Israël : Eisenkot, Bennett et Lieberman se déchirent avant les élections d'octobre
À quarante jours des élections israéliennes, le président de Yashar !, Gadi Eisenkot, a attaqué jeudi ses partenaires supposés du bloc du changement, Naftali Bennett et Avigdor Lieberman, réunis la veille pour évoquer la question du futur Premier ministre. Yisrael Beytenou a répliqué en laissant entendre qu'Eisenkot pourrait gouverner avec le soutien de partis arabes, tandis que le camp d'Ofer Winter a été également visé.

Le bloc censé incarner l'alternative à Benyamin Netanyahou affiche ses fractures avant même l'ouverture officielle de la campagne. Invité jeudi matin sur Kan Hadashot puis sur la chaîne 2, Gadi Eisenkot a reproché à Naftali Bennett et Avigdor Lieberman de ne pas fixer de règles pour désigner le candidat du bloc au poste de Premier ministre. « Ils abîment nos chances de gagner », a-t-il déclaré, qualifiant leur démarche de « vieille politique de politiciens de pacotille ».
Une offensive frontale contre Bennett et Lieberman
Eisenkot a visé sans le nommer Naftali Bennett, devenu Premier ministre en 2021 avec six sièges seulement : « Celui qui compte sur la tête du gouvernement avec huit sièges n'a pas compris ce qui s'est passé en Israël. » Il a rejeté tout mécanisme de rotation à la tête de l'exécutif, qu'il avait déjà expérimenté avec Bennett et Yaïr Lapid. « Je m'oppose par principe à toute cette combine du Premier ministre alternatif », a-t-il insisté, plaidant pour un mandat plein de quatre ans permettant, selon lui, de mener des réformes internes et régionales. Il a par ailleurs répété que Netanyahou et l'ensemble du cabinet en fonction le 7 octobre 2023 sont, à ses yeux, indignes de diriger le pays.
Les répliques de Lieberman et du camp Winter
Yisrael Beytenou a répondu avec vigueur, laissant entendre qu'Eisenkot dissimulait ses véritables intentions de coalition et pourrait s'appuyer sur les partis arabes après le scrutin, une allusion au Ra'am de Mansour Abbas. Le parti de Lieberman a exigé qu'Eisenkot « dise clairement au public qui sont ses partenaires » et a rappelé son objectif : un gouvernement « sioniste », sans Netanyahou ni les partis arabes ou ultra-orthodoxes, qui voterait une loi de conscription universelle et créerait une commission d'enquête d'État dès sa première décision.
Eisenkot s'en est également pris à Ofer Winter, président d'Amkha Israël, lui reprochant des « contradictions » et sa proximité avec Lieberman, ainsi que son opposition à une commission d'enquête. Il a néanmoins défendu avoir promu Winter au grade de général de brigade lorsqu'il dirigeait Tsahal, tout en confirmant avoir bloqué sa nomination comme secrétaire militaire de Netanyahou. Le parti de Winter a rétorqué qu'un « fossé conceptuel » séparait la doctrine d'endiguement défendue par Eisenkot de celle de la victoire totale prônée par Winter, estimant que les faits, plus de mille jours après le 7 octobre, avaient tranché en faveur de ce dernier.
La tentative d'apaisement de Yaïr Golan
Face à ces échanges, le président du Parti démocrate, Yair Golan, a appelé les trois responsables à cesser leurs querelles internes. « Notre seule mission est de sauver ensemble le pays du gouvernement responsable de massacres, de fuite et de négligence », a-t-il déclaré, assurant que son propre parti recommanderait le même candidat que ses partenaires pour Matignon. Un cadre du bloc du changement a de son côté jugé la stratégie d'Eisenkot risquée, comparant sa situation à celle de Yaïr Lapid, arrivé en tête dans les sondages avant de se retrouver dans l'opposition.
À quarante jours du scrutin d'octobre, aucune règle commune de désignation du futur chef de gouvernement n'a été arrêtée entre Yashar !, Beyahad et Yisrael Beytenou. La suite de la campagne devrait dire si ces divergences se traduisent par une liste unique de candidats concurrents ou par une recomposition des alliances avant le vote.
Questions fréquentes
- Pourquoi Eisenkot critique-t-il Bennett et Lieberman ?
- Il leur reproche de ne pas fixer de règles pour désigner le futur Premier ministre du bloc et de rouvrir le débat sur un mécanisme de rotation qu'il rejette par principe.
- Que reproche Yisrael Beytenou à Eisenkot ?
- Le parti de Lieberman laisse entendre qu'Eisenkot pourrait gouverner avec le soutien du Ra'am et lui demande de préciser publiquement ses futurs partenaires.
- Qui est Ofer Winter dans cette querelle ?
- Ancien commandant militaire devenu président du parti Amkha Israël, il est critiqué par Eisenkot pour sa proximité avec Lieberman et son opposition à une commission d'enquête sur le 7 octobre.
Sources : JForum, Infos Israël News



