».

Une pression américaine revendiquée

Kushner a ensuite expliqué que l'administration Trump avait vu dans cette crise une occasion diplomatique à saisir. « Nous avons utilisé cette dynamique pour les pousser vers un accord dont ils sont aujourd'hui très satisfaits », a-t-il affirmé, reconnaissant qu'Israël s'était montré « un peu mal à l'aise » face à cette pression au moment des faits. Il a toutefois insisté sur le fait que ce résultat n'aurait pas été possible sans un travail préparatoire mené en amont pendant plusieurs mois. « Il fallait à la fois trouver l'ouverture et la mettre en place, a-t-il précisé. Mais si nous n'avions pas fait tout ce travail préalable, quand l'ouverture est arrivée, rien ne se serait produit. »

Ce que révèlent ces déclarations

Ces propos constituent une reconnaissance rare, venant d'une figure proche du président américain, du fait que l'administration considérait l'opération de Doha non seulement comme un échec tactique, mais comme un événement ayant infligé un dommage stratégique plus large à Israël. Jusqu'à présent, ce type d'évaluation circulait surtout dans des conversations privées ou des briefings informels, plutôt que dans une déclaration publique aussi explicite. Kushner a néanmoins tenu à souligner que cet affaiblissement diplomatique s'était, selon lui, transformé en levier utile : Israël, dit-il, est aujourd'hui « très content » de l'accord issu de cette séquence.

Vers une nouvelle configuration à Gaza

Kushner a également évoqué la mise en place d'une nouvelle structure de gouvernance à Gaza, censée prendre progressivement le relais à mesure qu'avance le processus de démilitarisation. « C'est ce qui doit manifestement prendre le relais bientôt, une fois que nous aurons avancé sur la démilitarisation », a-t-il indiqué, sans détailler le calendrier ni les modalités précises de cette transition. D'après lui, cette issue a été « formidable » à la fois pour Israël et pour la population de Gaza, dans la mesure où elle a débouché sur ce nouveau gouvernement.

Les enjeux d'une diplomatie sous pression

Le récit de Kushner offre un aperçu rare de la manière dont l'équipe Trump analyse, en interne, le chemin ayant mené à l'accord sur Gaza. Ce qui apparaissait à l'époque comme l'un des revers diplomatiques les plus sérieux pour Israël est présenté, du point de vue de Washington, comme une fenêtre d'opportunité exploitée grâce à un travail préparatoire de longue haleine. Ce témoignage met en lumière les tensions qui peuvent exister entre impératifs sécuritaires israéliens et stratégie diplomatique américaine, ainsi que la manière dont une action militaire controversée peut, selon Washington, ouvrir la voie à des négociations plus larges.

Les déclarations de Kushner devraient alimenter le débat, en Israël comme aux États-Unis, sur la manière dont la frappe de Doha a été gérée et sur le rôle exact joué par la pression américaine dans la conclusion de l'accord sur Gaza. Reste à savoir si de nouveaux éléments viendront préciser le calendrier de la démilitarisation évoquée par Kushner et les contours précis du gouvernement appelé à prendre le relais à Gaza.

Questions fréquentes

Qui est Jared Kushner dans ce dossier ?
Jared Kushner est gendre et conseiller de Donald Trump, présenté comme l'une des figures clés de l'administration américaine sur le dossier de Gaza.
Que reproche Kushner à la frappe israélienne de Doha ?
Il la qualifie d'« échec » militaire et estime qu'elle a provoqué l'isolement diplomatique international d'Israël.
Selon Kushner, comment Washington a-t-il utilisé cet épisode ?
L'administration Trump affirme avoir exploité la crise pour accroître la pression sur Israël et le pousser vers un accord sur Gaza.

Sources : The Jerusalem Post, JForum

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