Conscription : les partis harédim envisagent de rester hors du prochain gouvernement
À l'approche des élections israéliennes de 2026, les partis ultraorthodoxes envisagent de ne recommander aucun candidat au poste de premier ministre et de siéger dans l'opposition tant que la crise sur la loi de conscription ne sera pas réglée. Selon des sources harédies citées par Maariv, cette stratégie leur permettrait de contester la future loi sans en porter la responsabilité politique. Le scénario, encore informel, pourrait redessiner les rapports entre Shas, le Judaïsme unifié de la Torah et le bloc de Benjamin Netanyahou.

Rester à l'écart pour éviter la crise de la conscription
D'après des sources harédies proches des discussions internes, citées par le quotidien Maariv, l'orientation qui se dessine consiste à ne pas recommander Benjamin Netanyahou ni Gadi Eisenkot à la présidence après les élections. « Le sentiment actuel est que nous ne recommanderons personne », a expliqué une source harédie, précisant que les partis ultraorthodoxes envisagent de siéger dans l'opposition durant la première année.
Cette orientation n'est ni une décision formelle de Shas ou du Judaïsme unifié de la Torah, ni un plan validé par les rabbins décisionnaires. Elle reflète, selon les sources, un état d'esprit largement partagé au sein de l'appareil politique harédi, confronté à l'impasse persistante sur la loi de conscription.
Le calcul est clair : un gouvernement dépendant des partis harédim aurait le plus grand mal à faire adopter une législation qui satisfasse à la fois leurs exigences et les obstacles juridiques posés par la Cour suprême. En restant hors de la coalition, les partis ultraorthodoxes pourraient s'opposer publiquement à la loi votée par le gouvernement sans être signataires du compromis. « Une loi sur la conscription finira par passer, nous n'y serons pas liés, et nous pourrons l'attaquer depuis l'opposition », a résumé une source harédie.
Les conditions de Gadi Eisenkot compliquent le calcul
Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et ancien chef d'état-major de Tsahal, a fait du service militaire obligatoire l'une des conditions fondamentales pour former un gouvernement. Il a affirmé préférer de nouvelles élections plutôt que de transiger sur ce principe. Son cadre prévoit un service militaire, national ou civil obligatoire, la fin de l'exemption générale, des sanctions pour les non-participants, et la possibilité pour 3 % d'une classe d'âge de différer son service d'un an pour étudier la Torah.
Les sources harédies estiment qu'une loi votée sous un gouvernement dirigé par Eisenkot serait très éloignée de leurs demandes. Elles jugent toutefois qu'une législation adoptée sans pression de coalition harédie pourrait bénéficier d'une légitimité publique et politique plus large, ce qui faciliterait sa défense devant la Cour suprême. Les mêmes sources démentent toute négociation secrète avec Eisenkot, qui a lui-même publiquement rejeté l'idée d'un rapprochement avec Shas.
Retour attendu aux priorités budgétaires après la loi
Une fois la loi de conscription réglée, les partis harédim envisagent de reconsidérer leur participation à un gouvernement, y compris une coalition centriste non fondée sur le bloc de Netanyahou. « Après un an, les harédim pourraient entrer dans n'importe quel gouvernement », a estimé une source, rappelant que ces partis savent se montrer des alliés de coalition fiables.
Selon les mêmes sources, les priorités traditionnelles des partis ultraorthodoxes referont alors surface : financement des yeshivot et arrangements pour les besoins de la communauté. Le coût budgétaire principal est évalué entre 1,2 et 1,4 milliard de shekels, sans dépasser environ 1,5 milliard, une somme jugée modeste au regard d'un budget de l'État de plusieurs centaines de milliards de shekels.
La question déterminante reste celle de Shas, engagé dans une bataille pour reconquérir des électeurs partis vers Itamar Ben Gvir et Otzma Yehudit, ce qui le pousse à afficher une ligne clairement à droite pendant la campagne. Les sources harédies jugent toutefois improbable que Shas rejoigne seul un gouvernement le lendemain des élections, sans le Judaïsme unifié de la Torah.
Questions fréquentes
- Pourquoi les partis harédim envisagent-ils de rester dans l'opposition ?
- Pour éviter d'être associés à une loi sur la conscription militaire qui ne satisferait pas pleinement leurs exigences, tout en pouvant la critiquer depuis l'opposition.
- Que propose Gadi Eisenkot sur le service militaire ?
- Un service militaire, national ou civil obligatoire, la fin de l'exemption générale, des sanctions pour les non-participants et un report possible pour 3 % d'une classe d'âge dédiée à l'étude de la Torah.
- Les partis harédim pourraient-ils rejoindre le gouvernement plus tard ?
- Oui, selon les sources, une fois la loi de conscription adoptée, ils n'excluent pas de rejoindre une coalition, y compris centriste, si le climat politique le permet.
Sources : The Jerusalem Post





